Pas à pas, pays par pays, le récit de nos aventures

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Inde, Jour 29, 30 juillet 2012

Dernier jour au Népal, le réveil sonne à l’aube et nous descendons de notre chambre pour prendre un taxi qui nous emmènera à l’aéroport pour le « Mountain Flight ». Et aujourd’hui c’est bon, les avions décollent ! Nous nous installons dans la salle d’attente du « Domestic terminal » (vols nationaux) et attendons que l’hôtesse annonce l’embarquement du vol Gunna Airlines. Embarquement est un bien grand mot, un bus emmène les 10 passagers de l’avion et nous attendons 15min devant un minuscule avion où des techniciens inspectent les ailes, les roues, etc. On a l’impression s’ils se demandent si l’avion est en état de décoller, pas très rassurant… Puis un employé enlève les pierres placées devant les roues pour caler l’avion, à l’ancienne ! Le décollage se passe bien, on craint un peu que les épais nuages que nous avons devant les yeux nous empêchent de voir les sommets mais très vite nous gagnons de l’altitude et l’Himalaya apparaît. Nous longeons toute la chaîne, sommet par sommet et au bout de 45min nous voyons l’Everest. C’est vraiment très beau d’autant que l’hôtesse nous invite un par un à aller dans le cockpit admirer la vue et là le spectacle est saisissant ! La vitre est tellement claire et large que nous avons l’impression de foncer dans les sommets.

Après une heure de vol nous regagnons le sol. Nous rejoignons notre hôtel où nous faisons nos sacs pour préparer le départ. Un petit coup d’œil à l’actualité… Ah très bien, une énorme coupure d’électricité paralyse tout le Nord de l’Inde depuis 5h… A la bonne heure, nous décollons dans 2h pour New Delhi ! Après avoir dit au revoir à nos nouveaux amis du Peak Point Hotel qui nous offrent à chacun une écharpe porte bonheur, nous nous mettons en route pour l’aéroport.

L’embarquement ne pose pas de problème, et après 1h30 de vol avec Air India, nous nous retrouvons à l’aéroport ultra moderne de New Delhi : Indira Gandhi Airport. Nous retrouvons avec joie nos bagages, oui c’est le même soulagement à chaque fois (!) et nous dirigeons vers l’airport express pour rejoindre le centre. Nous sommes surpris de voir que l’aéroport est complètement vide… Mais nous comprenons vite pourquoi en nous rendant à la station d’airport express où 3 employés assis sur le sol nous expliquent qu’il ne fonctionne pas aujourd’hui. Bon, pas de problème, cela doit être du à l’électricité. Nous espérons qu’il sera rétabli pour aller chercher Raphaëlle, l’amie de Marion demain à l’aéroport… Nous nous dirigeons donc vers la borne de « Prepaid Taxi », le système le plus sûr car nous payons la course à la borne et donnons juste un reçu au driver. Mais à la borne, surprise. Pour payer la course de 350rs Hadrien tend un billet qu’il croit être de 1000 au guichetier qui lui dit « non ceci est un billet de 100, ce n’est pas suffisant ». Nous ne comprenons pas, nous venons de retirer des roupies au distributeur qui ne fournissait que des billets de 500 ou 1000… Soit l’ATM s’est trompé soit le guichetier a échangé le billet de 1000 contre un billet de 100 sans que l’on s’en aperçoive… Et les 10 indiens qui s’étaient regroupés autour de nous pendant la transaction (les touristes suscitent beaucoup de curiosité) ont peut être détourné notre attention une seconde. Bref nous sommes un peu vexés et ne pourront jamais savoir la véritable histoire…

Le taxi driver est en tout cas très sympa et nous discutons de politique indienne avec lui. Marion ayant fini son livre sur la dynastie Nehru/Gandhi et Hadrien étant en train de le lire, nous sommes supers contents de pouvoir en parler avec quelqu’un du pays et le livre se terminant en 2008, nous avons l’impression que la réalité rattrape la fiction. D’autant plus que nous voyons à tour de bras des hôpitaux/stations de métro/fondations Rajiv Gandhi, Indira Gandhi, etc. Pour l’instant, la ville ressemble à une capitale européenne, si l’on oublie la façon de conduire des conducteurs et les nombreux rickshaw. Mais très vite, nous entrons dans le quartier de Pahargang où se trouve notre hôtel et là, cela ressemble plus à l’idée que nous avions de l’Inde ! La petite rue de l’hôtel est en terre battue et les rickshaws/vélos/brouettes, vont dans tous les sens. Il y a un monde fou… Après avoir checked-in, et déposé nos bagages dans notre chambre, nous sortons dans la rue à la recherche d’un endroit où boire un verre, la chaleur et le plateau repas d’Air India nous ayant coupé l’appétit. Mais le concept de bar n’existe pas vraiment ici, l’alcool étant souvent interdit dans les établissements dans un pays à forte communauté musulmane. Après avoir sillonné la rue nous revenons sur nos pas et en trouvons un pas loin de notre hôtel. Après s’être désaltérés et avoir acheté de l’eau pour la nuit nous regagnons notre hôtel avec l’intention de nous coucher tôt car nous nous levons à 5h demain pour aller chercher Raphaëlle à l’aéroport.


