Pas à pas, pays par pays, le récit de nos aventures

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Puerto Montt – Bariloche, Jour 155, 3 Décembre 2012

Nous prenons notre petit-déjeuner et quittons Graciela, notre petite mamie. Nous partons pour la gare et grimpons dans notre bus direction Bariloche et l’Argentine. Nous espérons également quitter la grisaille et la pluie et nous disons qu’en changeant de pays, nous allons peut être arriver à changer de temps ! Le trajet se passe bien mais la météo n’évolue pas selon nos désirs…

Nous passons la frontière sans encombre et arrivons rapidement à Bariloche, ville de taille moyenne elle aussi située au bord d’un lac d’un bleu profond avec en toile de fond, quelques montagnes enneigées. Le soleil perce un peu entre les gouttes tandis que nous rejoignons notre auberge/chalet tenue par un jeune couple et leur bébé de 2 ans. Nous nous installons dans notre jolie chambre lambrissée, écoutons les conseils attentionnés de notre hôte, et partons faire les courses pour le dîner de ce soir. Ce soir, nous dégustons la viande argentine, qui n’a pas failli à sa réputation ! Quel régal, on avait jamais goûté une viande aussi tendre…

Nous profitons de la soirée pour nous interroger sur la suite du voyage. Nous voulons descendre au cœur de la Patagonie, peut-être repasser au Chili pour aller au Parc Torres del Paine, puis aller à Ushuaia et arriver assez tôt à Buenos Aires pour se faire une excursion de 6 jours sur les plages Uruguayennes avant de rentrer. A l’auberge, nous rencontrons un couple qui fait justement le même voyage que nous mais en sens inverse et qui reviennent donc du Sud. Selon eux, le parc Torres del Paine est bondé de touristes en cette période et les refuges dans le parc en profitent pour imposer des prix délirants. Ils ont aussi fait le parc Los Glacieres à El Chalten (Argentine) qui est apparemment plus beau et moins touristique, cela confirme ce que nous avions lu. Nous décidons finalement de passer plus de temps entre El Chalten et El Calafate pour faire un long trek. Cela nous libérera quelques jours de plus à Ushuaia et nous permettra d’arriver assez tôt à Buenos Aires pour peut-être aller aux chutes d’Iguazu à la frontière Brésilienne. Ok, nous avons les grandes lignes, il ne nous reste plus qu’à organiser tout ça demain matin !


Bariloche, Jour 156, 4 Décembre 2012

Nous nous levons tôt pour profiter du pain frais fait maison par l’aubergiste. Nous partons rapidement en ville pour explorer les différentes options bus/avions etc… Il faut savoir que le bus est extrêmement cher en Argentine, et l’avion revient parfois moins cher car ce dernier est subventionné par l’Etat! Après trois bonnes heures d’allers retours, de tergiversations et de course, nous sommes enfin parés ! Plus que quelques clics pour les dernières réservations sur internet, et ce sera bon.

Nous déjeunons dans le parc de l’église au bord du lac le pique nique préparé par Marion, et reprenons notre bus public direction le bout de la péninsule et le Cerro de Llao Llao (prononcer à l’argentine : « chao chao »), colline surplombant la région. Le bus nous arrête à la fin de la route goudronnée, nous commençons notre marche au milieu des conifères, des genêts et de superbes fleurs violettes dont on ignore le nom (si quelqu’un peut nous aider aux vues de nos photos, nous sommes preneurs !). Le sentier dans la forêt est magnifiquement ombragé, et on s’attend encore moins à la superbe vue qui nous attend dès que nous commençons l’ascension du cerro. C’est un paysage où tout est dense, rien n’est dans la demie mesure. La profondeur du bleu des lacs rivalise avec celle du vert des forêts qui les bordent rendant le blanc des montagnes d’un éclat quasi irréel. Rajoutez à cela des touches de jaunes vifs et de mauve bleuté et vous obtenez un véritable tableau. Pour rajouter un peu de charme, une fois arrivés en haut, deux buses nous ont offert un joli ballet aérien. Cette balade au grand air était vraiment charmante, et c’est le froid de la nuit tombante qui nous a fait rentrer dans notre chaude auberge autour d’un bon morceau de viande.

