Pas à pas, pays par pays, le récit de nos aventures

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Bolivie, Jour 129, 7 Novembre 2012

Nous arrivons à Puno au petit matin, le soleil se lève doucement sur la partie péruvienne du lac Titicaca. La ville s’éveille à peine, alors que nous descendons de notre bus. Ce dernier fait un arrêt de deux heures dans la petite gare de Puno, nous en profitons pour petit-déjeuner puis nous asseyons sur le parking de la gare en attendant de repartir. Le spectacle est amusant ; des vélos disposant d’une plateforme devant le guidon déposent des grand-mères péruviennes chargées de leurs sacs multicolores. On sent que les courageux conducteurs ont du mal à pédaler sous le poids, mais les grand-mères ne se laissent pas faire « allez plus vite », et négocient fermement le prix à l’arrivée. On sent que l’autorité de l’âge et du sexe pèsent lourd dans les négociations ! Ce n’est pas la première fois que nous remarquons l’autorité de ces femmes. Habillées en tenue traditionnelle, avec leurs gros jupons, leurs chapeaux melons et la tête haute, on les entend souvent rabrouer leurs maris sur le seuil de leur maison ! Mais il est déjà l’heure de repartir. Nous reprenons le bus à 7 heures direction Copacabana. Nous passons la frontière sans difficultés, admirons le lac tout au long de la route qui nous conduit à destination.

Nous arrivons donc vers 11 heures à Copacabana, tout petit village lové dans une jolie baie formée par deux exubérances rocheuses sur une avancée de terre dans le lac. Le charme de la ville opère déjà : le soleil inonde les maisons de briques colorées qui s’enchevêtrent anarchiquement. On fait le tour du village simplement en tournant la tête. Le bus nous dépose dans l’artère principale, et nous nous rendons à pied dans notre hôtel super-luxe-super-bon-plan. Sur le flanc du plus joli promontoire, se dresse en effet « La Cupula », magnifique hôtel en pierre blanche composée de plusieurs bâtisses surmontées de coupoles. Nous l’avions repéré sur internet, toutes les chambres sont chères, sauf la notre avec vue sur le lac pour 15 euros la nuit ! Nous nous installons dans notre petit nid douillet, prenons une bonne douche, et allons manger au restaurant de l’hôtel, au soleil, avec une vue magnifique sur le lac.

Après l’enchainement levés à 2 heures, 3 heures de marche, levés à 4 heures, 14 heures de bus, nous ne donnons plus vraiment l’heure. Les hamacs devant l’hôtel, parfaitement exposés au soleil et au lac, conviendront parfaitement pour une après-midi repos et lecture. A peine seront nous dérangés par une escouade de moutons qui vient quotidiennement tondre la pelouse du jardin.

En fin d’après-midi, nous partons nous balader dans la ville et trouvons un petit restaurant dans la rue principale où nous nous offrons le plaisir d’une bonne bouteille de vin bolivien avant de rejoindre notre lit pour une bonne nuit de sommeil récupérateur.


Bolivie, Jour 130, 8 Novembre 2012

Presque totalement reposés, nous nous levons à 8 heures et profitons d’un succulent petit déjeuner avec toujours une superbe vue sur le lac. Nous partons à la découverte de Copacabana, de ses petites rues grouillant de marchands aux étalages multicolores, de sa magnifique cathédrale (car notre dame de Copacabana est la vierge protectrice de toute la Bolivie et un haut lieu de pélerinage) et de son étrange rituel de bénédiction des voitures. Chaque jour entre dix heures et midi, toutes sortes de voitures se succèdent devant la cathédrale, décorées comme des sapins de Noël, attendant la bénédiction du prêtre à grands renforts de jets de fleurs, de riz, et de champagne. Un spectacle pour les yeux !

Nous continuons notre balade dans les rues de Copacabana, parcourons une bonne partie de la ville et nous rendons sur le port où nous profitons de la fin de matinée sur un ponton, au soleil. Nous passons ensuite vers la « marina » (enfin les deux petites huttes qui vendent des billets pour l’île du soleil) et achetons nos sésames pour l’île de l’astre solaire pour le lendemain. Ici, tout le transport maritime est géré par deux communautés locales des habitants de l’île. Nous déjeunons ensuite sur le port une époustouflante truite du lac Titicaca (on fera mieux, wait and see ;) ).

Sur les coups des 17 heures, nous décidons de grimper en haut du « Calvario », le chemin de croix qui mène jusqu’en haut de la colline de l’hôtel. La pente est assez raide, l’ascension prend une bonne demi-heure, mais quel spectacle une fois arrivés en haut ! Nous sentons immédiatement la puissance et la magnificence du plus grand lac du monde, sublimé qu’il est par le mordoré du soleil couchant sur ses eaux immenses. Les derniers rayons du soleil fracassent le ciel et les quelques rares nuages d’un rouge si intense qu’il en parait presque moins réaliste. Après délibérations du jury Pidoux/Colmant, ce coucher de soleil sera classé numéro 3, après le Rinjani et Sieam Reap (les temples d’Angkor).