Inde, Jour 30, 31 juillet 2012

Jour 30, déjà un mois que nous sommes partis ! Levés donc à 5h, nous attendons le taxi commandé par l’hôtel. Nous avons en effet appris que l’airport express ne fonctionne plus depuis 3 mois, il n’y a donc pas d’autre solution que de prendre un taxi… Notre driver est jeune et est propriétaire d’un van argenté avec un pare-choc fluorescent style disco, plutôt sympa (la voiture, son propriétaire un peu moins, vous verrez pourquoi plus tard). En route vers l’aéroport, il se met à pleuvoir des cordes. Nous sommes un peu stressés en regardant la route car le mauvais temps n’altère en rien la conduite toujours folle des véhicules… Arrivés au terminal 3 de l’aéroport, nous sommes surpris de voir qu’il faut payer un prix fort pour entrer dans l’aéroport. Nous attendrons donc Raph dehors avec les autres indiens. Nous la retrouvons avec joie au bout d’une demi-heure, un peu surprise par la chaleur moite de la ville ! Nous nous dirigeons vers le parking où nous attend notre taxi que nous avons du mal à retrouver car il a changé de place. En montant, il nous demande si l’on veut la clim dans la voiture. Oui, avec plaisir, nous la voulons. Il part ensuite passer un coup de fil puis revient vers la voiture et nous partons, à nouveau sous une pluie battante, vers le centre. Mais là, surprise ! Les routes sur lesquelles nous étions passés une heure avant sont maintenant complètement inondées ! D’environ 50cm… Heureusement de notre côté, une voie reste hors de l’eau et nous roulerons donc en file indienne sur cette voie. Mais arrivés à notre hôtel, mauvaise surprise. Le propriétaire de l’hôtel nous demande 100rs de plus que le prix de la course annoncé pour payer la climatisation ! En effet, le driver l’a appelé pour lui dire que nous voulions absolument la clim dans la voiture mais il ne nous avait évidemment pas dit que cela était payant. Cette fois-ci, nous ne lâchons pas, ils nous ont annoncé un prix pour la course déjà supérieur au Prepaid taxi, une parole est une parole. Nous préférons faire preuve de fermeté maintenant sinon pendant les 4 jours dans cet hôtel nous nous ferons avoir… D’autant plus que depuis le début le personnel de l’hôtel nous semble un peu louche et n’est pas très agréable. Le réceptionniste n’insiste pas.

Une fois avoir regagné notre chambre, nous commandons de délicieuses tartines en attendant que la pluie cesse de tomber. Nous décidons d’aller visiter le Fort Rouge ce matin, au cœur d’Old Delhi. L’aventure commence alors, Raph qui vient d’arriver plonge directement dans le vif du sujet ! Après nous être frayés un chemin parmi la foule, nous arrivons à New Delhi Railway Station, la gare à partir de laquelle nous prendrons notre train pour Agra vendredi. Nous cherchons le métro. Mais un employé de la gare (ou un rabatteur de rickshaw nous ne saurons jamais) nous explique que cet arrêt de métro n’est pas accessible et que nous devons prendre un rickshaw pour aller à la prochaine station de métro qui est à 4km. Hadrien est sceptique, d’après le plan du Lonely Planet il ne semble pas y avoir plus d’1km de distance. Nous décidons donc d’y aller à pied et en effet, la station n’est pas loin. Sur le chemin, beaucoup d’indiens cherchent à nous emmener au métro et nous suivent. Comme ici tout se monnaye, il est difficile de distinguer ceux qui vous parlent par curiosité ou pour vous demander ensuite un tip. Un indien à l’allure d’un « Papa Ours » discute avec Hadrien et lui dit de ne jamais monter dans un rickshaw ; ils vous disent que la course coûtera 20rs et vous en demandent 200 à la fin. Tiens, cela nous rappelle une expérience avec un rickshaw en Chine ! Grâce à son aide et au Lonely Planet nous trouvons vite la station de métro qui était en effet qu’à 10min de marche.

Nous découvrons pour la première fois le métro indien. Comme en Chine, il est très moderne, tout en marbre et très propre. Après avoir acheté un pass illimité pour 3 jours et rejoint notre quai, nous sommes surpris de voir qu’il existe un wagon spécialement réservé aux femmes. Mais par solidarité pour Hadrien et tant que le métro n’est pas bondé, Raph et Marion resterons dans le wagon commun. Nous descendons à la station du Fort Rouge Chandni Chowk. En sortant nous tombons sur un marché et il est encore une fois difficile de se repérer ! D’autant que nous sommes encore interpellés et suivis par des rickshaws qui veulent nous emmener au Fort. Mais nous trouvons vite notre chemin grâce aux remparts du Fort qui apparaîssent au bout de l’avenue. En entrant dans la citadelle, nous sommes frappés par une chose, les lieux touristiques sont vides et la rue bondée, l’opposé de ce que nous connaissons en France ! En visitant le Fort, nous apprenons que c’est un lieu historique en haut duquel les Premiers Ministres s’expriment souvent. Sa couleur rouge est assez frappante et nous passerons 2h à nous promener dans les jardins peuplés d’écureuils.