Demain nous reprenons la route pour 28 heures de bus jusqu’à El Chalten

Bariloche, Jour 157, 5 Décembre 2012

Nous nous octroyons une bonne grasse matinée et nous nous levons juste à temps pour profiter du bon petit déjeuner. On trainasse un peu puis allons faire deux trois courses pour le voyage avant de revenir manger à l’auberge.

Notre bus part en milieu d’après-midi, nous mangeons et skypons nos familles avant de rejoindre la route principale pour prendre notre bus qui doit nous conduire jusqu’à la gare. Arrivés à l’arrêt de bus, Marion sort de sa poche la clef de notre chambre….oups ! Pratique, sachant que l’hôtel est à 10 minutes de marche et que nous sommes déjà en retard pour prendre le bus. Hadrien, ce héros, se charge donc de ramener la clef au pas de course, retourne tout aussi vite à l’arrêt de bus, et nous parvenons à la gare à temps. La compagnie nous fait monter dans un pick up pour rejoindre le bus qui était en réparation dans un garage un peu plus loin… Nous montons finalement dans le bus, c’est parti pour 24h !


Ruta 40, Jour 158, 6 Décembre 2012

La route 40 tient vraiment toutes ses promesses. Après avoir été bercés par un coucher de soleil rouge la veille, nous nous réveillons au milieu de paysages changeants au fil des tournants : de plaines arides à de verdoyantes montagnes couvertes de lupins (ça y est on en connaît le nom, merci Didile et APP), la Patagonie recèle de paysages visiblement très variés. La route 40 n’est pas goudronnée sur tout son long, le voyage secoue un peu par endroits mais le spectacle défilant à travers les vitres du bus vaut bien un petit mal des transports !

Nous arrivons avec une petite heure de retard à El Chalten, capitale argentine du trekking nichée entre le mont Fitz Roy et deux glaciers. Nichée c’est le cas de le dire : où que l’on se tienne dans la ville, on aperçoit les cimes de la fameuse montagne aux dents acérées. Il est 22 heures et le soleil n’est toujours pas couché. On sent qu’on se rapproche du pôle sud…

Nous rejoignons notre petit hôtel, ouvert il y a à peine deux mois, et tenu par un jeune couple argentin et leur petite fille de trois ans « trop mignonne » comme dirait Marion. Nous nous couchons impatients de pouvoir enfin découvrir la Patagonie !


El Chalten, Jour 159, 7 Décembre 2012

Nous nous levons bien reposés après ce long trajet de bus et nous jetons sur le petit déjeuner pharaonique que propose l’hôtel : céréales, croissants, pains, gâteaux, jus de fruits… On se régale ! Nous partons à la découverte de la ville : petite, colorée, joyeuse, et perpétuellement balayée par le vent. Au point que ce dernier est un habitant à part entière de la ville : le lendemain quand nous avons dit au propriétaire de l’hôtel que nous étions surpris qu’il n’y ait pas de vent il nous a dit très sérieusement « il est interdit de dire son nom dans ce cas-là, sinon il revient immédiatement »… Tous ces éléments font d’El Chalten une ville insolite où l’on trouve toujours de quoi se réchauffer au coin du poêle d’un de ses restaurants-chalets.

Après cette petite balade en ville, nous réservons une excursion sur un glacier pour le lundi, passons au supermarché acheter un pique nique et partons pour l’un des nombreux treks à faire dans la région. Au menu, 6 heures de marche aller-retour jusqu’au lac Torre, au pied d’un glacier.

Enfin c’était sans compter sur le temps extrêmement changeant dans cette région. On dit que dans une même journée, les quatre saisons peuvent se succéder. Nous commençons notre trek sous le soleil, et arrivés à la seconde étape, le mirador des condors, un véritable déluge s’abat sur nous. Le ciel du côté de notre destination est très sombre. Bon, nous décidons de manger en vitesse à l’abri d’un arbre et rebroussons chemin devant les conditions climatiques : on repassera !

Nous rentrons à l’hôtel vers 15 heures et consultons la météo pour les jours à venir afin de prévoir notre programme. Vers 18 heures, un soleil radieux inonde toute la ville. On n’en croit pas nos yeux, on se demande où sont passés les nuages… Mais bon tant mieux, ce sera l’occasion de nous rendre au mirador des aigles, à 5 kilomètres de là. Nous empruntons le sentier qui part de la route principale, grimpons sur la colline et parcourons la distance qui nous sépare du mirador au milieu des lupins, des lacs et des buissons-qui-paraissent-tout-doux-mais-qui-piquent-beaucoup.