Il fait quasiment nuit et nous n’avons pas pris notre lampe de poche, nous nous dépêchons de redescendre aux dernières lueurs du jour. Nous dinons dans un petit restaurant un excellent plat de lasagne et filons nous coucher avant de le départ pour l’île du soleil demain 8h30.


Bolivie, Jour 131, 9 Novembre 2012

Nous finissons nos sacs et sommes parés sur le port à 7h30. Juste le temps d’avaler un petit déjeuner et nous embarquons à l’avant du bateau qui doit nous conduire jusqu’à l’île du soleil. Le lac est une véritable mer d’huile, il n’y a pas un bruit, et même si le soleil tape un peu, le fond de l’air est frais. Autant dire que les conditions sont parfaites. Nous nous enfonçons dans le lac, passons au milieu de quelques rochers et découvrons au loin, de l’autre côté du lac, d’énormes montagnes enneigées à flanc de lac. Quel contraste entre ces géants de pierres ciselés et meurtris par le temps et cette étendue d’eau plate et paraissant presque juvénile. En même temps, n’oublions pas que le lac Titicaca se situe à 3800 mètres d’altitude…

Nous passons le sud de l’île et nous dirigeons vers le Nord, point duquel nous comptons marcher pour rejoindre le sud et y dormir. Nous arrivons en temps et en heure à Cachapampa, minuscule village au Nord de l’île. Nous débarquons, fuyons un groupe de 6 français vociférant qu’ils voulaient en fait être déposés au sud de l’île et non au nord (être touristes et français ne dispensent pas de lire ce qu’il y a écrit sur son billet), achetons deux sandwichs et partons pour la traversée de l’ïle. Le relief est assez clément et les paysages sont à tomber. Entre petits villages baignés au soleil, autochtones charmant et lac à perte de vue, on en prend plein les yeux. Et quel bonheur de retrouver le soleil après plusieurs jours plutôt moroses à Cusco. Nous arrivons de l’autre côté de l’île, achetons deux bananes et une bouteille de coca à une petite dame sur le chemin, et admirons la baie pendant une heure.

Nous finissons le chemin et arrivons à Yumani, le village du sud, à peine plus développé (l’électricité y est présente depuis 8 ans, classé donc numéro 2 des endroits les plus paumés au monde dans le classement Pidoux/Colmant après Gili Meno en Indonésie). Nous nous baladons dans le village à la recherche d’un hébergement, et tombons, sur les hauteurs, sur une gentille dame qui nous propose de visiter les quelques chambres qu’elle loue. Ici tout est tenu par des familles qui ont transformé une petite partie de leur maison en chambre d’hôte. La vue sur le lac et les montagnes est à couper le souffle, il y a de l’eau chaude, le tout pour 12 euros petit déjeuner compris…. On fonce ! Nous nous installons dans la chambre, nous octroyons une sieste de 30 minutes et repartons sur les hauteurs de l’île avec comme objectif de passer l’après-midi au soleil, les yeux plantés dans le bleu du lac.

Lionel, le gérant suisse de notre auberge à Cusco nous avait indiqué une petite adresse perdue dans les eucalyptus, « Las Velas », les chandelles en français. L’endroit porte bien son nom, pas d’électricité, perdu au milieu des arbres, une cabane en pierre et en chaux se distingue à peine du paysage. Quelques tables, des rondins de bois et une planche en guise de terrasse et absolument personne à part deux ânes. Et ce paysage. A ce niveau de beauté les mots nous manquent, il n’est que 15h30, et on ne veut pas voir les minutes s’écouler. Une limonade maison à la main, et on contemple le temps passer sur ce tableau qui mériterait que les heures suspendent leur vol. Nous n’en revenons pas d’être seuls à détenir le secret de ce lieu. Nous profitons de l’instant pour faire connaissance des deux ânes qui partagent ce moment avec nous. C’est marrant un âne, ça ne dit pas grand-chose, ça incarne parfaitement la mélancolie mais c’est quand même social : à peine nous nous écartions d’eux qu’ils reviennent vers nous réclamer des caresses. La courbe du soleil se fait de plus en plus plongeante, nous sommes rejoins par quelques promeneurs venus assistés à ce fabuleux spectacle. Ca y est, le soleil disparait peu à peu derrière l’horizon, nous laissant orphelin de sa lumière et de sa chaleur presque maternelle. Ce manque sera vite comblé par l’atmosphère encore plus chaleureuse qu’un soleil, dispensée par Pablo et Lidia, le couple d’aubergistes boliviens officiant à Las Velas. Le lieu est d’un romantisme difficilement égalable, trois tables, cinq chandelles, un menu réduit, raturé, et en un seul exemplaire pour tout le restaurant. Et surtout cette simplicité dans l’accueil qui fait qu’on peut se sentir chez soi à l’autre bout du monde. Extraordinaire. Et que dire de la nourriture, la truite au vin blanc en papillote préparée au feu de bois… Des hommes sont morts pour moins que ça ! Mais toujours ce satané temps qui passe, cette clepsydre symbolisée par la cire de la bougie qui se consume alors que l’on voudrait la retenir…

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, c’est même ce à quoi nous les reconnaissons.

