Pas à pas, pays par pays, le récit de nos aventures

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La Chine, jour 1

Notre avion a touché terre à 9h25 heure locale (soit 2h25 du matin pour nos horloges biologiques). Mot du pilote, « Bienvenue à Beijing, la température extérieure est de 33° »… Cela s’annonce bien ! Après un contrôle des douanes rapides (par un douanier très aimable), nous avons pris une navette aérienne pour rejoindre le terminal 2 où nous attendaient nos bagages. Ensuite, pour atteindre notre guesthouse nous avions deux choix, le taxi ou le métro. Par curiosité et soucis d’économie, nous avons choisi le métro, malgré les 4 changements qui auguraient un trajet compliqué. A notre grande surprise, rien de cela. Le métro de Beijing est très simple. Il est constitué de seulement 13 lignes de métro pour une ville dont la superficie équivaut à la moitié de la Belgique ! Ce dernier est très propre, tout en marbre et un poste de contrôle scanne tous les sacs des passagers qui entrent dans le métro… Arrivés dans le métro, nous rendons au guichet pour acheter des tickets. 2Yuan l’unité (env. 0,15ct). Nous voulons en prendre 10 pour les jours qui viennent. Le vendeur ne parle pas bien anglais, notre achat le perturbe mais il nous tend quand même nos tickets. 2mn après, alors que nous apprêtions à entrer dans le métro, sa collègue avec qui il discutait pendant la transaction nous court après pour nous expliquer que ces tickets ne sont valables qu’aujourd’hui et qu’on avait du mal comprendre. Elle nous les a remboursés tout de suite. Nous sommes agréablement surpris devant un tel service !

En nous engouffrant dans le métro, un sentiment amusant nous envahit ; nous sommes les seuls Occidentaux. Nous n’avons vraiment pas l’habitude. Mais à aucun moment nous nous sentons en trop ou mal à l’aise. Au contraire, tous les regards sont bienveillants, mais les réactions qui dominent sont surtout la surprise ; ils n’ont pas l’habitude de voir des Occidentaux et de surcroît des personnes blondes. On nous scrute avec étonnement ! Autre chose, nous sommes surpris de voir qu’en heure de pointe, les passagers font la queue devant les portes de métro. Et quand ils jugent que le métro est trop plein (clairement bien avant ce que nous jugeons de « encore ok pour rentrer » à Paris), ils reculent et se remettent en ligne de leur plein gré.

Après quelques changements de métro, nous sommes arrivés à Ping’anli, l’arrêt de notre hôtel. Le quartier est assez populaire, encore une fois, aucun touriste en vue. Nous arrivons après quelques recherches dans notre auberge de jeunesse et là, surprise, nous n’avions aucune idée de tomber sur un tel lieu ! Celle-ci se situe dans une petite allée en terre, perpendiculaire à une artère bruyante. A la réception, ils ont du mal à retrouver notre réservation, pas de problème, on patiente, contents de ne plus devoir porter nos gros sacs à dos. ¼ d’heure plus tard, nous accédons à nos chambres, en passant par une cour charmante, pavée d’ardoises et abritée d’un auvent recouvert de feuilles de vignes et de lampions. Deux fontaines avec des poissons et un temple au fond de la cour… So feng shui ! Nous trouvons une chambre très propre avec air conditionné. Ouf, on peut dormir quelques heures pour compenser le décalage horaire mais pas trop pour ne pas rester décalé.

Il est 15h, nous décidons d’aller visiter Tian’anmen. La place est située dans la perspective de la Cité Interdite. Nous marchons un peu car nous sommes sortis par la mauvaise station de métro mais cela nous permet de profiter d’une belle perspective en arrivant de plus loin sur la place. En s’approchant, on ressent de plus en plus le patriotisme chinois. Un père prend son fils en photo, brandissant le drapeau communiste. Les gardes sont partout et font des allers-retour devant le portrait géant du Grand Timonier Mao Zedong, prêts à arrêter le moindre passant avec un t-shirt « free Tibet ». Mais le ciel bleu et la chaleur enlèvent l’aspect glauque qu’un tel lieu pourrait renvoyer sous la grisaille. Il est maintenant 17h, la lumière est belle et fait resplendir la superbe Cité Interdite. Seuls Occidentaux encore, nous nous faisons accoster par deux jeunes filles qui veulent savoir d’où on vient, si on apprécie Beijing et si on ne veut pas aller boire un verre avec elles dans le « Old Beijing » où elles se rendent justement. Nous avons lu beaucoup de recommandations de ne rien accepter de la part de pseudo « étudiants en art » qui veulent vous faire découvrir des sites gratuitement et juste pour le plaisir. Mais en même temps, boire un verre avec des locaux le 1er jour de notre arrivée, quel meilleur moyen de découvrir la ville en dehors des sentiers battus ? Nous hésitons puis déclinons poliment. Nous avons bien fait, apparemment ce devait être un coup connu, on nous a proposé la même chose 3 fois ensuite…

Le soleil se couchant, nous assistons à la descente du drapeau par l’armée populaire. Toute une cérémonie qui attire beaucoup de monde. Encore une fois, le tourisme à Pékin est vraiment constitué des classes moyennes chinoises ; aucun Occidental en vue… Après la cérémonie, toute la Cité Interdite s’illumine, accompagnée de jets d’eau. Le ciel pas encore sombre lui offre un fond bleu profond magnifique, parsemé de nuages. Nous garderons ces belles images bien en tête. Malheureusement, nous n’avons rien mangé depuis le petit déjeuner de British Airways et commençons à avoir très faim. Nous longeons les murs d’enceinte de la Cité Interdite à la recherche d’une rue passante où nous pourrions manger. A la croisée d’une grande artère, nous nous embarquons dans une petite ruelle où des lampions, la foule et des bonnes odeurs nous font indiquons que nous y trouverons ce que nous recherchons. Dès les premiers stands, on nous propose du scorpion en brochette (encore frétillant !), du serpent et des cafards grillés. Mmmh, on goutera plus tard, quand on sera un peu plus préparés, pour l’instant nous nous rabattons sur des noodles au bœuf au coin d’une table en plein milieu des stands fumants. Un chinois s’arrête et nous demande s’il peut nous prendre en photo, il est apparemment très surpris de voir que des Occidentaux arrivent à manger une soupe de noodles avec des baguettes. Il nous targue d’un signe « bravo, c’est génial pour les baguettes ! » en prenant la photo. Nous jouons le jeu, le sourire est le meilleur moyen de communication, on ne comprend rien à ce qu’ils disent et réciproquement, mais tout passe toujours bien en souriant !