Après une heure de marche nous arrivons au mirador. Le paysage parle de lui-même : montagnes, lacs où flottent quelques morceaux de glaces bleus, grande plaine… Bref, c’est la Patagonie, nous sommes seuls devant ce spectacle et c’est superbe !


El Chalten, Jour 160, 8 Décembre 2012

La météo avait annoncé un temps plus que morose pour toute la journée…On s’était dit, parfait, ne mettons pas le réveil…Sauf qu’à 10 heures, c’est le soleil qui nous réveille ! Oups, les prévisions météos sont ici à l’image du temps : incertaines ! Nous nous levons, engloutissons notre petit déjeuner, préparons le pique-nique et fonçons à la laguna Torre. Cette fois-ci, elle ne nous résistera pas !

Nous parcourons de nouveau le sentier jusqu’au mirador, mais cette fois-ci sous le soleil, et ça change tout ! Nous nous arrêtons quelques instants pour contempler la cascade, et repartons pour atteindre le lac. Nous traversons deux forêts, une large plaine, et arrivons au pied de gros monticules caillouteux. Le lac se trouve derrière. Le temps commence à se couvrir, nous nous dépêchons d’atteindre le lac et parviendrons à profiter des ultimes rayons du soleil sur cette petite étendue d’eau aux gros glaçons bleu vif. Avec le glacier plongeant en arrière plan, c’était magnifique, quoi qu’un peu humide !

En parlant d’humidité, nous rentrerons d’ailleurs sous la pluie et irons nous réchauffer autour d’un bon plat dans un petit restaurant tout en bois.


El Chalten, Jour 161, 9 Décembre 2012

Le temps est plutôt gris en ce dimanche, et en plus à 17 heures, c’es le derby entre Saint Etienne et Lyon. Autant dire que quoi qu’on fasse, pour Hadrien, il fallait être rentré à l’heure. Même à l’autre bout du monde, on ne transige pas sur l’asse !

Nous partons donc vers 11 heures en direction du Chorillo del Salto, cascade d’une trentaine de mètres de haut à 3 km de la ville. La route caillouteuse longe la rivière, et malgré les fortes rafales de vent nous parvenons sans encombre devant cette majestueuse et puissante chute d’eau. Marion se la joue casse-cou et saute de pierre en pierre pour rejoindre un gros caillou au pied de la cascade.

Nous rentrons, déjeunons dans une boulangerie ouverte le dimanche, et rentrons à l’hôtel. Bon, pour des raisons évidentes nous ne rappellerons pas le score du match, sachez que malgré tout, nous avons passé une soirée sympa autour d’un plat de lasagnes.


El Chalten, Jour 162, 10 Décembre 2012

Nous nous levons motivés à l’idée de l’expérience unique qui nous attend aujourd’hui : un trek sur le plus grand glacier existant en Patagonie ! Marcher sur la glace, nous n’avions encore jamais fait durant notre périple. Nous prenons notre solide petit déjeuner avant de parcourir les 200 mètres qui nous séparent de l’agence de trek. Nous sommes tout de suite impressionnés par le nombre de guides qui nous accompagnerons : pas moins de cinq pour un groupe d’une petite douzaine de personnes. La marche sur glacier, c’est du sérieux !

Nous grimpons dans le bus qui nous conduit jusqu’à l’embarcadère du lac en contre bas de la ville. Le lac est calme et le ciel bleu, le vent ne se fait pas encore trop présent, ce qui nous permet de monter sur le toit du navire afin de réaliser quelques clichés du lac. Après 40 minutes de navigation, nous laissons les paysages arides des bords de lacs et commençons à apercevoir l’immense glacier et certains de ses morceaux, non moins immenses, flotter à quelques encablures. Notre embarcation fait un premier tour pour nous laisser le loisir d’admirer ces immensités bleues flottantes… Le spectacle est émouvant et très inhabituel, on se sent vraiment au bout du monde à cet instant précis.