En sortant nous décidons d’aller déjeuner chez « Karim’s », un restaurant typique conseillé par tous les guides et des amis à nous. Mais pour y arriver, nous plongeons dans une longue rue noire de monde, qui se prolonge en un marché où la pauvreté est frappante… Cette rue mène sur une très belle Mosquée tout près du restaurant. Mais pas de chance, le restaurant est fermé. N’ayant pas encore complètement faim, nous décidons d’aller visiter la Mosquée. Hadrien ayant les mollets découverts et Raph un t-shirt à manches courtes, on leur prête deux robes de chambres à fleurs et à carreaux très voyantes. Je n’ai pas le droit de mettre ces photos mythiques en lignes mais il fallait nous voir, les 3 touristes ! Notre accoutrement n’a pas manqué d’attirer tous les enfants et la Mosquée et très vite un groupe s’est formé autour de nous pour nous prendre en photo. Hadrien et Marion se sont progressivement habitués à la curiosité déclenchée par les touristes, mais pour Raph arrivées 5h auparavant, ce n’est pas une partie de plaisir ! L’ambiance devenant un peu oppressante (le groupe nous suit à chaque pas que nous faisons) nous écourtons la visite…

De retour dans la rue nous nous mettons en route pour un autre restaurant près du métro. Celui-ci est ouvert et nous goûterons un Tandori Platter, un mélange de naan, de fromage spongieux aux épices, d’onions au cumin, de sauce à la coriandre… Un peu épicé mais bon ! Puis nous rentrons à l’hôtel en métro, en descendant à la New Delhi Station de ce matin, comme quoi elle existe bien.. Arrivés à l’hôtel, fatigués par la chaleur, le décalage horaire pour Raph et la journée active nous nous endormons de 17h pour nous réveiller à …. 23h !! Plus le temps de sortir manger, nous papotons et nous rendormons jusqu’au matin !


Inde, Jour 31, 1er août 2012

De grosses gouttes tombent et résonnent sur le métal du climatiseur de notre chambre : la matinée aura été largement arrosée du côté de Delhi. Ce n’est pas forcément pour nous déplaire, la chaleur étouffante, le bruit, et le décalage horaire pour la dernière arrivée nous contristent de fatigue. Le ciel se calme vers 11h30. Nous petit-déjeunons et partons pour une après-midi placée sur le signe de la culture et de la découverte de l’histoire de l’Inde avec au programme les visites des mémoriaux d’Indira Gandhi et de Nehru, deux grands artisans de l’indépendance et de l’émancipation de l’Inde.

Nous nous passionnons rapidement pour cette dynastie de politiciens qui a su unifier, redresser, et donner un certains élan à ce pays multi culturel, mutli religieux et multi ethnique de plus de 1,2 milliards d’habitants. Cependant, et nous nous en rendrons rapidement compte, comme l’a souligné Ravij Gandhi, fils d’Indira « il y a encore bien plus à faire que ce qui n’a été fait dans ce pays ». C’est vrai, mais souhaitons à l’Inde de trouver d’autres dirigeants de la trempe des Nehru-Gandhi pour continuer à faire grandir ce pays. En tout cas, nous avons trouvé le récit de leurs aventures, leurs idées et leur courage politique passionnants. Et pour ne rien gâcher, le mémorial de Nehru se situe dans une superbe maison coloniale entourée de vastes jardins ou les paons et les singes nous ont tenu compagnie pour une agréable balade.

Il est déjà 17 heures, et nous décidons de finir la journée par la visite de la tombe d’Humayun, empereur Moghol dont l’édifice funèbre aurait fortement inspiré le Taj Mahal. Pour le transport, nous prenons notre courage à deux mains et décidons de tenter « l’auto rick-shaw ». Après quinze minutes de recherche, un premier rick shaw nous aborde. Il faut savoir qu’un rick shaw est en fait une moto taxi, avec (normalement) un compteur pour le paiement. Sauf que tous les rick shaw préfèrent avec les touristes jouer le coup du compteur en panne ou avouer, très honnêtement, que le compteur ne représente pas une juste rémunération. Bon, le prix de la course étant dérisoire, nous nous laissons convaincre. Et arrivons à l’entrée de la tombe d’Humayun.

Ce lieu à quelque chose de mystique. Imaginez, en plein cœur de Delhi, une enclave de plusieurs hectares, où se dressent devant vous des séries de temples, de mosquées et de mausolées séparés par d’épais murs rouges ponctués de portes somptueuses. L’endroit est tout simplement grisant, on se prend pour des explorateurs découvrant ces monuments centenaires pour la première fois. Le parc n’a d’ailleurs rien à envier à l’architecture des monuments, et nous nous attardons jusqu’à la tombée de la nuit dans ce lieu si particulier.

Nous cherchons le métro pour nous rendre dans un restaurant indien visiblement sympa du côté de Connaught Place. Les indications ne sont pas vraiment le fort des Indiens, notre carte n’est pas très précise, et nous passons un bon moment à déambuler dans les rues alentours sans résultat. Cette escapade nous aura permis de constater, qu’en Inde peut être plus qu’ailleurs, la pauvreté est omniprésente et visible. On ne peut réprimer un sentiment mêlé de tristesse, de compassion mais aussi un choc, tant nos vies quotidiennes sont à mille lieux de ce que l’on voit. Il commence à se faire tard, nous abandonnons l’idée du métro et nous faisons déposer en rick shaw (décidément, on devient adepte) non loin du restaurant où nous dégustons de délicieuses spécialités indiennes avant de rentrer à l’hôtel. Cette journée se termine, et un sentiment étrange se fonde en nous : Delhi est une ville turbulente, tournoyante, voire un peu traumatisante. Marcher dans ses rues, c’est toujours être à l’affût d’un tableau inhabituel, que ce soit celui d’une condition humaine insoutenable ou d’un havre de paix majestueux. Pour l’instant, l’Inde n’est pas le pays du juste milieu, et cette tension perpétuelle crée un certain malaise, ou plutôt, un certain vertige. Nous nous reposons donc en attendant de voir avec quel nectar l’Inde compte nous enivrer demain…