La Chine, jour 2

La fatigue et le décalage horaire viennent nous réclamer leur dû en ce début de voyage, et ce n’est pas le réveil de 8h30 ce matin qui sera parvenu à nous extirper des bras de Morphée. Levés vers midi, nous décidons de profiter de l’après-midi pour préparer la suite de notre voyage. Objectifs : acheter les billets de trains pour Xi’an et se renseigner pour les excursions à la Grande Muraille de Chine.

Nous voila donc dans le métro, la tête dans notre plan, afin de rejoindre la gare de Beijin Ouest… Première surprise, la ligne 9 du métro n’est pas encore raccordé au reste du réseau. L’arrêt « West Station » n’est donc pas accessible par notre ligne. Qu’à cela ne tienne, nous nous arrêtons au musée militaire, arrêt visiblement le plus proche de notre destination. Nous décidons alors de trouver un bus pour nous déposer à la gare. Bien entendu, toutes les lignes ont des directions écrites en chinois, et l’anglais n’est pas très répandu parmi la population. En pointant sur la carte la destination voulue, nous parvenons à nous faire indiquer un bus dans lequel nous sautons immédiatement. Prendre le bus à Pékin, c’est toute une expérience, entre la contrôleuse qui hurle sur un fraudeur, la circulation pas toujours fluide et la concentration de passager qui frôle les 4 au cm² ; nous ne pensions jamais arriver. Heureusement la gare est en fait toute proche (nous ferons même le retour à pied). Arrivés devant la gare, nous sommes estomaqués par l’immensité du bâtiment visiblement assez récent. Architecture communiste typique, austère mais imposante. Nous nous dirigeons vers les guichets en fendant une foule impressionnante de voyageurs allongés à même le sol. Dans le hall des guichets, nous repérons le « english speaking » guichet et entrons dans la queue. 30 minutes plus tard, nous ressortons avec deux billets pour Xi’an, départ samedi matin 10h. On avait prévu de prendre un train de nuit, mais visiblement il n’y en avait pas. Tant pis, (ou tant mieux), on profitera des 9 heures de trajets pour admirer la beauté de la Chine intérieure. Il est 19h, malgré la chaleur nous mangeons avant de retourner à l’auberge où nous avons rendez-vous avec le guide pour le voyage à la Grande Muraille le lendemain. Nous allons donc visiter la grande muraille à Mutianyu, à 90 km de Pékin. Le départ est prévu à 7h du matin, et la journée promet d’être riche !


La Chine, jour 3

7h, coup de klaxon dans la cour, le chauffeur du minibus nous attend. Nous sommes les premiers et un petit circuit à l’intérieur de Pékin nous attend pour aller chercher les 7 autres participants de la journée. On voit bien que le code de la route n’est pas le livre de chevet des pékinois, les lignes continues et feux rouges font visiblement parti de l’ornement traditionnel chinois ! Une heure plus tard, nous avons récupéré tout le monde y compris notre guide Leo. C’est parti pour le premier arrêt : le tombeau des Mings. Sur le chemin, Leo nous en dit un peu plus sur la vie pékinoise. On apprend notamment qu’en fonction du numéro à la fin de la plaque d’immatriculation, 20% des voitures restent au garage chaque jour. On comprend alors pourquoi la journée s’annonce assez polluée ; hier c’était l’interdiction du chiffre 4, visiblement peu répandu sur les plaques d’immatriculation à cause de sa prononciation similaire au mot « mort » en mandarin.

Après une petite page d’histoire par Leo nous arrivons au tombeau. Nous visitons celui du 9ème empereur sur les 16. La seule partie ouverte au public est la salle de la cérémonie où ornements, instruments de musique, victuailles et autres offrandes sont disposés lors de la cérémonie d’enterrement de l’empereur. Le corps du défunt était exposé 3 jours, troisième jour au bout duquel l’âme quittait le corps. Sans cela, elle serait enterrée sous terre avec le défunt. Dans ce tombeau règne une atmosphère très superstitieuse comme en témoigne le rituel auquel tout un chacun doit se plier en sortant : trois pas sur place et une incantation chinoise signifiant « je suis de retour » (sous-entendu « dans le royaume des vivants ») en lavant ses vêtements d’un geste de la main.

Après un rapide détour par un musée de Jade (sans grand intérêt), nous arrivons enfin au site de Mutianyu, une section de la Grande Muraille de Chine. Nous prenons un téléphérique et arrivons en haut devant un panorama à couper le souffle. La Grande Muraille s’étend à perte de vue. Leo nous expliquera qu’elle s’étend sur plus de 6000 km à travers la Chine. Imaginez-vous 6 fois la distance entre Lille et Marseille recouverte par un mur ! Nous entamons la montée des marches direction est. La pente est très raide mais notre ascension est ponctuée de tours de guet qui nous permettent de souffler un peu. La vue est de plus en plus en plus majestueuse. Nous arrivons à la quatrième et dernière tour de guet de la section. Croyant ne pas voir de vue plus belle nous nous arrêtons. Puis nous croisons Luis, un membre de notre groupe, qui sort d’un chemin interdit car risque d’effondrement. Il nous dit que le plus beau panorama est au bout, nous décidons alors d’aller voir. Le point de vue dominant offre en effet une vision panoramique incroyable, on se sent assez petit face à l’immensité de cette construction. Le groupe nous attend, nous redescendons par une sorte de « toboggan », délire typiquement chinois entre le bobsleigh et l’auto tamponneuse. Sensations au rendez-vous-même si Marion avait la main lâche sur le frein et a retardé 10 personnes ;) (dont Hadrien…).

Un déjeuner copieux nous attendait en bas du mur avant de reprendre la route pour Pékin, Deux derniers arrêts pour la cérémonie du thé et une fabrique de soie ont conclut cette journée bien chargée ! Après un rapide retour à l’auberge pour nous rafraichir, nous repartons diner dans la « rue fantôme » où nombre de devantures aux lanternes rouges nourrissent des légions de chinois. Nous nous régalons de bœuf et de riz épicé avant de rentrer nous coucher.


La Chine, jour 4

Réveil 9h… euhh 10h….. euh bon ok vers midi, le décalage horaire malgré les Atarax a du mal à passer. Nous ouvrons les rideaux et constatons qu’aujourd’hui le temps n’est pas de la partie. Nous décidons donc d’aller visiter la cité interdite, palais des dynasties de Chine. Nous nous engouffrons à nouveau dans le métro qui nous est désormais familier direction Tian’anmen est. Découverte : les grandes vacances chinoises ont débuté et le tourisme intérieur connait visiblement un bel essor puisque la cité interdite est littéralement prise d’assaut par des hordes de groupes de touristes. Après une bataille âpre pour obtenir les sésames d’entrée, nous parvenons à nous frayer un chemin au cœur de cette cité de plus de 150 000 m² à l’architecture impressionnante. Chaque salle, chaque cour possède sa propre histoire relative à l’Histoire de Chine, l’audioguide français très bien conçu nous en a fait découvrir les principales.