Nous rentrons à la lueur de notre lampe torche jusqu’à l’hôtel, un autre spectacle nous attend dans quelques heures…


Bolivie, Jour 132, 10 Novembre 2012

En bonne aficionada des spectacles naturels, Marion a mis le réveil à 5h30. Le réveil interne de Marion sonne bien plus tôt, dès les premiers rayons orange du soleil sur les montagnes blanches. Hadrien sort un œil de sous la couette, se dit que ça doit être un rêve, se rendort. Marion ne peut pas fermer l’œil et profite de chaque seconde de ce lever de soleil si spécial. Nous ne pensions pas qu’un orange aussi vif existait à l’état naturel. Décidemment le soleil de cette île aura surpassé ce qu’on pensait avoir déjà vu de plus beau en terme de lever de soleil…

Nous nous rendormons quelques minutes, mais il faut déjà se lever, déjeuner et partir en direction du port pour prendre le bateau nous ramenant à Copacabana. Un vrai coup de cœur, cette île du soleil.

Nous passerons cette fois-ci le retour sur le toit du bateau en compagnie d’une institutrice française de 34 ans (allez, on ne vous dira pas comment une institutrice peut être en vacances en novembre pour 6 mois, le tout payé par vos impôts, mais ça nous a fait sourire…). Le bateau vogue toujours très lentement sur le lac plat, nous nous éloignons petit à petit de l’île et arrivons à Copacabana à midi. Juste le temps de récupérer nos sacs, nous sautons dans notre bus direction La Paz pour 4 heures de trajet entrecoupées par la traversée d’un bras du lac. Le bus sur un bac en bois peut rassurant, les passagers dans un petit bateau. On a eu un peu peur que nos sacs se retrouvent au fond du lac, mais c’est passé !

L’arrivée sur La Paz est impressionnante, un million de maisons de brique recouvre dans une anarchie totale une immense cuvette. Elle est bien loin la tranquillité de Copacabana. On retrouve les fils électriques cachant le ciel, la circulation anarchique… Bref c’est l’Inde en 5 fois plus organisé, et ça reste un beau bazar ! Le bus nous dépose en centre ville, nous partons à la recherche d’un hôtel avec wifi pour satisfaire nos obligations académiques de choix de cours (et oui, ça sent déjà le retour !). Nous nous installons et allons nous balader dans le quartier derrière la cathédrale. Mais il est déjà tard, nous trouvons un bon restaurant, et allons nous coucher après une journée encore bien remplie.


Bolivie, Jour 133, 11 Novembre 2012

Après une nuit agitée (beaucoup de bruit dans l’hôtel), nous prenons notre petit déjeuner et filons à la gare acheter nos billets pour Sucre le soir même. Nous n’irons pas voir la jungle, trop loin, trop cher, et trop peu de temps. Cela sera l’occasion d’un autre voyage qui nous fait déjà envie, le Brésil. De retour de la gare, c’est parti pour la corvée des choix de cours (et ce n’est que la phase 1)… Après deux heures de lutte, nous arrivons à peu près à nous débrouiller pour que tout soit prêt pour les inscriptions. Cool !

Nous partons déjeuner. Nous devons avouer notre faiblesse, Hadrien ayant craqué pour un steak sauce roquefort… La nourriture française nous manque ! Nous finissons nos assiettes et nous dirigeons sur la place principale très animée le dimanche. Nous décidons de grimper sur le mirador principal de la ville pour constater le développement incontrôlé de l’urbanisme ici. Après deux trois demandes de chemin, nous trouvons finalement le long escalier qui serpente parmi les quartiers populaires de La Paz. Marion n’est pas très rassurée, mais très vite nous nous sentons bien, les habitants un peu surpris de nous voir ici discutent avec nous sur le pas de leur porte, des vieux monsieurs nous sourient découvrant leurs plus belles dents en or (ici, à partir de 30 ans tout le monde arbore fièrement de belles couronnes dorées, parfois en forme de cœur pour les femmes !). Nous arrivons finalement tout en haut de cet escalier géant qui, contrairement à ce que nous croyons, n’est pas le sentier menant au mirador mais juste le chemin desservant les maisons. On comprend mieux l’étonnement des habitants de nous voir par ici. Arrivés en haut, nous passons derrière les plus hautes maisons, et en longeant un petit sentier, nous arrivons sur une petite butte de terre surplombant tout La Paz ! Encore une fois nous nous sentons privilégiés d’avoir trouvé ce lieu normalement réservé aux initiés. La vue est incroyable. On prend pleinement la mesure de l’anarchie de cette ville, dont les collines qui forment une cuvette sont recouvertes sur chaque millimètre de maisons de brique qui s’enchevêtrent. Hadrien jouit même d’une vue exceptionnelle sur le match de foot improvisé se déroulant plus bas. On est pas sûrs qu’ils l’aient entendu, mais les joueurs ont reçu un sacré coaching « pas mal, allez passe ! », « mais y’a faute, que fait l’arbitre… », Pour sa défense il n’a pas pu assister à la victoire de l’ASSE sur Troyes, il se rattrape comme il peut !