Le bateau s’approche d’une excroissance rocheuse où nous débarquerons. Après cinq minutes de marche, nous arrivons au bord du glacier. Nos guides nous aident à installer nos crampons sous nos chaussures, et c’est parti ! Les premiers pas sur la glace sont assez hésitants, c’est un coup de main à prendre. Il faut bien taper des pieds, garder le dos droit et les jambes fléchies. Nous commençons donc notre balade et atteignons rapidement un super point de vue sur le lac. Vraiment magnifique et inattendu.

Nous nous enfonçons dans le cœur du glacier pour admirer les congères, les crevasses et autre grottes formées par la glace. Le sol bleu rend le moment encore plus spécial. Les formations sont impressionnantes, la surface du glacier est très meurtrie et en perpétuelle recomposition. Un bloc de glace s’effondra justement à une centaine de mètres de nous dans un fracas assourdissant. Impressionnant ! Certains s’adonnent non loin de là à l’escalade d’une paroi de glace, pour notre part, nous n’avons pas osé !

Nous continuons jusqu’à arriver sur les hauteurs de ce glacier de 30 kilomètres de long. Le glacier Viedma a la particularité de s’être formé autour d’une montagne dont il charrie les pierres et la terre jusqu’au lac, d’où la présence d’une fine couche de terre sur la glace à certains endroits. Nous restons sur le point de vue un bon moment, admirant le glacier autour d’un bon verre de Bailey gentiment proposé par nos guides. Nous pouvons même dire que nous avons bu un peu de glacier Viedma : le Bailey chaud, ce n’est pas très bon, et des glaçons, nous en avions à disposition…

Nous redescendons prudemment jusqu’à l’embarcadère et déjeunons sous quelques gouttes annonciatrices d’une fin d’après-midi des plus moroses niveau temps… Enfin pas de problèmes pour nous qui avons pu profiter de cette merveille naturelle un long et délicieux moment. Nous rentrons à bon port avec des images d’étendues blanches et bleues plein la tête. Unique !


El Chalten, Jour 163, 11 Décembre 2012

C’est notre dernier jour à El Chalten, mais pas le plus reposant, car aujourd’hui une marche de 25 kilomètres nous attend jusqu’au Lago de Los Tres, au pied du mythique Fitz Roy. Comme d’habitude, le temps est très couvert le matin. Nous patientons donc jusqu’à midi pour voir apparaitre les premières éclaircies au milieu des nuages et nous mettons en route.

Le sentier offre d’abord une vue plongeante sur toute la vallée et le parc de Los Glaciares, immense étendue plate entrecoupée de cours d’eau et de lac. Très Patagonien ! Il s’enfonce ensuite dans la forêt, ce qui nous offrit une rencontre sympathique avec un pic-vert rouge en plein repas, avant d’arriver sur un point de vue d’où, avec un peu de chance, l’on peut admirer le Fitz Roy. Nous déjeunons donc devant un Fitz Roy à moitié couvert dans un froid de canard avant de poursuivre au travers des plaines rocheuses, des lisières de forêt et des cours d’eau avant d’arriver au campement Poicenot, camp de base pour l’ascension du Fitz Roy et passage obligé avant d’accéder au Lago de los Tres.

La montée qui se profile au loin nous fait froid dans les jambes, d’autant plus que les conditions climatiques ne sont pas vraiment tendres…Mais les quelques randonneurs que nous croisons nous disent que le spectacle là haut en vaut vraiment la peine, nous repartons donc motivés pour une grosse heure de montée. Hadrien prend les devants, Marion peste derrière contre la pluie et la neige, et finalement, après plus d’une heure de montée escarpée, nous arrivons au Lago de los Tres. Quand on fait une randonnée avec pour but un lieu particulier, le moment qui précède l’arrivée est toujours palpitant. Et dans cette randonnée, l’effet est augmenté par la disposition du site : le lac est situé à l’intérieur d’un grand cratère que l’on arpente pendant une heure sans en voir la fin. Autant vous dire que quand on arrive à un mètre du bord du cratère, que l’on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre malgré ce que l’on a imaginé, l’émotion est grande. A la hauteur du spectacle qui s’est dévoilé devant nos yeux : l’immense lac entièrement gelé au pied du Fitz Roy. L’ambiance est mystique, les montagnes se distinguent à peine entre la brume, les nuages et la grêle qui tombe maintenant avec force ; comme un voile de pudeur sur ces géants de pierre qui ne sauraient être vu à nu. On se dit que c’est sûrement plus beau comme cela. D’autant plus qu’à cinq minutes de marche, au bord du lac, nous avons pu admirer une vertigineuse cascade, recouverte en partie de neige, chuter dans la vallée. Tout est sauvage et extrême ici, surtout les conditions qui nous font écourter notre séjour au pied du Fitz Roy.