Après deux heures de visite, nous rejoignons le parc de Jingshan où le dernier empereur Ming s’est donné la mort après l’invasion populaire de la cité. Cette parenthèse de verdure et de calme relatif nous apaise après la cohue de la cité interdite ; Marion en profite pour s’accorder une petite sieste sous les pins. Le parc est situé sur une colline avec une vue dominant la cité interdite ou Marion s’est faite photographiée en compagnie de chinoises apparemment impressionnée de voir une occidentale ici ! Nous continuons vers le Nord Est en direction des lacs de Houhai bordés de nénuphars, de péniches et de restaurants dans un desquels nous trouvons notre bonheur. L’auberge ne se situe plus qu’à quelques centaines de mètres, nous la rejoignons donc à pied.

Demain sera déjà notre dernier jour à Pékin, nous comptons bien le mettre à profit pour aller admirer le Palais d’été et profiter une dernière fois de l’atmosphère pékinoise.


Chine, jour 5

Levés vers 9h30 pour profiter un maximum de notre dernier jour Pékinois, nous décidons d’aller visiter ce qui parait être un incontournable de la ville : le Palais d’été. Le Palais d’été fut pendant longtemps la résidence secondaire des empereurs désirant fuir la chaleur étouffante et le tumulte de la cité interdite. Plusieurs fois agrandi, le Palais a été entièrement rasé par l’invasion franco-anglaise de 1860, puis reconstruit à l’identique en 1902. Voila pour le petit point historique.

Nous sortons de l’auberge pour nous apercevoir que le temps ne s’est pas vraiment amélioré : un épais nuage de brume (pollution ?) enveloppe tout Pékin et nuit à la visibilité. Nous arrivons à destination, et nous comprenons tout de suite pourquoi les empereurs avaient élu domicile dans ce palais grandiose. Ce dernier est niché dans une colline verdoyante, bordé d’un lac immense (artificiel car creusé par 100 000 soldats!), le tout dans un calme qui devait être total à l’époque. A l’époque car aujourd’hui les cars de touristes donnent plus l’allure d’une fourmilière à cet impérial Palais. Nous flânons quatre bonnes heures entre les bâtiments, les allées et les îles artificielles. A plusieurs reprises des touristes chinois demandent à Marion s’ils peuvent prendre une photo avec elle. Comme ils voient que Marion joue le jeu, 15 autres personnes suivent, les enfants, les personnes agées, toute la famille y passe !

Nous sortant du Palais par une autre sortie qu’à l’aller et cherchons le métro qui ne devrait pas être très loin. Nous nous faisons accoster par un rickshaw (pouse-pousse chinois) qui nous propose de nous emmener au métro moyennant la somme de 5 yuan (60cts d’euros) qu’il nous montre d’un signe de la main. Nous nous disons que c’est l’occasion ou jamais d’essayer ce moyen de transport atypique. Mais arrivés au métro 500 mètres plus loin, la course avait miraculeusement subit une énorme inflation, un 0 étant venu se greffer derrière le 5 de départ. Un peu surpris, nous essayons de comprendre, mais le chauffeur ne veut rien entendre, et nous lui tendrons, dépités, 50 yuans… A titre de comparaison, la course de 20 minutes pour aller de notre auberge à la gare nous coutera 20 yuans le lendemain… Mais bon, c’est le jeu, il faut savoir garder le sourire !

Nous rentrerons à l’auberge pas trop tard (vers 18h) pour préparer notre voyage en train de demain en direction de Xi’an. Un peu tristes de quitter Pékin, après 5 jours nous nous étions déjà habitués à notre auberge, notre rue, aux mêmes enfants que nous saluons tous les matins… Après quelques dernières courses, nous faisons nos sacs et réglons le réveil à 6h30 !

PS : Après avoir lu quelques forums du Guide du Routard, nous avons résolu l’énigme des jeunes filles chinoises qui voulaient nous emmener boire un verre dans le vieux Beijing lors de notre premier jour place Tien’anmen. Apparemment, le coup est assez connu, elles vous emmènent dans un café, discutent avec vous, sont ravies de pratiquer leur anglais et au moment de payer, l’addition est très très salée, parfois plusieurs centaines d’euros ! Et tout à coup elles sont beaucoup moins agréables et les serveurs sont de plus en plus oppressants… et vous vous retrouvez obligés de payer. Nous avons bien fait de décliner !


Chine, Jour 6

Lever 6h30, nous nous rendons à la réception pour le check out et pour attendre notre taxi qui ne viendra finalement pas. Pas de problème, nous nous hâtons dans la rue pour héler un taxi qui nous coûtera finalement moitié prix que celui promis par l’auberge de jeunesse. Il nous déposera à la Beijing West Railway Station, déjà bouillante d’agitation. Sur les trottoirs hommes, femmes et enfants grignotent un snack qui semble ici populaire : une patte de poulet sous plastique (avec ou sans sauce). Nous passons le contrôle de sécurité et nous rendons dans la salle d’attente de notre train. Certains passagers ayant passé la nuit ici ont déplacé tous les fauteuils pour être plus à l’aise et ont laissé leurs déchets au sol. Mais à 7h30 pile, une employée chinoise haute comme trois pommes est arrivée, a hurlé quelques mots apparemment autoritaires et a remis toute la salle en place en moins de 10min, déplaçant tous les passagers encore endormis. Impressionnant !

Prendre le train en Chine n’a rien à voir avec prendre le train en France, la queue pour monter dans le train commence une heure avant le départ ; et il vaut mieux être bien placé si on veut avoir de la place pour ses bagages. Malgré la légendaire indiscipline chinoise, nous parvenons à monter dans le train parmi les premiers !

Les 9 heures de voyages se passent sans encombre, les trains sont plutôt confortables et climatisés. Fait étonnant, nous avons du « retourner » nos fauteuils à mi chemin après un arrêt car le train repartait dans le sens opposé, et tous les fauteuils sont dans le sens de la marche. Bon à savoir ! Nous sommes donc arrivés vers 19h à Xi’an et nous sommes directement rendus à notre auberge, bien épuisés par cette journée 100% transport !< /p>


Chine, Jour 7

Après une bonne nuit de sommeil, nous décidons (ou plutôt croyons) prendre de l’avance en nous rendant directement à la gare pour prendre nos billets pour Shanghai, départ mercredi prochain. La guichetière, en nous voyant arriver, va chercher une de ses collègues anglophone qui nous apprend que le train de nuit que nous convoitions (celui qui relie Xi’an à Shanghai dans la nuit de mercredi à jeudi) ne dispose plus que d’une place en couchette. Ne désirant pas spécialement se séparer maintenant, il nous faut une autre solution… Nous dénichons donc un trajet en train express (11h quand même) avec correspondance à Zheng Zhou. Pour éviter de passer 7 heures debout, comme initialement proposé, nous sommes contraints d’acheter des places en première classe…Cela fait un peu mal au portefeuille mais nos genoux nous remercierons !