Nous redescendons sur la place principale. La présence du soleil est si agréable que nous asseyons deux heures sur un banc à observer la vie des Boliviens un dimanche après-midi. C’est amusant de voir comme ils se rassemblent ici, alors que chez nous nous serions plutôt chacun dans nos familles. Il doit bien y avoir 300 personnes sur cette petite place. Les enfants courent dans tous les sens derrière des pigeons, les gens rient, il y a beaucoup de couples. Des marchandes ambulantes vendent à tour de bras des verres de gélatine recouverts de chantilly que l’on retrouve dans toutes les mains de 7 à 77 ans.

Les heures passent et il est déjà l’heure de se rendre à la gare pour prendre notre bus de nuit direction Sucre. Ah en fait, on a compté, nous en sommes déjà à plus de 150 heures de bus durant le voyage !


Bolivie, Jour 134, 12 Novembre 2012

La nuit dans le bus a été plutôt confortable, puisque nous étions en classe « cama » ce qui signifie lit, et que par conséquent les sièges se rabattent à l’horizontal ! Vous dormez quasiment comme à l’hôtel, sauf quand Marion vous réveille à deux heures du matin parce que le bus est arrêté devant une sorte de magasin/bar de bord de route, et que c’est sur on va se faire braquer ou qu’on va voler nos bagages ou pire qu’on va nous violer pendant notre sommeil…Ou bien juste que notre chauffeur peut se prendre 40 minutes de pause et un café sur 10 heures de route…  Bref nous arrivons sans encombre à Sucre à 6h30 du matin.

Nous rejoignons notre auberge de jeunesse située non loin du centre de cette jolie vile coloniale. Nous arrivons tôt, mais le propriétaire (qui nous accueille en pyjama) est au petit soin. Il nous fait patienter dans le salon familial, nous offre le petit déjeuner (qui n’était pas inclus) et nous permet même de nous reposer dans une chambre avant que la notre ne soit prête ! Vraiment adorable. L’endroit est charmant, les murs blancs et les planchers patinés par la vie (ou les vies) qu’a connu cette maison. Notre chambre est spacieuse et nous disposons de tout le confort. Nous savions que Sucre était la ville parfaite pour le farniente, ça commence bien !

Nous sortons déjeuner en début d’après midi, battons le record du repas le moins cher par personne (1,6 € le menu) et partons faire un tour dans les rues tirées au cordeau de Sucre. Les bâtisses coloniales rivalisent de charme, les bons petits restaurants se succèdent et les quelques rayons de soleils font ressortir le blanc général de la ville. Nous repassons à l’auberge prendre une douche et nous relaxer un peu avant d’aller diner tout prêt de la place principale.

Niveau gastronomie, on se fait vraiment plaisir. Les bolivien adorent les viandes rouges, le vin, et le fromage. Ca nous rappelle la maison et nous profitons de cette ville connue pour sa gastronomie pour y goûter les saveurs qui nous rappellent la maison sans culpabiliser !


Bolivie, Jour 135, 13 Novembre 2012

Après une merveilleuse nuit au calme, nous nous octroyons une petite grasse mat’ et sortons de l’auberge sur les coups de midi, l’estomac un peu dans les talons. Des raviolis quatre fromages et un steak de bœuf au vin rouge, le tout dégusté dans un cadre romantique, nous rassasierons pour l’après-midi.

Sucre étant une ville historiquement importante, beaucoup de musées et d’histoires se côtoient dans la ville. Nous décidons de visiter la Casa del Libertador, la maison du libérateur, située sur la place principale et qui retrace les principales dates de l’émancipation de l’Amérique du Sud, l’histoire de ses héros ainsi que quelques pièces d’exception, comme la déclaration d’indépendance manuscrite de la Bolivie ! C’est aussi l’occasion pour nous d’en apprendre plus sur l’histoire du pays puisque la visite est guidée, et en français s’il vous plait ! Les explications de notre guide nous éclairent sur certains de nos ressentis par rapport à la Bolivie, notamment la place des femmes. On y apprend en effet l’existence de Dona Juana, une paysanne révolutionnaire anti-royaliste devenue une véritable héroïne et fierté de la nation pour son rôle courageux et déterminant pendant la guerre d’indépendance. C’est le deuxième personnage le plus important après Simon Bolivar, le père de la nation qui lui a donnée son nom. Cette figure féminine explique à nos yeux une petite part de la forte fierté et identité des Cholitas, ces boliviennes aux longues tresses noires, aux gros jupons et aux chapeaux melons dont nous vous parlions auparavant. C’est la première fois pendant notre voyage que nous sentons autant de respect et d’autorité à l’égard et de la part de ces femmes. Quand on voit la force avec laquelle elles serrent le baluchon contenant leur bébé sur leur dos, on se dit qu’on n’aimerait pas avoir affaire à elles !