Inde, Jour 32, 2 août 2012

Nous avons trouvé notre rythme et nous levons donc en fin de matinée. Aujourd’hui la chaleur est à son paroxysme et nous peinons à nous mouvoir jusqu’au métro. Après un rapide passage par Khan Market qui s’avèrera finalement assez banal (occidental), nous nous dirigeons vers le Lodi Garden, autre havre de paix au milieu du quartier des ambassades à Delhi.

Ce large jardin s’étend sur plusieurs hectares et cache en son cœur des merveilles que nous découvrirons plus tard. Pour l’instant, il est encore tôt dans l’après-midi et nous sommes à la recherche d’un peu de fraicheur. Le Lodi Garden répond parfaitement à nos aspirations avec ses grandes pelouses verdoyantes entrecoupées d’allées et de cours d’eau dans lesquels des oies sauvages s’ébattent tranquillement. Nous nous reposons à l’ombre d’un bougainvillier en fleurs avant de reprendre notre balade et de découvrir deux magnifiques monuments de style mogholes qui se font face, une tombe et une mosquée. Cette architecture est décidément éblouissante, le contraste entre l’ocre des bâtisses et le vert des jardins nous laisse pantois tandis que les détails architecturaux témoignent de la grandeur de cette dynastie.

La fin de la journée approche, nous prenons un repas rapide non loin du jardin avant de rentrer nous coucher car le réveil est prévu à 6h le lendemain, direction Agra et son Taj Mahal !


Inde, Jour 33, 3 août 2012

Départ à 6h30, le taxi nous dépose à la « petite » gare de Nizamuddin où notre train prévu à 8h40 part à …8h40 ! Une chance apparemment. La gare est pleine de vie et nous sommes surpris de voir que quelque soit le niveau de vie des gens, tous mangent, dorment ou discutent assis par terre. Après un petit déjeuner express à base de samosas aux légumes nous nous mettons à la recherche de notre quai et train. Le notre est bleu et comme tous les trains en Inde il n’a pas de vitres mais des barreaux, ce qui est finalement bien pratique pour compenser la chaleur intense des trajets. Nous trouvons notre train et nous embarquons dans le wagon Sleeper 5 à l’entrée duquel, à notre grande surprise, sont affichés nos 3 noms au milieu de la longue liste des passagers. Quelle organisation au milieu de ce qui ressemble à une fourmilière géante ! La classe sleeper que nous avons réservé consiste en une série de compartiments ouverts sur le couloir. Il y a trois étages de banquettes : Low middle et Upper mais en journée, les passagers s’assoient sur la couchette du bas. Nous nous installons à nos places et sommes vite rejoints par un indien qui comme beaucoup d’autres avait vu le train précédant être annulé… Contre un petit billet dans la poche du contrôleur, il réussit à prendre place dans notre train sans problèmes. C’est visiblement monnaie courante en Inde.

Nous passerons le voyage à discuter avec lui de nos pays respectifs, de nos cultures, ainsi que de la vision que nous avons de chacun de nos pays. Ce fut intéressant de constater les différences de vision sur l’Histoire, la politique et l’actualité d’un pays à l’autre. Nous finissons la discussion par une séance photo endiablée en plein milieu du train ! Hadrien reste celui qui a connu le plus de succès auprès de notre ami Rishi qui tenait à prendre la pose avec lui.

Nous arrivons à Agra sur les coups de midi et nous dirigeons vers notre hôtel situé à quelques encablures du Taj Mahal. L’établissement est flambant neuf, et la chambre très moderne…la basse saison dans ce lieu hautement touristique et la vie à trois nous permettent de profiter de ce joli établissement avec piscine sur le toit ! Une bonne coupure après nos un mois sac au dos.

Nous profitons de l’après-midi pour découvrir le fort d’Agra, immense bâtisse en grès rouge aux contreforts sculptés et aux cours vertes et ombragées. Même style que le fort rouge de Delhi (remarquez, il s’agit du même empereur), mais on sent que ce fort à été plus longuement habité et peut être mieux conservé. Nous reprenons ensuite notre auto-rickshaw habilement mené par « Lala », Indien liliputien dont la sympathie était inversement proportionnelle à la taille. Un vrai Toulouse Lautrec bollywoodien qui n’hésitait pas à nous gratifier de « Lala Ouhh lala » parmi d’autres jeux de mots sur le parcours nous menant jusqu’au point de vue sur le Taj Mahal au coucher du soleil. Sur l’autre rive de la rivière s’écoulant devant le Taj, nous nous installons sur un banc de brique pour admirer le coucher de soleil et la lumière rouge orange devant illuminer l’édifice. Malheureusement le temps nuageux rendra le spectacle moins féérique, mais le spectacle reste saisissant !

Lala nous raccompagne à l’hôtel où nous dinons sur le toit avant de nous autoriser un bain de nuit rapide car nous nous levons à l’aube pour aller admirer, cette fois-ci de près, le majestueux Taj Mahal.