Nous redescendons sous la pluie et le vent, les conditions s’adoucissent peu à peu au fur et à mesure que l’altitude baisse. Nous prenons une petite pause salvatrice pour nos jambes, et repartons pour les dix kilomètres du retour. Nous arrivons à El Chalten avec les jambes assez lourdes, mais il nous reste assez de force pour retourner dans l’excellent restaurant du premier soir pour une bonne pièce de bœuf argentin et ainsi boucler la boucle !


El Calafate, Jour 164, 12 Décembre 2012

Nous partons d’El Chalten par le bus de 8 heures direction El Calafate et son fameux glacier Perito Moreno. Le bus est plein comme un œuf et le trajet pas des plus confortables mais toujours aussi fascinant de par les paysages offerts par la route 40. Après un arrêt à l’aéroport d’El Calafate que nous retrouverons le lendemain même, nous arrivons dans la ville principale de la Patagonie Argentine. Sans charme spécial, elle présente l’avantage d’être située à seulement 80 kilomètres du Perito Moreno.

Nous posons nos sacs dans l’auberge de jeunesse et retournons à la gare pour sauter dans notre bus direction le glacier. Une heure et demie plus tard, nous arrivons à l’entrée du parc puis au glacier. L’observation de ce dernier est rendue possible par des kilomètres de passerelles installées sur l’autre rive du lac. Bien qu’il s’agisse là d’une activité plutôt sédentaire, l’observation de ce mastodonte de glace n’en reste pas moins riche en frissons. Croyez-nous, votre cœur se soulève au rythme des bruits puissants et sourds causés par la cassure d’énormes blocs de glace et leur chute dans les eaux bleues et gelées du lac. Un panneau indique même qu’il est interdit de s’approcher du glacier outre les passerelles, les éclats de glace projetés par le glacier ayant fait 32 victimes entre 1968 et 1988…

Toujours est-il qu’au soleil, de différents points de vue, nous ne sommes pas lassés du spectacle pendant près de trois heures, essayant de parier sur quelles bouts de glaces allaient tomber par la suite. Marion sera d’ailleurs très déçue que son bloc favori pour une chute fracassante ne tombe finalement pas… On reviendra pour voir s’il a fini par chuter !

Nous rentrons en début de soirée, préparons nos désormais classiques pates à la sauce tomate et filons nous coucher. Demain, direction Ushuaia !


El Calafate – Ushuaia, Jour 165, 13 Décembre 2012

Journée de voyage aujourd’hui qui doit nous amener d’El Calafate à Ushuaia en terre de feu. Notre transfert pour l’aéroport est prévu à 13 heures, nous prenons donc le temps de prendre un bon petit déjeuner, de skyper nos familles et de se préparer tranquillement. Notre compagnie aérienne nous envoie un mail à 11 heures précisant que le vol aurait deux heures de retard… Bon, il s’agit d’une compagnie low cost argentine, nous ne formalisons pas plus que ça.

Le transfert arrive à l’heure et nous conduit à l’aéroport, ou au fil des minutes nous voyons notre vol être toujours un peu plus repoussé… Finalement, après avoir du réenregistrer un sac pour cause d’oubli de couteau suisse, et avec 4 heures de retard, nous montons dans l’avion très années 80 de la compagnie LADE Airlines. Le vol se passe bien et nous offre une merveilleuse vue sur la Patagonie argentine et ses lacs bleus azurs.

Nous atterrissons dans l’aéroport ultra moderne d’Ushuaia, partageons un taxi avec deux italiens et nous rendons dans notre auberge de jeunesse tenue par un couple argentin super sympa. Il es déjà 22 heures, nous passons faire quelques courses au supermarché, mangeons et filons nous coucher !


Ushuaia, Jour 166, 14 Décembre 2012

Nous sommes ravis de voir que le « dulce de leche », équivalent du Nutella argentin, ne manque pas au petit déjeuner de l’hôtel. On se régale ! Nous partons à la découverte d’Ushuaia, ville du bout du monde, dernière étape australe avant l’antarctique. Le port s’est développé de manière un peu anarchique, et l’architecture n’a rien de très engageant, mais seulement à se balader sur le port le regard planté à l’horizon, on peut sentir une ambiance particulière. Le bout du monde magnifie une ville que l’on trouverait sinon bien banale.