A la sortie du musée, nous retournons au terminal de bus acheter nos tickets pour Tupiza, prochaine destination qui sera la point de départ pour le Salar d’Uyuni. Nos billets en poche pour le lendemain, nous fonçons au supermarché de la ville. Ce soir, pas de restaurant, on a envie d’un petit plat maison. Et comme notre auberge est une vraie maison familiale, on en profite pour cuisiner. L’auberge dispose en effet d’une super cuisine, on ne va pas s’en priver. Bouteille de vin blanc, pâtes italiennes au fromage et raisin en dessert. Nous nous sommes encore régalés ! (Non non, on est pas du tout en manque de notre gastronomie française … !)


Bolivie, Jour 136, 14 Novembre 2012

Marion est sur le pied de guerre à 6h30 pour s’inscrire en ligne à ses cours pour la rentrée de janvier. Et oui, ça sent un peu le retour ! Après un certain nombre d’heures passées les deux jours d’avant à combiner au mieux, elle arrive à boucler le tout vers les 8 heures. Nous descendons déjeuner, le patron nous dit qu’il n’y a pas de réservation pour notre chambre et que nous pouvons rester jusqu’en fin d’après-midi si nous le souhaitons.

Ca tombe bien, Hadrien voulait lui aussi regarder ses cours, et nous pouvons en profiter pour commencer à regarder ce que nous allons faire au sud du Chili et en Argentine. Bilan, encore des treks, des parcs naturels, peut être des glaciers, la Patagonie, un match de foot à Buenos Aires et puis le reste on verra !

Journée studieuse donc qui s’achève avec le départ pour la gare routière et le bus de nuit pour Tupiza. Nous ne sommes que trois touristes dans le bus, les cales sont pleines à ras bord de diverses marchandises, on ne sait pas comment tout va rentrer. Le bus parait en bon état, mais c’est la première fois que nous ne prenons pas un bus « touristique » (entre guillemets parce que c’est la façon bolivienne de rassurer les touristes inquiets pour au final une prestation standard), ça va être épique. Nous partons à l’heure, la nuit tombe vite. Nous nous arrêtons vers 20 heures pour manger dans un petit restaurant familial au milieu de nulle part. Nous passons un super moment à parler avec 5 enfants boliviens adorables âgés de 5 à 15 ans. Ils n’ont pas l’habitude de voir beaucoup d’étrangers, les bus touristiques ne s’arrêtant pas ici, ils sont donc très curieux. Nous leur racontons notre voyage, parlons de foot, de leur pays, tout y passe. La Bolivie, c’est vraiment génial pour ça, nous ne nous y sentons jamais « gringos ». Les gens sont vraiment avenants et ont envie d’échanger. Le reste du voyage se passe bien, nous passons une heure à écouter un commercial nous vendre un médicament magique contre la ménopause, l’impuissance, les insomnies, la totale ! Le pauvre homme n’a rien vendu mais a fait rire tout le bus avec ses blagues sexistes (à l’égard des hommes pour une fois !) c’est au moins ça !

Nous arrivons à Tupiza à 3 heures du matin, et avec notre nouvelle amie hollandaise alias la troisième et seule touriste du bus, nous nous mettons en quête d’un endroit où finir la nuit. Nous trouvons finalement une petite auberge de jeunesse pour backpackers à 4€ la nuit par personne et nous installons dans notre dortoir pour quelques heures de sommeil.


Tupiza, Jour 137, 15 Novembre 2012 : le bon, la brute et le truand…

Je me réveille dans la même auberge que celle dans laquelle je me suis couché à trois heures du matin…C’est déjà ça. Je jette un œil à gauche pour voir ma cowgirl encore cuver la fatigue de la veille. Le soleil de l’ouest chauffe déjà durement aux premières heures. Nous descendons à la rencontre de la tenancière, stetson sur la tête, long brin de paille aux coins des lèvres, elle nous scrute de haut en bas, nous juge, fait claquer trois fois ses éperons et nous lance un « ola gringos » franc sans être cérémonieux. Un coup d’œil dehors, le vent soulève la poussière et chahute quelques bottes de pailles dans les rues désertes. J’entend quelques portes de saloon claquer, le décor est planté.

Nous commandons illico deux ptits déj, la chevauchée de la veille nous ayant grandement creusé, et évidemment pas moyen de trouver un rade d’ouvert à trois heures du mat’ dans ce gourbis. M’enfin, ma cowgirl et moi nous enfilons nos œufs aux plats et retournons tailler la discut’ avec la patronne, voir si elle ne peut pas nous dégoter deux montures pour aller faire un tour dans le coin. Coup d’bol, trois autres trainards comptent eux aussi aller braver les canyons alentours. Nous nous joignons donc à eux. Deux gauchos nous conduisent jusqu’au ranch où nous attendent nos montures. On me présente un grand étalon brun ténébreux répondant au nom de « Terrible ». On a donc beaucoup de points en commun. Ma cow girl chevauchera « Caprichio ». Ces canassons ont été spécialement choisis pour nous mon gars.