Inde, Jour 34, 4 août 2012

Levés à 5h15, nous descendons la longue Taj Road qui nous mène jusqu’à la porte est de l’enceinte. Après avoir traversé une arche, nous tombons nez à nez avec la septième merveille du monde, au bout du long canal en marbre du jardin ornemental. Même si nous avons vu beaucoup de photos, même si le temps nous empêchera de voir le soleil se lever derrière lui, la vue de ce grand édifice parfaitement harmonieux reste vraiment magique. D’autant plus quand on sait que l’empereur Shah Jahan a fait construire cet édifice pour accueillir le tombeau de sa femme adorée morte en couche. Selon la légende, il aurait ensuite fait couper les mains de tous les ouvriers qui ont participé à la construction pour que jamais ils ne bâtissent quelque chose de plus beau. Pour rajouter à sa beauté, le mausolée est habilement dressé sur une plateforme qui ne laisse que le ciel en toile de fond. C’est assez fou de se dire que l’architecte qui a pensé un édifice jamais égalé n’est même pas connu… Seul le nom de l’empereur est resté. Bref, nous passerons 2 bonnes heures à nous promener dans les jardins et le mausolée.

De retour à l’hôtel, nous petit déjeunons copieusement en sachant que la journée sera longue : nous prenons ce soir un train de nuit de 12h pour Varanasi ! Après avoir refait nos sacs à dos, nous rappelons le taxi driver d’hier qui nous avait proposé de nous amener à Fatepuhr Sikri, une citadelle fortifiée à 40km de Varanasi, construite au 16ème siècle par l’empereur moghole Akbar. L’histoire veut que l’empereur ait consulté un saint à Sikri qui lui prédit la naissance d’un héritier. Lorsque la prophétie se réalisa, l’empereur déplaça la capitale à Sikri et y fit construire cette cité.

Pour la première partie de la visite, nous nous sommes promenés dans les vestiges des trois palais qu’Akbar avait fait construire pour ses trois épouses, une musulmane, une hindoue et une chrétienne. Ceux-ci ont été vraiment bien conservés et nous garderons en tête les indiennes dont les saris jaunes, rouges, oranges ajoutaient une touche parfaitement harmonieuse aux allées de colonnes de grés rouges. Raphaëlle et Marion auront été marquées par leur élégance ; quelque soit leur niveau de vie, elles sont toujours maquillées et enveloppées dans de beaux saris. Ces couleurs sur le rouge des murs et le bleu du ciel nous laisseront de belles images en tête…

Nous nous dirigeons ensuite vers Jama Masjid, l’immense et splendide mosquée adjacente aux palais. Nous visitons notamment à l’intérieur un tombeau tout en marbre dans lequel les couples sans enfants viennent implorer le ciel pour avoir un fils, à l’instar d’Akbar à son époque. Pour cela ils nouent des fils de laine aux quadrillages de marbres ornant le tombeau.

Le temps pressant, nous rejoignons notre taxi driver et rentrons à Agra. Là-bas nous retrouvons Arif, notre taxi driver du premier jour qui nous a organisé l’A/R à Fatepuhr Sikri. Il a toujours le même aspect rebutant qu’hier : du sang plein la bouche et une grosse boule diforme dans la joue. Mais aujourd’hui la boule est de l’autre côté de son visage. Bizarre… Nous comprendrons par la suite qu’en fait il fait le Ramadan et pour compenser son envie de manger pendant la journée il chique du tabac. Selon Hadrien, il se ferait aussi saigner la joue pour que la nicotine pénètre plus rapidement. Mmmh ! Nous avons 4h à attendre avant notre train. Comme d’habitude il veut nous emmener dans des boutiques où il touche des commissions rien qu’en nous y amenant. Nous ne sommes vraiment pas intéressés mais il est vrai que nous avons du temps à tuer. C’est donc parti pour le grand chelem : le fabriquant de marbre incrusté, le joaillier où nous découvrons de belles pierres et le fameux marchand de tapis ! L’épisode chez ce dernier a été particulièrement drôle, le vendeur était sympa, il se doutait bien que des étudiants comme nous n’étaient pas le client idéal mais ne voulait pas lâcher l’affaire et a donc commencé au tapis de 3x3m, 2x2m, 1mx2m… à 30x30cm… Qu’il nous a vendu comme le tapis de souris idéal ! Hadrien a failli céder pour faire une blague à sa mère mais s’est raisonné …

Après un court dîner à base de riz et de coca (oui nous jouons la précaution au niveau du menu car nous n’avons vraiment pas envie d’être malades dans les toilettes des trains indiens…), Arif nous dépose à la gare d’Agra une heure avant notre train qui est, par chance, à l’heure ! 1h plus tard notre train arrive en gare, et ce n’est apparemment pas son premier arrêt. Nous traversons notre wagon et beaucoup de pieds à hauteur de notre tête avant de trouver nos places. Hadrien et Raphaelle au dernier étage et Marion au deuxième. Comme nous avons lu qu’il y avait de nombreux vols sur ce train nous dormirons avec nos gros sacs en taie d’oreiller et donc avec peu de place sur des couchettes en sky un peu dures. Mais il est déjà tard et après quelques minutes nous nous endormons.