En sortant de la gare, nous apercevons un bus vert (déjà la couleur attire) avec une inscription énorme « terra cotta warriors » (armée en terre cuite du premier empereur guerrier, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO). Ni une ni deux, nous sautons dedans. Ce n’était pas spécialement prévu, mais nous souhaitions éviter les excursions organisées à des prix exorbitants. Après un changement impromptu de bus (visiblement ça se passe comme ça en Chine) et une conduite plus que sportive (le terme d’avertisseur sonore prend ici tout son sens, on a été étonnés qu’aucun champion du monde de rallye ne soit chinois, ça va surement venir…), nous arrivons à bon port. Ou plutôt à l’antichambre dysneylandistique du site : on peut comprendre l’attrait mercantiliste d’un tel site (voir Lourdes en France…), mais de là à mettre un KFC au pied d’une merveille que compte notre monde, il y a un pas, selon nous dommageable, que les chinois ont franchi. Heureusement que l’armée en terre cuite valait vraiment son pesant d’or ; l’emballage ne présageait donc en rien du cadeau !

En effet, quel spectacle ! Un hall entier de 3 000 m² de fouilles archéologiques rempli de soldats en terre cuite de taille humaine, témoins de la démesure du premier empereur guerrier. Pour l’accompagner pendant son voyage vers l’au-delà, il s’est entouré d’une véritable armée dont tous les soldats n’ont pas encore à l’heure actuelle été exhumés. Nous avons été subjugués par la différence de tous les visages, la précision de la réalisation et le travail de reconstitution archéologique qui a été effectué.

Retour en bus à l’hôtel alors que la pluie fait son apparition sur Xi’an, ville qui ne nous a certainement pas encore livré toutes ses merveilles…


Chine, Jour 8

Après avoir visité un beau site à l’extérieur de Xi’an, nous décidons de découvrir la ville en elle-même. Nous en savons peu ; seulement que Xi’an a été le berceau de la civilisation chinoise, ancienne capitale avant Beijing et le point de départ de la route de la soie.

La ville est faite assez simplement : elle est entourée de remparts qui forment un parfait rectangle, et 2 grands axes la coupent, un Nord/Sud et un Est/Ouest. Nous nous dirigeons vers son centre, pour y voir la Tour de l’horloge. Nous sommes un peu déçus, la pagode traditionnelle de laquelle on sonnait une cloche à l’aube est située au milieu d’un énorme rond point et juste devant un centre commercial… La visite ne nous dit rien. Nous passons notre chemin ainsi que celui de la Tour du Tambour, elle aussi en pleine circulation et tombons dans le quartier musulman, qui nous séduit tout de suite par son côté plus traditionnel. Nous nous engouffrons dans un marché couvert, un véritable souk musulman version chinoise. En effet, des étals de contrefaçons chinoises et objet d’art traditionnel chinois s’étendent à perte de vue. On y trouve de tout, des Longchamp de toutes les couleurs, des portefeuilles de marques de luxe et les t-shirt Ralph Lauren classiques.

En plein milieu de ce marché couvert nous tombons sur la Grande Mosquée que nous voulions justement visiter. Celle-ci est une des plus grandes de Chine et est un véritable mélange des styles chinois et musulmans. Tout la mosquée, jusqu’au minaret, est construite sur le modèle de pagode chinoise avec une enfilade de cours intérieures toutes ornées différemment. Le mélange des deux cultures est assez amusant. Nous passons un moment à contempler cette jolie architecture et les croyants qui sortent de la mosquée. La pluie reprend, nous incitant à rentrer.

Sur le chemin du retour, Hadrien se laisse tenter par une brochette de poulpe grillé aux épices…Délicieux ! Nous passons la soirée au sec à l’auberge, commençant à préparer Shanghai et espérant que le temps sera plus clément pour notre dernier jour à Xi’an.< /p>


Chine, Jour 9

En ouvrant nos volets, surprise, un ciel bleu magnifique ! Nous nous empressons de quitter l’auberge et nous dirigeons au nord vers les remparts de la ville, sur lesquels on peut se promener. Il fait très chaud et les 14 km de remparts s’annoncent ardus à parcourir à pied, mais nous sommes motivés ! Après 2 km de marche, nous atteignons le milieu du rempart nord et nous apercevons que des vélos sont disponibles à la location pour faire le tour des remparts. Nous enfourchons donc nos cycles pour réaliser le tour complet, et en moins de 100 minutes pour ne pas payer de suppléments. La vue est vraiment magnifique, les remparts ne sont pas seulement une frontière physique protégeant Xi’an contre ses envahisseurs, ils la préservent également d’une certaine modernité. Côté extérieur, les barres d’immeubles poussent comme des champignons, côté intérieur, les pagodes traditionnelles et toits de tuile dominent. Le contraste est saisissant. Après de nombreuses pauses photos, nous réalisons que le temps presse et nous hâtons de rentrer rendre les vélos. Croyez nous, ce fut un véritable exploit sportif !

Nous redescendons des remparts, et après deux trois courses, nous dirigeons vers un petit parc de Xi’an afin de se reposer à l’ombre de saules pleureurs à lisière d’un point d’eau, un verre à la main.

Cette pause détente terminée, il nous faut d’ores et déjà rentrer à l’auberge afin de boucler nos sacs pour le départ du lendemain direction Shanghai. 11 heures de train nous attendent !


Chine, Jour 10

Journée de train en perspective, nous nous levons vers 7h pour nous rendre à la gare Nord de Xi’an où nous attend notre train express direction Shanghai via Zhengzhou. Le réseau express chinois est flambant neuf et le hall d’attente de la gare est pour le moins impressionnant ! Notre train est à l’heure, le voyage se passe sans encombres, entre raclements de gorges et crachats de nos compagnons de route, retournement de sièges intempestifs et beaux paysages de Chine intérieure, nous commençons à jouer les vieux habitués !

La correspondance à Zheng Zhou aura eu le mérite de nous donner un aperçu de l’une des plus grandes gares ferroviaires chinoises : restauration rapide et halls d’attente. Nous montons dans notre second train direction Shanghai. Nous comblerons les 7 heures de voyages en travaillant la suite de notre périple, en dormant, et en assistant juste à côté de nous à une partie de Poker à 7 cartes pour le moins enflammée !