On part dans les alentours de Tupiza au triple galop, chevauchant fièrement à travers les somptueux paysages des vallées meurtries de Los Machos. Les sabots de nos montures lèvent beaucoup de poussières, nos bandanas nous protègent le visage tandis que nos chapeaux nous préservent du soleil dévastateur. J’ lève la tête et entrouvre les yeux plus pour m’assurer qu’aucune embuscade apache nous attend. Ils peuvent venir, ma Winchester est chargée et mes deux colt 45 en frémissent d’avance… Nous nous arrêtons au fond de la vallée, ouvrons nos gourdes et permettons à nos montures de se désaltérer à la rivière.

Nous rentrons à Tupiza pour préparer notre prochaine aventure sur les terres arides du Salar de Uyuni. Nous apprenons que la population locale bloque l’accès de certaines routes, et que nous devrons surement suivre la route de contrebandiers pour passer. Le danger ne nous fait pas peur. Nous partirons pour 4 jours sur des montures plus mécaniques, et vogue la galère…

NDLR : ce récit n’est ABSOLUMENT pas romancé et reflète l’exacte réalité de ce que nous avons vécu. Bien à vous.


Tupiza, Jour 138, 16 Novembre 2012

Tout n’était pas faux dans le récit ci-dessus, les populations locales bloquent bien l’accès au parc naturel que nous devons normalement visiter dans notre tour au Salar de Uyuni. Ils ont apparemment des revendications à faire valoir auprès du gouvernement, et ne sont pas très amicaux avec les jeeps qui essaieraient de passer (jets de pierres etc…). Nous dormirons donc en dehors de la réserve avec l’espoir que la situation se sera décanté le lendemain.

Nous partons donc après le petit-déjeuner dans notre jeep, avec un autre français, une hollandaise, Mirza notre cuisinière et Deter notre chauffeur. Nous quittons Tupiza et arrivons rapidement dans un paysage complètement désertique, mi-lunaire mi-marsien, seulement habité par quelques lamas et autres vigognes (de la famille du lama, à vous de voir si vous arrivez à différencier un lama d’un alapaga et d’une vigogne. Ca y est nous on est incollables !). Les paysages se succèdent, tous plus différents et plus uniques les uns que les autres. C’est peut être la première fois dans notre tour du monde que nous avons l’impression d’en découvrir un nouveau, inhabité ou plus habité depuis des centaines d’années comme en témoignes les ruines de villages miniers.

Nous nous arrêtons pour manger de délicieuses lentilles dans un village au milieu de rien. Nous reprenons la route, toujours seuls, toujours perdus, toujours émerveillés. Sauf pour les lunettes d’Hadrien qui ne résisteront pas au trajet et finiront coupées en deux. Heureusement, les verres sont intacts. Nous arrivons dans un autre village où nous passerons la nuit chez une famille bolivienne, avec beaucoup beaucoup d’enfants ! Nous nous baladons un peu autour d’un cimetière joliment fleuri, improvisons un foot avec les enfants du village puis mangeons. Notre guide nous annonce que la situation ne s’est pas débloquée dans la réserve et que nous allons devoir modifier nos plans. Demain, nous devrons prendre des routes alternatives pour rejoindre le Salar. En fait, nous passerons par la route de la drogue utilisée par les contrebandiers entre le Chili et la Bolivie….


Tupiza, Jour 139, 17 Novembre 2012

Une longue journée de route nous attend aujourd’hui pour rejoindre Puerto Chabucco et le Salar. La réserve étant fermée pour cause d’émeutes, nous allons devoir prendre des chemins détournés pour arriver à destination. Nous partons à 6 heures du matin, toujours dans un décor de rêve, et filons à toute allure accompagnés d’une autre jeep de l’agence.

Les chemins que nous empruntons son ceux utilisés par les contrebandiers de drogues entre Chili et Bolivie. Nous n’en croiserons pas, mais aurons l’incroyable chance de voir des paysages inconnus des touristes et d’observer une vie sauvage très riche : vigognes, flamands roses, lamas, alpagas, le voyage se transforme en véritable safari ! Après s’être perdu une quinzaine de fois, nous rejoignons la route principale et nous arrêtons quelques instants dans le village fantôme appelé les ruines de San Antonio. On raconte que ce village, ancienne place forte minière pour l’or, est hanté. La soif d’or et la nécessité de main d’œuvre ont poussé les habitants de ce village abandonné à l’inceste. Au milieu des ruines et des fosses communes, on peut encore apercevoir quelques os… De gros chinchillas parcourent les ruines, on raconte que ce sont les esprits des défunts du village. Notre guide nous déconseille d’aller dans le nord du village, « où habite le diable » et où personne n’a encore cherché les restes d’or de cette ville perdue dont l’église possédait trois cloches d’or massifs de plusieurs centaines de kilos ! Nous sommes impressionnés à l’idée qu’à quelques mètres de nous résident encore sous terre des dizaines de kilos d’or non déterrés par superstition !