Inde, Jour 35, 5 août 2012

Réveillés à 6h30 par l’animation régnant dans le train, nous ouvrons les yeux pour nous apercevoir que notre wagon s’était bien vidé…Un peu mal au dos, mais finalement nous n’avons pas mal dormi…Marion profite de la matinée pour discuter avec deux jeunes indiens revenant d’un concours d’éloquence à Agra alors qu’Hadrien et Raphael peinent à s’extirper de leur sommeil. Le train est à l’heure et nous arrivons à Varanasi vers midi. Plus que de coutume, la gare est vraiment typique, on croise la bagatelle de trois vaches sur les quais et dans le hall avant de nous engouffrer dans un pre-paid taxi direction la Rahul Guest House non loin du Assi Ghat.

La guest house est une maison familiale tenu par 4 générations. Le personnel est adorable et notre chambre, absolument flambant neuve, est décorée dans un style que nous n’hésiterons pas à qualifier de « néo-seventies », assez décalé par rapport à l’endroit. Nous nous reposons et allons nous promener au bord du Gange avant de diner en terrasse à l’indienne, assis sur le sol jambes croisées autour d’une table basse. Nous découvrirons les autres Ghat demain avant de profiter d’une balade en bateau sur le Gange au coucher du soleil.


Inde, Jour 36, 6 août 2012

Nous profitons d’un bon petit déjeuner sur la terrasse de notre guest house surplombant le Gange. Le temps est de la partie aujourd’hui, et après les toasts à la banane et autres bols de céréales terminés, nous sommes impatients d’explorer plus en profondeur la ville.

Varanasi, anciennement appelé Bénarès, est une ville sacrée pour les Hindous. Très clairement, on nous annonce qu’ici, on vient pour mourir. En effet, dans la croyance hindoue, mourir à Varanasi permet de rompre le cycle des réincarnations et d’accéder directement au Nirvana. En déambulant dans les rues étroites, au détour d’un Ghat donnant sur le Gange, on s’imprègne peu à peu de cette ambiance particulière : la vie est moins rythmée, moins trépidante qu’ailleurs, le rythme est plus calme. Ici, on sent un certain bien-être, le sentiment d’une fin heureuse, assumée et presque voulue ; comme si le temps s’arrêtait et que, au final, le voyage qui s’annonçait emplissait le cœur de bonheur. Les rues calmes, paisibles, contrastent avec la cohue que nous avons vécu à Delhi ou Agra, et nous nous relaxons un long moment sur les bords du Gange avant de déguster un bon Lassi (boisson au yaourt) dans un café en ville.

18 heures sonnent et le bateau nous attend pour voir la ville sous un autre angle, côté Gange. Le soleil commence sa longue descente derrière l’horizon tandis que nous voguons à la rame sur les eaux tumultueuses du fleuve sacré. Au loin, les premières fumées des ghat incandescent donnent de la profondeur au tableau. Nous poursuivons notre descente au gré des cris d’enfants qui nous saluent sur les berges, et arrivons en face des buchers ardents emportant dans leurs flammes orangées les corps des défunts. Nous connaissions ce spectacle depuis Pashupati au Népal, mais l’atmosphère est vraiment mystique. Nous nous approchons ensuite de la berge pour assister à la prière quotidienne des prêtres hindous au Gange, mélange artistique de cloches, de tambours et de pyrotechnie.

Il fait nuit noire, la prière est finie. Le vrombissement du moteur de notre barque brise le silence. La saison des pluies rend le Gange difficilement praticable à contre courant. Le son rauque du moteur nous bercera jusqu’au retour. Les orages grondent au loin et déchirent le ciel de leurs puissants éclairs, comme une résonance céleste des buchers terrestres. L’atmosphère est surréaliste, les éléments se mélangent dans une joyeuse cacophonie sensorielle, et lorsque nous débarquons sur les marches du jardin juxtaposant notre guest house, nous sommes un peu déboussolés. Marion et Raphaëlle allument une dernière bougie sur lit de rose que le Gange emmènera au loin, comme un dernier hommage à cette soirée si particulière…


Inde, Jour 37, 7 août 2012

Après le traditionnel petit déjeuner devant le Gange (on ne s’en lasse pas), direction les ghat du Nord et le Golden Temple. Vârânasî compte des centaines de temples, le Golden Temple est visiblement le plus connu. Une fois arrivée sur place, après un interminable dédale de ruelles, nous apprenons avec stupeur que les passeports sont obligatoires pour pénétrer dans le sanctuaire. Les notre sont à la Guest House, donc on reviendra ! Retour dans les ruelles, nous nous arrêtons dans un restaurant / boulangerie bio pour déjeuner.

Nous faisons la connaissance du manager du restaurant avec qui nous discutons un bon moment. Il était visiblement assez jaloux de la barbe de 12 jours d’Hadrien, d’autant plus qu’il s’est fait humilié dans une bataille de pouces d’anthologie…Bref on s’est bien marré. Il nous propose de nous montrer la voie jusqu’au « burning ghat ». Accompagnés d’un jeune de l’association « learn for life » (association d’aide à la scolarisation dont le restaurant est un soutien affirmé), nous nous frayons un chemin dans les ruelles de plus en plus bondées jusqu’au « burning ghat » que nous avions pu apercevoir hier sur le bateau. Nous sommes accueillis par un prêtre hindou s’occupant des personnes âgées pauvres attendant leur heure dans les hospices civils. Il nous explique le sens profond de la tradition hindou, l’importance de la libération de l’âme et de sa montée paisible au Nirvana. Il nous emmène sur le toit d’un des trois hospices où nous sommes désormais à quelques mètres des buchers. Pour les non-initiés ou les âmes sensibles, le spectacle est difficilement supportable. Entre deux flammes, il n’est pas rare d’apercevoir un membre humain calciné. Le prêtre nous explique que les personnes pauvres recourent aux donations pour acheter le bois et les différents artifices nécessaires au rituel funéraire. Pour « accomplir notre Karma », il nous enjoint à faire un don. Nous ne sommes jamais certains d’où va l’argent, mais donnons de bon cœur quelques euros.