Nous rejoignons notre auberge une fois arrivés et allons directement nous coucher après une journée pour le moins fatigante.


Chine, Jour 11

On nous avait prévenus, Shanghai, ce n’est pas vraiment la Chine. Ou plutôt, la Chine n’est pas encore tout à fait Shanghai. Et à ce balader toute l’après-midi (la matinée ayant été consacrée à l’achat de nos billets de train pour Hong Kong, une vieille habitude désormais) dans l’ancienne Concession française jusqu’au bord du fleuve Huangpu, on comprend que Shanghai a bien un temps d’avance. Pour le pire comme pour le meilleur. Tout au long de notre voyage en Chine, nous avons été frappés par le nombre de buildings en construction, eh bien à Shanghai, ils sont finis depuis 10 ans. Le quartier des affaires, Pudong, n’a rien à envier à la City ou à notre Défense nationale.

De ce que l’on a vu, Shanghai est une ville majestueuse, gigantesque dans toutes ses proportions, moderne, mais qui a du sacrifier à certaines de ses traditions (les frontières de la vieille ville ne cessent de reculer au profit des gratte-ciels). Cependant, des réminiscences de « l’autre Chine » subsistent : au détour d’une rue passante, nous nous sommes retrouvés dans une petite avenue en terre battue ou des chariots de marchands de fruits cohabitaient avec des étales de poissons et autres artisans. Un contraste saisissant entre un tableau du XXIème siècle et un 300 ans plus âgé à seulement quelques mètres d’écart, c’est visiblement ça aussi Shanghai. Mais nous n’avons encore rien vu, les jours suivants nous en diront plus…

De retour à l’auberge, nous décidons de grignoter quelques dumplings (raviolis à la vapeur chinois aux légumes et à la viande) dans la salle commune. Celle-ci est très animée, d’autres backpackers discutent autour du billard et de quelques bières. Nous faisons la connaissance de Martin, un ingénieur chilien revenant de 2 mois de périple en Russie, Mongolie et Chine. Quand nous lui expliquons notre voyage et notamment notre passage au Chili, il nous propose gentiment de nous aider à imaginer notre itinéraire. Nous passerons ainsi 3h à parler de l’Amérique du Sud (il nous a vraiment donné envie d’y être, nous avons hâte !) puis avons dérivé sur quelques anecdotes chinoises et il nous a finalement donné un avant goût pittoresque de ce qui nous attendait lors de notre voyage pour Hong Kong en train couchette mercredi prochain…! Mais nous verrons tout cela plus tard… Pour l’instant nous allons nous coucher, il est ici 1h du matin et la journée commence tôt demain !


Chine, Jour12

Ce matin direction le zoo de Shanghai ! Oui on sait, on a plus 8 ans ½ mais Hadrien rêvait de voir des pandas... En pleines vacances scolaires chinoises le site était bondé mais valait vraiment le détour. Le zoo de Shanghai est le plus grand de Chine et nous avons vite compris pourquoi : il regroupe absolument tous les animaux possibles. Du léopard à l’éléphant, aux girafes, rhinocéros, gorilles, serpents, poissons, tortues de mer et évidemment, pandas. Nous sommes arrivés aux alentours de 11h, et avons commencé le grand tour par le vivarium hébergeant des serpents et crocodiles surprenants. Malgré des chinois toujours aussi indisciplinés, l’un d’eux allant jusqu’à cracher sur un crocodile (no comment), nous avons bien profité du spectacle et avons vu de beaux animaux que nous ne reverrons sûrement jamais dans notre vie. (PS : Julia, on a beaucoup pensé à toi pour les pandas !).

Un petit détour par l’hôtel pour aller chercher de la crème pour soigner nos nombreuses piqûres de nos amis moustiques qui ne nous ont pas épargné durant notre escapade zoologique. Nous avons ensuite diné pour quelques yuans dans un petit restaurant dans notre quartier et avons décidé de prendre le chemin de Pudong, le quartier des affaires, pour aller admirer la vue du haut d’une des très hautes tours. Monter dans le World Financial Center juste pour admirer la vue coûte 100 à 150 yuans. Marion avait lu dans le Lonely Planet qu’il y avait un bar dans la tour et s’est donc dit que pour le même prix ou moins nous pourrions admirer la vue panoramique en buvant un petit cocktail. Mais nous ne nous attendions pas à ce que le bar en question soit le luxueux Park Hyatt et nous ne nous attendions pas non plus à ce qu’il y ait un minimum de consommation deux fois plus élevé que ce que nous aurions payé en montant juste dans la tour… ! Mais bon au final nous avons passé un super moment (nous avons appris avec joie que le frère de Marion avait réussi l’ESSEC !) et nous réduirons un peu plus le budget demain !


Chine, Jour13

La météo, l’auberge de jeunesse, le vent, le ciel, même les dieux annonçaient des torrents pour cette journée de fête nationale française…Bien vu… Nous, on avait jamais vu autant d’eau s’abattre en si peu de temps en un même lieu. Mais nous allons y revenir. Du coup en se levant, nous nous sommes dit : « samedi pluvieux, bah samedi musée alors ! » Et Shanghai compte parmi les plus beaux musées de Chine, dont le célèbre Musée de Shanghai que nous avons donc eu la chance de visiter. La chance, non seulement car les collections y sont très belles, mais encore plus car atteindre le musée a relevé de l’exploit. Pour tout dire, en sortant de la bouche de métro, le temps était si chaotique qu’on s’attendait presque à voir débarquer Noé et son arche pour nous sauver… Au lieu de ça, c’est un vendeur de parapluie Chinois, qui, pour 10 yuans nous a fourni un abri sommaire. De toute façon la violence de l’orage était telle que tous nos efforts pour rester au sec sont restés vains. Résignés, nous nous sommes donc mouillés avant de pouvoir admirer les calligraphies, statues, meubles et autres peintures de la Chine ancienne et moderne. Une journée humide mais enrichissante en somme. Ah oui, dernière nouvelle, Marion a fait la rencontre d’un blaberus giganteus, plus communément appelé cafard, colocataire d’un soir (ou plutôt de quelques minutes, le temps que le courageux Hadrien terrasse le monstre). C’était son premier cafard, elle s’en souviendra, lui aussi, on ne sait pas qui a eu le plus peur entre Marion et le pauvre animal, en tout cas tout l’hôtel a du être au courant de la rencontre, vu le cri d’orfraie poussé…


Chine, Jour 14

La météo a été plus clémente aujourd’hui : pas vraiment de soleil, mais il n’a pas plu, c’est déjà ça ! Après un déjeuner dans la concession française non loin de l’auberge, nous nous dirigeons donc vers « People’s Square » (rien à voir avec la place du Peuple de Saint-Etienne, on a vérifié) où une foule dense de chinois se masse à l’entrée nord. De nombreux stands avec des centaines de feuilles écrites en mandarin, parfois accompagnées d’une photo, se dressent dans les allées du parc…Vous regarderez les photos, on a mis un peu de temps à comprendre de quoi il s’agissait : le premier d’entre vous qui trouve (envoyez-nous un mail) reçoit une photo exclusive de notre voyage ;).