L’ambiance est vraiment mystique, même notre guide nous explique que nous ne sommes pas partis plus tôt car il ne voulait pas traverser ce village la nuit lorsque les esprits rodent…

Nous quittons le village et rejoignons la vallée des rochers, où quelques énormes blocs rouges semblent sortis de terre. Pendant que Mirza, notre cuisinière s’affaire, nous escaladons l’un deux pour prendre un peu de hauteur, et voir au loin une lagune et quelques tourbillons de poussières. Nous mangeons et nous remettons en route. Nous sommes un peu serrés dans la jeep et les trois heures de trajets paraissent une éternité.

Nous arrivons finalement à destination et nous installons dans notre hôtel fait tout en sel ! Les murs, les sommiers, les tables, le sol, tout ! Nous nous aventurons sur l’entrée du Salar puis passons la soirée à jouer aux cartes autour d’un bon Pique Macchu, un plat bolivien à base de viande (ici de lama), de pommes de terre, de poivrons et d’oignons. Demain, levé très tôt pour admirer le lever du soleil sur le Salar !


Salar de Uyuni, Jour 140, 18 Novembre 2012

Le réveil à 4h45 est assez dur, ce voyage n’est décidément pas de tout repos. Pas de petit-déjeuner, on fonce installer les affaires sur le toit de la Jeep avant de partir pour l’ile du pêcheur. Malgré la conduite sportive de Deter, nous n’arriverons pas sur l’île à temps. Nous nous arrêtons en plein milieu du Salar pour admirer le spectacle. Vous verrez, les photos parlent d’elles-mêmes.

Alors que le soleil monte peu à peu dans le ciel, nous rejoignons l’ile du pêcheur, plantée en plein milieu du désert. De nombreux cactus géants et millénaires peuplent l’endroit qui nous offre un parfait promontoire sur l’immensité blanche du Salar.

Nous rejoignons notre Jeep où un succulent petit déjeuner nous attend. Quel bonheur ! Nous repartons vers 8 heures du matin, direction le volcan Thanapu. Ce géant culmine à plus de 5600 mètres d’altitude et offre des couleurs et une vue sur le Salar imprenable. Mais avant de prendre de la hauteur, nous descendons sous terre, dans une caverne humide pour rencontrer les momies d’un âge non identifié mais dont les seuls expressions du visage témoignent de la fin atroce qu’elles ont du subir sous les coups de tribus ennemis. Le fils du Bolivien qui les a découvert nous fait office de guide et nous ouvre la porte d’une petite grotte où 7 momies en parfait état nous attendent, on dirait qu’on ne les a jamais déplacées. L’expression de terreur qui hante leurs visages est saisissante…

Nous retrouvons la lumière du jour et grimpons durant une heure pour atteindre le mirador du volcan. La pente est raide, mais nous sommes maintenant habitués. Pour vous donner une idée du paysage : un volcan ocre, gris, vert, un ciel bleu azur et une immensité de sel blanc. C’est féérique. On reste une heure et demie à contempler ce paysage unique puis redescendons manger dans notre hôtel de sel du soir.

Nous profitons de l’après-midi pour faire une bonne sieste et mettons le réveil à 18 heures pour ne pas rater le coucher de soleil. Nous avons bien fait, car sur le Salar, avec le volcan et l’eau, il n’y a pas de mots pour décrire la beauté du moment. C’en était presque émouvant, et si la température descendait à vitesse grand V, la descente de notre étoile, elle, nous réchauffait le cœur. Ah, paradoxe inexorable de ces beautés naturelles…


Salar de Uyuni, Jour 141, 19 Novembre 2012

Dernier jour au Salar, nous nous levons un peu plus tard et partons de notre hôtel à 8 heures. Après une dernière pause photos de groupe dans le Salar d’un blanc éblouissant, nous rejoignons Uyuni.

Et c’est là que commence le bazar. Nous devions prendre un transfert direction San Pedro de Atacama au Chili pour 40 euros. Mais surprise, on avait oublié de nous dire que dans deux jours avait lieu le recensement national du 21 novembre en Bolivie qui paralyse tout le pays et sa frontière pendant deux jours ! Tous les transferts sont pleins, pendant quelques minutes nous nous voyons coincés ici… Finalement nous sommes obligés de nous greffer à un tour de deux jours (plus cher qu’un simple transfert) auprès d’une agence peu scrupuleuse pour rejoindre le Chili où les parents de Marion nous rejoignent bientôt pour une petite semaine. Nous retrouvons une française, une néo-zélandaise et une péruvienne qui sont inscrites pour ce tour. Malheureusement, en montant dans la jeep nous nous rendons compte que nous sommes 7 dans la jeep et non 5 comme annoncé. 1) Nos jambes vont vraiment le sentir, déjà qu’à 4 on est bien serrés, 2) A 5 nous payons déjà un tour de 2 jours au prix du tour de 3 jours car l’agence ne veut pas descendre son prix, 3) Nous apprenons que les deux autres personnes ont payé moitié moins que nous pour le même trajet.