Nous repartons avec notre guide direction le quartier musulman. Après 40 bonnes minutes de marche, nous arrivons à la traditionnelle « fabrique ancestrale/tout fait à la main/vraiment trop mega giga authentique de soie et pashmina ». Comme d’habitude la visite des ateliers durent trois minutes trente et l’exposition des produits finis une bonne demie heure. Le vrai intérêt de cette balade aura été de nous permettre de voir le Vârânasî profond, le chahut des bazars et le dépaysement du quartier musulman. Nous rentrons éreintés à l’hôtel pour profiter d’une soirée au calme avant de continuer nos aventures le lendemain.


Inde, Jour 38, 8 août 2012

En montant sur la terrasse au dernier étage de notre auberge ce matin, la chaleur nous prend immédiatement à la gorge. Nous petit déjeunons à l’ombre de la tôle qui couvre la terrasse et attendons un peu que la chaleur passe… Un peu… jusqu’à 17h ! Finalement nous avons profité du pic de chaleur pour poursuivre la préparation du voyage (la partie Laos Vietnam Cambodge) pour Hadrien et Marion et pour faire quelques lessives et lire un peu plus sur l’Inde pour Raphaëlle.

Nous nous mettons donc en route vers 17h avec l’intention d’assister à une autre cérémonie de prière hindoue au bord du Gange, la ganga aarti, mais cette fois-ci du côté terre. Nous sautons dans un ricksaw que nous négocions maintenant plutôt bien direction Dasaswanesh Gath, un des gaths les plus animés et les plus pittoresques le soir. Le riskshaw ne peut pas accéder à la rue piétonne qui mène au ghat et nous dépose donc à son commencement. Nous nous frayons un chemin parmi la foule de marchands de fleurs, de rabatteurs de soieries et de trafiquants qui nous proposent de l’opium. Comme d’habitude nous avançons lentement car il faut rester attentif à tout : les motos qui roulent en plein milieu d’une foule qui ne s’en soucie pas, les vaches et les buffles aux longues cornes qui marchent tranquillement au milieu des gens… Mais nous arrivons enfin au ghat qui bouillonne d’activité. Une foule d’indiens se presse sur les marches pour être au plus prêt des prêtres et nous parvenons à trouver une petite place bien placée sur le côté. Avant que la cérémonie ne commence, de nombreux hindous viennent se purifier dans le Gange, en boire l’eau ou y déposer des bougies disposées sur des petites coupelles remplies de roses. Nous sommes très nombreux mais le ghat n’est pas grand ce qui contribue à créer un espace intime. D’où nous sommes, nous voyons des gens amener les objets nécessaires aux prêtres pour la prière (bougies, vases en or, coquillages…). Au total 5 prêtres la dirigeront du haut de 5 petites estrades en bois installées sur les marches. Nous sommes très bien placés car nous sommes à quelques mètres des prêtres et perpendiculaires à la foule ce qui nous donnera un superbe tableau. D’autant que la lumière dorée des lampadaires se reflète dans les centaines de saris multicolores que nous avons sous les yeux, ce qui ajoute une touche de magie au spectacle.

19h30, la cérémonie commence. Les 5 prêtres, tous jeunes, entrent en scène dans des tuniques oranges irisées. La première prière est adressée au Gange, en hindi et est reprise par toute la foule qui tape dans ses mains. L’ambiance est très festive. Nous sommes frappés de voir que dans une ville où la mort est omniprésente (de la fumée des crémations, aux fils des défunts croisés dans la rue que l’on reconnaît au crâne rasé et de blanc vêtus), le sentiment qui domine est la joie. Les familles sont heureuses car leurs défunts ont eu la chance de mourir ici et rompent ainsi le cycle des réincarnations. Les pèlerins quant à eux ont souvent attendu toute leur vie pour venir à Varanasi et plonger leur corps dans le fleuve sacré. On sent une atmosphère de sérénité et une volonté de la célébrer.

La cérémonie se poursuit au son des cornes de brume dans lesquelles soufflent les prêtres, l’odeur de l’encens qu’ils font brûler, et la vue des coupes de feu qu’ils font danser dans le ciel, tout cela dans des gestes parfaitement maîtrisés et synchronisés. A la fin de la cérémonie, les prêtres jettent dans le fleuve des pétales de roses, ce que l’on croit être des épices rouges et du lait. Les fidèles viennent ensuite à leur tour déposer des offrandes dans le Gange ou recueillir son eau. Nous assistons à tout cela de l’extérieur en nous disant que nous avons beaucoup de chance de voir ces rituels.

De belles images pleins les yeux, nous reprenons la grande rue commerçante et sautons à nouveau dans un rickshaw direction Assi Ghat, le ghat qui se trouve prêt de notre auberge pour y manger une petite salade avant de rejoindre notre auberge à pieds.