En nous baladant dans le parc, nous tombons presque par hasard sur le MOCA (Museum of Contemporary Art) de Shanghai où se tient pour le dernier jour une exposition de pièces exclusives du joaillier Van Cleef & Arpels. Après un peu de forcing féminin, nous voilà partis pour trois heures (!) de visite. C’est beau, ça brille, ça valait le coup, et… la prochaine destination de l’exposition est le Musée du Louvre à Paris. C’est vrai, ca n’a rien à faire là, mais si ça peut inspirer certaines d’entre vous, Hadrien pourra partager ses souffrances avec certains. A bon entendeur ;)

Après quelques dernières photos, nous nous dirigeons vers le « Bund » balade historique le long du fleuve traversant Shanghai. Là encore beaucoup de monde, puis moins au fur et à mesure de la balade. Nous avons marché trois bonnes heures avant de prendre un repas bien mérité et de rentrer à l’auberge afin de préparer la suite du voyage, et notamment le programme au Népal !


Chine, Jour 15

Pour notre dernier jour à Shanghai, nous décidons de nous rendre à Qibao, un quartier connu pour ses canaux sous le nom de « water town ». Les boutiques traditionnelles côtoient les restaurants à fleur d’eau et les stands de street food fumants, le tout dans une ambiance très chaleureuse. Nous déambulons quelques temps dans le quartier, le temps pour Hadrien de poser pour une photo avec un chinois (trop content que ce soit enfin son tour) avant de nous arrêter manger des noodles grillées au bord de l’eau. Le temps se couvrant, nous reprenons le métro en direction du centre ville et après un rapide crochet par l’auberge, nous retrouvons Jade, une amie de Marion qui travaille à Shanghai, pour un sympathique diner dans le quartier de Jing’an Temple.

Après le dîner, nous nous baladons dans le quartier très vivant dont les grands magasins sont ouverts tard le soir. Nous nous retrouvons par hasard dans un grand supermarché aux nombreux produits occidentaux et nous amusons de retrouver un camembert Prédisent dont les parts sont vendues à l’unité au prix d’or. Nous retournons ensuite à l’auberge préparer nos sacs ; demain départ pour 18h30 de train destination Hong Kong en hard sleeper class !


Chine, Jours 16 et 17

Mercredi matin, nous nous levons tôt, bien décidés à profiter des quelques heures que nous avons devant nous pour nous dégourdir les jambes avant nos longues heures de train. Sur les conseils de Jade nous partons visiter Jing’an Temple, temple dont la particularité est d’être enclavé en plein cœur des gratte-ciels de Shanghai. Le temple est vraiment magnifique, c’est la première fois en Chine que nous trouvons un temple aussi bien restauré, avec des grosses colonnes en bois taillées dans un seul tronc d’arbre, si bien que l’une d’entre elles a encore le nœud qui annonçait la naissance d’une branche. Beaucoup de fidèles s’y recueillaient lorsque nous y étions et allumaient des bâtons d’encens à partir d’un foyer brûlant au cœur de la cour.

Nous sommes sortis du temple vers 13h, puis sommes rentrés à l’auberge préparer nos sacs et faire quelques courses pour le train. Par chance - euh plutôt parce qu’avec Hadrien ce n’est pas une option  - nous arrivons 2h avant à la gare pour prendre notre train. Après avoir fait la queue pour le scanner de la sécurité, puis la queue pour rentrer dans la salle d’attente, un employé essaie de nous dire que nous ne sommes pas au bon endroit et nous fait signe de sortir de la gare… Hum, pas très rassurant, nous essayons de comprendre un peu mieux mais nous sommes déjà sortis de la queue poussés par la foule. Un autre employé nous fait comprendre qu’il faut sortir de la gare et aller sur la droite. Bon on tente, on sort, on repasse le contrôle de sécurité, et on cherche à droite l’endroit où nous devrions aller. Plus que 40min avant notre train, sachant qu’il faut toujours prévoir au moins 30min d’attente avant de pouvoir rentrer dans le train. Et puis nous comprenons ; sur la droite se trouve un espace de quarantaine puis de douanes chinoises. HK dispose en effet d’un régime spécial au sein de la Chine et en prenant ce train nous quittons définitivement le territoire chinois, ce que nous devons signaler. Après ce passage administratif qui ne prendra finalement qu’un quart d’heure nous nous retrouvons dans la queue d’une salle d’attente pour notre train. Et puis le coup de sifflet est donné, toute la salle d’attente se presse vers son wagon et nous prenons place dans les « compartiments » 17 et 18. Nous sommes donc en hard sleeper, la plus basse classe couchette du train T99 : pas de porte qui ferment les compartiments et 6 lits dans 3m² au lieu de 4 lits. Mais cette classe a au final ses avantages par rapport à la classe soft sleeper, nous ne sommes pas « enfermés » et avons deux fenêtres, celle de notre compartiment et celle du couloir. Nous nous souvenons qu’en nous vendant les tickets, la guichetière nous avait dit « top, top », et nous escaladons donc deux étages de couchettes pour arriver à nos lits. Escalader est le mot : il y a deux encoches pour les pieds tous les mètres. Nous comprenons ensuite que nous pouvons mettre un pied sur la couchette de nos colocataires pour nous aider quand même un peu… Arrivés là-haut, plus très envie de descendre, nous limiterons notre consommation d’eau pour ne pas y être trop obligés ! Par contre, il ne faut pas être claustrophobe, on ne tient pas assis et quand on est couchés, 30cm nous séparent du plafond ! Mais au final on y est bien, il y a une bonne couette et nous avons beaucoup de place pour mettre nos bagages. Nous découvrons petit à petit nos nouveaux colocataires, une vielle dame charmante et son petit-fils de 8 ans et deux dames de 50 ans. Au début nous n’osons pas trop quitter nos couchettes, de peur de déranger les dames qui dorment au milieu et aussi de se relancer dans l’acrobatie pour remonter. La nuit se passe bien, les lumières s’éteignent à 22h pile. Hadrien s’endort immédiatement et Marion bouquine (trop bien le Sari Rose, maman). Pas un bruit dans le wagon, à part de temps en temps une personne qui vient manger sa soupe dans le noir du couloir (drôle d’impression au début !).