Hadrien et Marion n’ont pas le cœur à se rebeller contre l’agence car ils doivent vraiment rejoindre le Chili mais ce n’est pas le cas de notre péruvienne, qui selon ses propres mots «ne peut pas supporter ça, il faut qu’elle négocie, c’est culturel». Après donc une loooooooongue série de tractations, enguelades, cris et recris (en passant par un moment où l’agence a menacé de ne plus nous emmener), nous arrivons à descendre un peu le prix….puis à partir. Ouf ! 6h de route pendant lesquelles nous traversons quelques villages et arrivons près de Laguna Colorada où nous devons passer la nuit. Pas si vite, à une demie-heure de l’arrivée, en pleine nuit noire, notre chauffeur s’arrête et nous annonce que la roue avant gauche n’a plus aucune vis qui la relie à l’essieu… Quelques mètres et la roue partait dans le décor et nous avec ! Pas de panique, le chauffeur prend une vis de chaque autre roue pour effectuer la réparation. Nous arrivons dans le coin des hôtels, quasiment tous pleins, nous devrons donc partager un lit une place avec Marion. Soit. La soirée se déroule dans la joie et la bonne humeur avec le groupe. Demain départ tôt pour le Chili… Enfin si la réserve est ouverte, la frontière franchissable, que l’agence a bien fait les papiers, que la voiture ne tombe pas en rade… Bref, beaucoup de si !


Salar de Uyuni, Jour 142, 20 Novembre 2012

Bon, déjà notre chauffeur est réveillé et sobre. Oui sobre, c’est un point positif je vous assure, le chauffeur de l’autre groupe résidant à l’auberge est complètement saoul, il n’arrête pas de vomir et ne peut pas accrocher les bagages sur le toit. Finalement on a peut-être de la chance aujourd’hui…!< /p>

Nous prenons donc la route vers 5h45, direction les geysers. Le paysage est magnifique, du haut d’une belle vallée de pierre volcanique rouge jaillissent des jets de vapeur dans la lumière du matin. Nous nous baladons entre les cratères et regardons bouillir le magma gris d’où s’échappent les geysers. Mais la frontière fermant à 10h, nous devons reprendre la route pour les sources d’eaux chaudes un peu plus loin. Quelques minutes plus tard nous arrivons sur un lac gigantesque où se côtoient touristes et flamants roses les pieds dans un lac d’où s’écoulent des eaux chaudes. Nous sommes à 4600 mètres, outre le fait que nous n’avons pas nos maillots de bain, à 8h du matin il fait un peu trop froid pour nos gambettes ! On se contentera plutôt d’un bon moment à regarder la vue du lac fumant puis repartons direction la frontière cette fois. Notre chauffeur a du mal à nous dire combien de temps nous sépare de la frontière… Bon ben y’a plus qu’à espérer qu’on arrive avant sa fermeture. Ah oui petit suspens supplémentaire, le driver dispose d’une liste officielle sur laquelle sont déclarés les touristes ayant obtenu la permission de sortir du pays. C’est bien ça, c’est clair, c’est officiel, il y a un beau tampon de la police touristique. Il y a aussi les 3 noms de nos copines qui passent la frontière avec nous. Par contre ils ont du se tromper dans l’orthographe de nos noms, à la place d’MP et HCR on peut lire ceux de deux japonais, charmants sans aucun doute, mais qui ne sont pas dans la voiture. Ca va être folklorique à la frontière !

Nous arrivons finalement vers 9h30 à la frontière. Pour vous planter le décor cela fait 3 jours que tout le monde parle de cette fameuse frontière autour de laquelle règne un mystère, on ne sait pas quand elle ferme, sans parler des émeutes qui ont eu lieu quelques jours auparavant et qui en bloquaient l’accès. Alors quand on est arrivés à cette fameuse frontière, on a du demander trois fois au chauffeur si c’était bien là ! Une petite maison en béton, une barrière levée, deux policiers qui nous appellent « amigos » et une petite file de touristes. Autant vous dire que le papier autorisant la sortie de territoire sur laquelle nous ne figurons pas ils s’en fichent bien… et c’est tant mieux ! Passeport tamponné, nous mettons nos gros sacs sur un pick-up et montons dans un bus bondé. Après 1h de trajet nous arrivons à San Pedro, ça y est on a réussi ! Les formalités administratives passées, nous partons sac sur le dos nous trouver un hôtel. Un chilien de 24 ans nous accoste et nous propose son hôtel à un prix imbattable et nous le suivons donc dans son lodge hippie où on nous accueille dans un patio multicolore la guitare à la main. On est contents de pouvoir enfin se reposer, et surtout de prendre une douche chaude (1 douche froide en 5 jours ça commençait à faire). Finalement nos 3 co-voyageuses avec qui nous avons traversé la frontière nous rejoignent dans notre hostel et on se joint à un petit barbecue chilien : des saucisses dans un pain fourré à un mélange de tomates, onion, ail, coriandre, et un certain ingrédient mystère. Tout cela gentiment préparé par Victor le chilien de l’hôtel et accompagné de vin chilien. Une très très bonne soirée qui clôturera bien nos aventures boliviennes !

La suite de nos aventures sur la page Chili !