Nous passons par l’office du tourisme pour organiser les trois jours que nous passerons ici, puis trouvons un petit bistrot à l’ambiance poussiéreuse des rades de marins d’un autre temps pour déjeuner. Après un petit tour dans la ville et une flânerie sur le port, nous repassons diner à l’hôtel avant de nous rendre à la maison de la culture où l’alliance française organise un festival du cinéma de notre beau pays. Après cinq mois et demi sans cinéma, on a trouvé plutôt marrant le principe de voir un film français à l’autre bout du monde. Nous avons donc vu la fille de Monaco, avec Lucchini et Louise Bourgoin, bon film soit dit en passant.

Nous rentrons nous coucher car demain nous partons pour visiter le parc naturel de la terre de feu en vélo, la journée s’annonce donc physique.


Ushuaia, Jour 167, 15 Décembre 2012

Direction le parc national donc sous un temps plutôt clément pour la Patagonie. Nous enfourchons nos vélos (moyen le plus économique pour s’y rendre) pour parcourir les 12 kilomètres qui séparent la ville du parc. La route est en bonne état mais ça grimpe sec, surtout sur de la terre ! On arrive donc à l’entrée du parc avec les jambes un peu coupées, laissons les vélos à l’entrée, et marchons en direction du sentier côtier qui longe le lac.

La partie visitable du parc s’étend autour d’un vaste lac avec de nombreuses petites plages de galets bordées de denses étendues d’herbes à la lisière de forêts denses. Un vrai paysage de bout du monde ! Le sentier est peu fréquenté et les nombreuses plages en bord de lac sont une invitation à la détente et au farniente. Nous parcourons donc les trois quarts du sentier à un rythme plus que lent, on profite vraiment des rayons du soleil et des magnifiques paysages. Hadrien en profitera d’ailleurs pour parfaire sa technique aux ricochets, les galets de la terre de feu s’y prêtaient tout particulièrement, n’hésitons pas à le dire.< /p>

Nous reprenons nos vélos en fin d’après-midi, la descente est moins dure que la montée mais cette fois-ci les conditions météos se rapprochent du Cap Horn ! Nous rejoignons notre hôtel, nous préparons un bon risotto maison et discutons avec quelques voyageurs avant de filer nous endormir devant un petit film. Demain, croisière d’une journée sur le canal de Beagle à la rencontre des pingouins !


Ushuaia, Jour 168, 16 Décembre 2012

Nous nous levons tôt pour filer à l’embarcadère et embarquer à bord de notre bateau pour une journée sur le canal de Beagle où se mêlent l’océan Atlantique et le Pacifique. Le soleil est au rendez-vous ce matin malgré un thermomètre qui flirte avec les températures négatives… On a froid mais on est au soleil !

Nous faisons la connaissance d’une américaine de l’Ohio avec qui nous passerons la journée. Le bateau démarre, et s’enfonce rapidement dans le canal en direction du Cap Horn. La perspective est assez incroyable, et avec le temps clair, ce bras d’eau engoncé entre les rives chiliennes et argentines prend vraiment des allures de couloir vers le bout du monde. A l’instar de nos aïeuls, on a l’impression qu’au bout du canal, une grande chute d’eau marquant le bout du monde nous attend !

Nous arrivons assez rapidement près de l’île aux lions de mer où ces joyeuses bêtes de 500 kilos éructent en toute tranquillité au soleil en compagnie de quelques otaries. La croisière se poursuit jusqu’au phare des explorateurs, l’un des plus australs du monde (le dernier avant le Cap Horn) ; il n’en reste pas moins impressionnant de par sa stature, ses couleurs et surtout sa localisation sortie tout droit d’un conte de marins !

Après deux bonnes heures de navigation supplémentaires, nous arrivons enfin aux abords de l’île aux pingouins ! Notre bateau accoste sur la plage, et nos amis mi-oiseaux mi-poissons accourent. On retiendra qu’un pingouin c’est vraiment trop mignon, que ça ne sait vraiment pas marcher (ils se balancent de gauche à droite, les ailes bien écartées du corps), mais que ce sont de redoutables nageurs. Ils sont vraiment curieux, ils s’approchent de la coque du bateau en groupe et restent là à nous regarder… On dirait un groupe de petits vieux qui discutent. C’est trop marrant !