Le lendemain matin nous sommes réveillés par le portable d’une de nos colocataires, puis un vieux monsieur qui se rafraîchit avec son ventilateur portatif et enfin une jeune femme qui chante. Passée l’étape « mais je suis où là ?! », la vie qui s’anime dans le wagon prend une allure charmante. Les gens discutent joyeusement, petit déjeunent (œufs durs et poulet) et font des allers-retours dans le couloir. Celui-ci devient petit à petit un vrai lieu de vie, où les passagers s’installent sur les strapontins et discutent. Hadrien dormant encore, Marion décide d’aller s’installer sur un des strapontins avec son livre pour profiter de l’ambiance qui règne dans le couloir. Au bout de 3min, une femme chinoise assez intriguée par le livre de Marion lui demande ce que c’est. Cette dame parle quelques mots d’anglais et a du coup tenu compagnie à Marion tout le reste du voyage. Grâce à elle, nous avons appris que train avait 3h30 de retard et nous avons pu voir notre voyage différemment : moins avec la hâte d’arriver puisque nous savions que le temps allait être long mais en profitant plus du voyage pour ce qu’il était. Cette dame, dont Marion n’a même pas su le nom au final, était de HK et revenait d’un voyage en Chine avec son mari. Ils avaient choisi de partir en voyage organisé et avaient été assez déçus par la tournure assez « commerciale » qu’avaient pris certains sites touristiques chinois. Elle avait connue comme nous l’expérience des « musées » de jade ou de soie qui s’avèrent être des usines dont les commerçants vous suivent à la trace pour que vous achetiez. Elle regrettait aussi qu’il n’y ait plus beaucoup de sites authentiques, l’héritage chinois notamment architectural ayant été pour beaucoup rasé pendant le communisme par, selon elle, de gens « peu éduqués ». Elle a aussi beaucoup parlé de HK, de la vie difficile des jeunes là-bas pour se loger et travailler dans des grandes entreprises où la pression était telle que les employés en haut poste (comme sa fille) travaillaient jusqu’à 2h du matin tous les soirs. Ces discussions furent très intéressantes et le voyage passa plus vite grâce à elles. Hadrien descendit ensuite et voulu jouer aux cartes. Ce moment fut très drôle et nous permis de nous rapprocher des gens de notre compartiment et notamment du petit garçon très timide depuis le début. Nous disputions une bataille fermée et le petit garçon visiblement très pris par le spectacle avait automatiquement choisi son camp et n’hésitait pas à le défendre ostensiblement. A chaque fois que Marion gagnait une carte, il criait « oooh YES ! » et quand Hadrien gagnait, c’était des « Oh noooo, no no no » !!

Après 22h de voyage (même pas mal !) nous sommes arrivés à HK sous un superbe soleil. Après avoir trouvé notre auberge de jeunesse située sur la presqu’île de Kowloon, nous avons rejoint l’île de HK pour un diner dont nous rêvions depuis 24h de gâteaux et de brioche dans le train, des sushis ! La nuit tombant, nous avons rejoint le quartier très animé de Wai Chan où nous devions retrouver un ami d’Hadrien. En l’attendant nous sommes allés admirer la très belle vue de l’île de HK sur les buildings de Kowloon. Nous avons ensuite retrouvé Olivier dans la fameuse Hennessy Road puis sommes rentrés à l’auberge.


Hong Kong, Jours 18

Grand ciel bleu ce matin quand nous ouvrons les volets de notre chambre ; la journée s’annonce bien ! Au moment du check-out nous recevons justement un mail de Sébastien et Sylvie, les cousins de Marion qui nous proposent de déposer nos affaires chez eux (ils nous accueilleront gentiment les 3 jours suivants). Nous partons donc vers leur bel appartement déposer nos affaires, dire bonjour au petit Doud et repartir direction le Peak d’HK. Nous empruntons le mythique tramway jusqu’à la plus haute terrasse panoramique de HK où une superbe vue nous attend. En redescendant nous nous baladons dans les grandes avenues commerçantes, avant de reprendre le Ferry et retrouver les cousins de Marion qui nous ont invités à l’inauguration d’un restaurant italien par un de leurs amis. Nous passerons une super soirée tous les 4 autour de bon jambon cru italien, parmesan et champagne… Nous qui croyons que les produits occidentaux devaient manquer à la longue en expatriation, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait en fait tout ce qui fallait !


Hong Kong, Jour 19

Aujourd’hui, direction Macao. Après un super petit déjeuner à la française comme on n’en avait pas eu depuis trois semaines, nous filons au terminal des ferrys pour Macao de Hong Kong. A peine rentrés, nous sommes littéralement harponnés par des agences de voyages voulant toutes nous vendre leurs dernières places sur le prochain ferry pour Macao. Après une rapide comparaison des prix, nous optons pour « Turbojet » et nous voila embarqués pour une heure de traversée sur un navire à grande vitesse. Macao est surtout célèbre pour ses casinos (quatre fois plus d’argent circule à Macao qu’à Las Vegas !), mais la « ville la plus pervertie du monde » selon Orson Welles possède un vrai patrimoine architectural hérité de son passé colonial portugais. Malgré le fait que l’île soit rattachée à la Chine depuis 1999, toutes les signalisations, rues et panneaux sont encore en portugais. Nous nous sommes donc promenés une bonne partie de l’après midi dans les ruelles charmantes de la vieille ville de Macao où de nombreuses maisons aux façades pastel rappellent certains villages méditerranéens.

Mais nous aurions surement raté quelque chose si nous n’avions pas testé un casino de Macao. Sur le coup des 15 heures, nous voila donc pénétrant dans un de ces lieux mythiques, bien décidés à nous rembourser le budget de notre tour du monde (ou au moins de la glace de midi !). Après un tour complet de la salle, nous nous laissons tenter par une machine à sous où nous perdrons 1 € assez rapidement… Après cette petite mise en bouche, nous prenons notre courage à deux mains, changeons 50 euros et nous dirigeons avec assurance vers une table de black jack. Une main heureuse et quelques bonnes décisions nous assurent un gain oh combien mirifique de 5 euros après un bon quart d’heure de jeu. Une vielle dame chinoise décide même de miser sur nous mais pas de chance, nous étions déjà sur la phase descendante ! Un tiens valant mieux que deux tu l’auras, nous décidons de quitter la table avec notre pactole et de s’en tenir à une observation passive des tables de jeux. Mais la fièvre du jeu ne tardant pas à nous reprendre, dans un élan de folie, nous dilapidons notre maigre gain à la roulette française et repartons donc sans gains, mais sans pertes !