Inde, Jour 39, 9 août 2012

Ce matin nous décidons de nous rendre à Sarnath, une petite ville à côté de Varanasi dans laquelle Buddha aurait fait son premier sermon auprès de ses fidèles. Nous prenons le premier tuk-tuk venu et c’est parti pour 40 minutes de trajet a travers les routes défoncées, parfois à contre sens et toujours avec ce sens si particulier du danger sur la route…Nous arrivons à bon port et découvrons Sarnath, minuscule village construit autour d’un grand parc où se situent un temple, un stupa, et de vieilles ruines. L’ensemble est très harmonieux et nous prenons notre temps pour déambuler d’un vestige à l’autre. Il s’agit d’un lieu hautement spirituel pour les hindouistes, puisque la ville marque historiquement les débuts de l’histoire du Buddha.

Après la visite, nous déjeunons sur place avec au menu quelques spécialités indiennes comme le poulet au curry ou à la noix de coco dans une atmosphère d’un autre temps. Après le repas, nous nous dirigeons vers le temple tibétain installé à quelques centaines de mètres. Ici, la couleur est affichée à l’entrée avec la présence d’un immense panneau de revendications anti-chinoises…Il est vrai que le sujet n’est pas du tout abordé en Chine. Nous tombons en plein milieu d’une cérémonie comparable à celle vue à Kathmandu à ceci près que dans ce temple un énorme Buddha couleur or se dresse derrière les moines entonnant leurs chants de prière.

Nous reprenons un tuk-tuk et rentrons paisiblement à l’hôtel prendre un peu de repos, car une longue journée de train nous attend le lendemain !


Inde, Jour 40, 10 août 2012

Aujourd’hui, c’est journée transit. Notre train part en fin d’après midi de la gare centrale de Varanasi pour rejoindre Calcutta en 14 heures. Parfait, cela nous laisse le temps pour une dernière balade et/ou visite dans Varanasi. Nous décidons de retourner au golden temple que nous n’avions pas pu visiter faute de passeport. En habitués des lieux, et munis du précieux sésame diplomatique, nous sillonnons à nouveau les étroites ruelles menant au temple. Nous passons le premier contrôle de sécurité, nous dirigeons vers le bureau qui nous semblait être la première fois le bureau idoine pour les étrangers désirant visiter le temple, et là….nous nous voyons refuser l’entrée car nous ne sommes pas hindous ! Pour la petite histoire, lors de notre première visite, un clermontois de notre âge et a priori pas plus hindou que nous n’a eu aucun problème pour rentrer. Etrange donc, l’officier devait être dans un mauvais jour, et par principe, nous n’avons pas tenté le coup du billet dans la poche.

Nous repartons donc bredouille, une nouvelle fois, ce temple ne nous voulait pas, il faut croire que, comme on dit en Inde, c’était notre karma ! Bredouille certes, mais pas abattus pour autant, nous repartons dans le méandre de ruelles pour dénicher un café à Lassi fameux à Varanasi. Nous passons une bonne heure à déguster de succulents Lassi à la banane, boisson à base de lait caillé frais et de morceaux de fruits, un vrai délice ! Nous repartons direction Assi Ghat où nous nous reposons une dernière fois sur les bords du Gange. Nous repassons ensuite à l’hôtel afin de reprendre nos bagages et de discuter avec le gérant qui nous explique que les enfants travaillant dans l’établissement viennent de son village d’origine, de familles très pauvres qui préfèrent les lui envoyer…un autre monde en somme.

Nous nous rendons à la gare et sautons dans notre train. Installés dans nos désormais habituels sleepers, nous admirons la campagne indienne au coucher du soleil, essuyons deux trois orages et finiront par dormir tant bien que mal sur ses fins matelas avec nos sacs en guise d’oreiller.


Inde, Jour 41, 11 août 2012

Réveil dans le train sur le coup de 7 heures, même si les vendeurs ambulants de café et de thé hurlaient déjà depuis 5 heures du matin dans les wagons. Le train n’a qu’une petite heure de retard, et nous débarquons à 9 heures à Calcutta. Nous nous rendons à notre hôtel bien situé dans le quartier animé non loin de Park street. Une bonne douche, une sieste rapide, et à nous Calcutta…dès que le déluge dehors se sera calmé en fait…ce qui arriva sur le coup des 15 heures, nous laissant juste assez de temps pour aller visiter le Victoria Memorial, grande bâtisse en marbre blanc au milieu d’un immense parc construit pour le jubilé de la reine Victoria en 1901. Le mélange de style indo britannique est très réussi, le reflet du mémorial dans les bassins attenants donnent à Marion l’occasion d’étaler tout son talent photographique. Nous passons un bon moment dans le musée situé à l’intérieur du mémorial, l’histoire de la ville de sa découverte par les anglais à son récent passé de capital de l’empire britannique aux Indes est passionnant, et on en apprend un peu plus sur l’histoire indienne.

Mais l’évènement du jour reste quand même l’anniversaire d’Hadrien, et pour fêter ses 23 bougies, nous nous mettons (autant que faire se peut) sur notre 31 et allons manger et partager quelques bières dans un bon restaurant non loin de l’hôtel. Mais notre temps à Calcutta est déjà compté car demain, nous décollons pour la Thaïlande !