Malheureusement le soleil nous quitte pour laisser sa place au vent et aux grosses gouttes. Nous passerons donc le retour à l’intérieur du bateau à contempler le déchainement de mer nature sur le canal de Beagle. Nous imaginons bien les premiers explorateurs franchir le canal déchaîné et voir apparaître sur les rives les feux de camps des indiens Yamana, les premiers habitants d’Ushuaia, qu’ils ont donc nommée Terre de Feu. Nous rentrons en fin d’après-midi à l’hôtel, dinons en compagnie d’une française qui venait d’arriver à l’auberge et allons nous coucher avant de nous envoler demain pour Buenos Aires.


Ushuaia – Buenos Aires, Jour 169, 17 Décembre 2012

Nous sommes près à lever les voiles à 10 heures pour nous rendre sur le mirador du glacier Martial, quand nous constatons que le temps est aussi clair que de l’eau trouble. Bon, aller voir un nuage, c’est pas forcément très passionnant, nous bouquinons donc à l’auberge jusqu’à 13 heures, heure à laquelle nous devons rejoindre l’aéroport.

Nous grimpons dans le taxi, et arrivons à l’embranchement qui mène a l’aéroport…. Quand nous tombons sur une manifestation qui bloque l’accès à la route. Ca faisait longtemps ! L’aéroport est à deux kilomètres de là, nous commençons à pied avec nos sacs quand un pick up de l’aéroport s’arrête à notre niveau et nous propose gentiment de nous conduire à bon port. Le temps s’est éclairci et un large soleil nous nargue derrière nos vitres d’aéroport… Mais pas de regrets, nous avons eu deux belles journées de soleil et garderons un souvenir fort de ces moments insolites au bout du monde.

Le décollage de l’avion nous donnera un superbe panorama sur toute la baie d’Ushuaia baignée par le soleil. Inoubliable ! Etre au dessus des nuages pour le coucher de soleil qui s’en est suivi était tout aussi magique. Ce dernier nous a fait ses adieux sous une mer de nuage parfaitement lisse rougie pas le crépuscule. Décidemment où que l’on se trouve dans ce monde, le soleil est le plus beau des spectacles…

Le vol de 3 heures se passe bien, nous arrivons à Buenos Aires, qui, des vitres du taxi qui nous conduit à l’auberge, ressemble pour le moment étrangement à Paris.


Buenos Aires, Jour 170, 18 Décembre 2012

Nous commençons par changer d’auberge en cette matinée, la notre n’ayant plus de place pour les jours suivants. On n’est pas mécontents, la chambre était extrêmement bruyante, nous n’avons quasiment pas fermé l’œil de la nuit. Nous marchons 20 minutes jusqu’à notre prochain lieu de villégiature, tout aussi mignon mais beaucoup plus typique que le premier ! Il est situé dans le quartier San Telmo, le barrio le plus chargé en histoire de Buenos Aires. Nous parcourons ses ruelles pavées et ses anciennes façades coloniales colorées qui rappellent l’ambiance d’autrefois.

Nous partons à la découverte de la ville et commençons par le quartier le plus central, Microcentro, avec ses rues piétonnes, commerçantes et ses grandes places. Buenos Aires est une capitale qui a du charme et surtout des restaurants à Sushi ! Marion ne se fait pas prier pour aller déjeuner à la fraiche dans l’un d’eux. Nous remontons tranquillement les berges du port, joliment aménagées dans un style moderne puis finissons l’après-midi dans le quartier de San Telmo : antiquaires, rues charmantes, places pavées, nous sommes bien dans le cœur artistique et culturel de Buenos Aires, là où a été inventé le sacrosaint tango.

Après un rapide détour par l’hôtel, nous retournons dans San Telmo diner au clair de lune et au rythme des danseurs de tango sur une petite place ombragée. Quelle dextérité, quelle précision dans les mouvements, et surtout, quelle intensité ! Des cours gratuits sont dispensés un peu partout en ville, on se laisserait presque tenter s’il n’y avait déjà pas tant de choses à voir dans cette ville dont nous ressentons déjà une exaltation contagieuse !