Vers 18h nous reprenons le chemin du ferry et retrouvons Sébastien et sa famille chez eux pour un petit dîner sympathique avec une belle vue sur HK.


Hong Kong, Jour 20, 21 juillet 2012

Ça n’aura pas échappé à votre sagacité, certains de nos lecteurs les plus assidus nous ont demandé de mettre dorénavant les dates dans les titres, ce que nous nous efforcerons de faire. D’ailleurs si vous avez quelques suggestions que ce soit pour améliorer notre site, nous sommes ouverts ! Et tant que nous sommes dans les annonces, nous en profitons pour féliciter Didile (la maman d’Hadrien) qui a été la première à élucider le mystère des photos exposées à People’s Square Shanghai (voir Jour 14) : qui faisaient en fait partie d’une énorme foire aux célibataires en plein milieu de la ville où les parents venaient afficher les affiches de leurs enfants sous leurs meilleurs jours !

Voilà, maintenant venons en aux faits. Avant dernière journée à Hong Kong, avant dernière journée en Chine, et déjà une partie du voyage qui touche à sa fin… Mais le plus appréciable dans un tour du monde, c’est que quand il n’y en a plus, en fait il y en a encore, et l’habituelle nostalgie qui saisit chacun à la fin d’un si beau voyage nous parait beaucoup moins amère. D’autant moins amère qu’en cette avant dernière journée, nos guides de luxe (Seb, Sylvie et Doud) nous font découvrir un aspect sympathique de Hong Kong… ses plages ! Et les « nouveaux territoires » Hong Kongais recèlent de magnifiques plages naturelles. Nous avons donc eu la chance de profiter pendant 3 heures d’une eau à 30 degrés, d’une plage de sable fin et d’une vie aquatique que nous ne soupçonnions pas : en plus de beaux poissons rayés nous avons fait la connaissance de « concombres de mer », des molusques noirs tout en longueur qui tapissent les fonds marins par endroits. Un peu surprenant au début !

Après 3 bonnes heure de baignade, la chaleur étouffante nous conduit à nous restaurer dans le village voisin de Saikong avant de reprendre la route de Hong Kong. Retour à l’appartement, petite sieste et c’est déjà le moment de partir diner. Encore une fois, Seb et Sylvie jouent à merveille leur rôle et nous font découvrir un excellent restaurant chinois, le « Peking Garden » dans le quartier de Centrale où nous nous délectons de « dim sum » (raviolis chinois aux épinards ou au porc, fris ou cuits à la vapeur), de canard laqué, de tempuras aux crevettes et de sago mango. Le restaurant est très typique et nous assistons au « Noodle show », la façon traditionnelle de pétrir la pâte pour faire des nouilles, qui est en fait tout un art. Nous finirons donc notre périple chinois sur un super souvenir gustatif… Nous rejoignons ensuite des amis de Seb et Sylvie pour un dernier verre dans le quartier de Tsim Sha Sui. Une bonne journée qui s’achève donc sur une nuit bien méritée !


Hong Kong, Jour 21, 22 juillet 2012

Après une matinée fort utile (achat de parapharmacie pour la suite du voyage et de chaussures pour Marion), nous déjeunons une dernière fois à HK avec Seb, Sylvie et Doud dans un bar à sushi où l’on se régale. Mais notre avion pour Katmandu décollant vers 18h nous ne tardons pas et quittons avec regret Laguna Verde et les Champagne pour d’autres aventures… Arrivés à l’aéroport après quelques correspondances de bus, nous changeons nos dollars HK et nous dirigeons vers la sécurité. Nous ne sommes pas très en avance et courrons un peu pour arriver à notre Gate 67. Le vol se passe bien, avec plusieurs zones de turbulences dues à la saison des pluies. Nous faisons escale à Dacca au Bangladesh sans pour autant descendre de l’avion. La plupart des passagers nous quittent et nous ne seront qu’une trentaine à continuer vers Katmandu. Arrivés à l’aéroport vers 23h, le contraste est saisissant. A l’opposé des aéroports gigantesques de Chine, l’aéroport de Katmandu est tout petit, en briques rouges, lino gris et ventilateurs brassant l’air au plafond. Tout cela a un certain charme. Des tissus traditionnels nous « Welcome in Katmandu » et partout les gens nous adressent des sourires et sont disposés à nous aider. Vu l’heure tardive, nous craignons avoir un peu de mal à faire nos visas mais les démarches se sont déroulées plus vite que nous ne l’aurions imaginé. En 5 min et pour deux fois moins cher qu’en France nous voilà avec affublés de deux visas pour 15 jours au Népal !

En sortant, il fait déjà nuit noire (l’électricité est coupée à cette heure-ci) et nous tombons sur une foule de taxis drivers et népalais qui se battent pour porter nos bagages. Au milieu de la foule, nous apercevons un homme avec un panneau « Hadrien Colmant – Peak Point Hotel ». Ouf, nous avons trouvé notre chauffeur envoyé par la guesthouse. Il a juste le temps de nous glisser un « be careful, these are very bad guys, don’t give them your bags ». Nous nous dirigeons hâtivement vers sa voiture, entourés d’hommes qui nous suivent. Il cherchent tous à porter nos sacs et à nous aider à les mettre dans le coffre. Nous avons du mal à discerner qui accompagne le chauffeur parmi ces gens mais sur ses conseils nous mettrons nos sacs nous-même dans le coffre. Enfin dans la voiture, le chauffeur se présente, il parle très bien anglais et nous emmène dans le quartier de Thamel où se trouve notre hôtel. Nous traversons un Katmandu peu animé, l’électricité étant coupée par endroits. Nous croisons seulement quelques personnes réunies au coin d’un feu dans la rue. Après 20min de route nous arrivons dans Thamel puis au fond d’une allée, à notre hôtel. A l’accueil, nous rencontrons enfin Brihaspati, un jeune travaillant à la réception avec qui nous avons été en contact par mail pour l’organisation de trecks. Il est vraiment très gentil et nous apprend déjà quelques mots de népalais. Vue l’heure tardive, il nous propose de nous amener à notre chambre. La chambre est sommaire mais assez propre, avec des barreaux sur toutes les fenêtres. Surprise, dans la salle de bain, des barreaux aussi, mais pas de vitre ! Pas très rassurant quand il fait nuit noire dehors… Mais bon, cela nous permet d’avoir l’ambiance de la rue, le quartier est très animé et la musique bat son plein… Vu le nombre de moustiques dans la pièce nous décidons qu’il est temps de commencer les anti-paludéens. Et nous couchons impatients de voir ce qui nous attend demain !

PS : Vous trouverez maintenant la suite de nos aventures dans la page Népal !