Pas à pas, pays par pays, le récit de nos aventures

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Laos, jour 48, 18 aout 2012

Le réveil est un peu plus dur que d’habitude en raison de la soirée de la veille. Alors que les amis de Marion visitent Chiang Mai, nous profitons de la matinée pour préparer la suite du voyage. Nous rejoignons le reste du groupe pour déjeuner, et l’heure de la séparation a déjà sonné ! Nous quittons la troupe, et Raphaelle avec qui nous aurons passé près de trois semaines avec un pincement au cœur : après plus d’un mois et demi, ce petit bout de chez nous va nous manquer !

Nous embarquons donc dans un pick up direction la frontière laotienne. Nous faisons la connaissance de trois touristes anglais et allemand se rendant eux aussi au Laos. Nous changeons de véhicule sur une aire d’autoroute pour monter dans un mini van. Nous nous retrouvons avec 10 autres personnes, hollandais, français, américains, tous en route pour la frontière ! Nous arrivons vers 2 heures du matin, l’esprit embrumé, à la ville frontière de Chiang Khong. Nous passons le reste de notre courte nuit dans une guest house comprise dans notre billet. Par chance, nous héritons de l’une des rares chambres doubles avec salle de bain privative : le luxe ! Nous nous couchons à trois heures pour profiter de 4 maigres heures de sommeil avant le départ du lendemain !


Laos, jour 49, 19 aout 2012

Levés à 7 heures, nous ouvrons les yeux et les rideaux sur le Mékong. Après un bref petit déjeuner, un pick up nous emmène à l’embarcadère ou nous traversons les Mékong sur une pirogue traditionnelle. Arrivés de l’autre côté, nous passons les formalités administratives, et après un peu d’attente sommes finalement emmenés jusqu’à l’embarcadère des bateaux lents se rendant à Luang Prabang. Nous avons donc deux jours pour profiter pleinement du Mékong et de ses abords. Nous démarrons sur les coups de midi, installés assez confortablement sur des sièges autos placés dans la longue pirogue, nous admirons le paysage… Le fleuve large d’une centaine de mètres possède des rives où la végétation n’a jamais eu à souffrir la présence humaine, les successions de forêts luxuriantes et de roches, à de rares fois entrecoupées de maisonnettes de bois, offrent un spectacle tout à fait fascinant ! On a l’impression de se balader dans un couloir dont les murs auraient été peints, ce n’est plus un voyage, c’est un spectacle !

Le voyage se fait en deux jours, avec un arrêt à Pakbeng. A l’image du Laos, il faut savoir prendre son temps ! Nous débarquons vers 18 heures, nous pressons de trouver une auberge (au prix fort de 5€ la chambre, notre record !), puis sortons enfin pour déguster la cuisine laotienne. Signalons également que le Laos a pour l’instant la palme de la bière la moins cher : 1 euro les 650 ml, on reviendra !

Nous rentrons nous coucher, le bateau part tôt le lendemain pour un trajet de 9 heures vers Luang Prabang


Laos, jour 50, 20 août 2012

Levés 7h, départ 8h, c’est désormais la routine. Enfin pas si routine que ça quand Marion ressort de la salle de bain mi figue mi raisin… après être tombée nez à nez avec une mygale géante à côté des toilettes !!!! Au début Hadrien qui ne l’a pas encore vue dit à Marion de se calmer et de l’écraser avec une tong… Mais il a vite réalisé en la voyant (et en faisant un bon de huit mètres) que cela n’allait pas être possible… Marion, la plus courageuse, se sacrifie pour récupérer les affaires de toilette en vitesse sous les yeux attentifs d’Hadrien qui surveille que la mygale n’attaque pas. Nous claquons ensuite la porte de la salle de bain avant de nous jeter en dehors de la chambre. Check-out le plus rapide de l’histoire !

Après un court petit-déjeuner nous pénétrons dans le bateau qui nous emmènera vers Luang Prabang. Ce dernier possède moins de places que la veille qui était déjà plein…Etrange ! Mais sous la pression de quelques touristes, un deuxième bateau est finalement affrété. Nous partons avec la traditionnelle heure et demie de retard. Le spectacle est toujours aussi beau. D’autant plus qu’aujourd’hui notre bateau est tout en bois avec de jolis rideaux violets attachés aux rambardes et pour couronner le tout, le soleil est de la partie ! Aujourd’hui les paysages diffèrent : nous parcourons tout d’abord la jungle laotienne, des villages et juste avant d’arriver à Luang Prabang, les fameuses grottes de Pak Ou nichées dans de grandes falaises affleurant le Mékong. L’ambiance sur le bateau est des plus agréables, nous discutons avec des backpackers français qui nous racontent leurs différents voyages et nous donnent des conseils sur ce qui nous attend. A côté de nous, 3 couples d’anglais de 30 ans enchaînent les Beer Lao dans une ambiance bonne enfant et un humour qui fait rire tout le monde autour d’eux.

17h : le soleil commence à descendre et la belle lumière du soir caresse le Mékong. Nous arrivons sur Luang Prabang et notre slow boat nous en offre une vue magnifique. La ville est située sur une presqu’île et à notre grande surprise, est nichée dans la nature. Du fleuve, seuls les toits de maisons aux allures coloniales dépassent des palmiers. Nous débarquons sur la berge et procédure habituelle ; Hadrien sort les sacs de la soute et Marion commence à essayer de repérer le chemin vers notre guesthouse. Après quelques mètres, nous arrivons enfin à la charmante Villa Meuang Lao située en plein cœur de la ville, juste derrière le marché de nuit. Après une douche rapide que nous avait volée la mygale de Pak Beng (vous suivez toujours ?!), nous nous dépêchons d’aller prendre nos repères dans les rues et surtout de trouver un bon endroit pour admirer le coucher du soleil promis par le ciel bleu sans nuage. Nous choisissons de nous asseoir sur les berges du Mékong face aux montagnes et au soleil. A côté de nous, un moine bouddhiste (qu’on appelle ici les « Bonz ») médite sur une barque face au soleil. Le spectacle est magnifique. L’astre se couche sous des tons de jaune d’or, puis de rose et enfin de violet… Un spectacle sublimé par les longues péniches laotiennes abandonnées sur les berges qui ajoutent une touche de magie au tableau.

Le ventre creux, nous nous asseyons dans un des restaurants qui dominent le Mékong pour un délicieux barbecue thai. La serveuse nous amène les ingrédients petit à petit : un bouillon délicieux, de la salade, des champignons, des carottes, du choux, de l’œuf et du bœuf. Mais ne connaissant pas le principe, nous faisons beaucoup rire la serveuse quand, nous amenant le barbecue de table, elle s’aperçoit que nous avons déjà bu tout le bouillon. En fait il y a une rigole tout autour du barbecue dans laquelle on dispose le bouillon et on cuit les légumes. Le bouillon récupère ainsi le jus de la viande et est encore meilleur. Oups ! En tout cas Hadrien est vraiment conquis par le plat.

Repus, nous rentrons à la guesthouse en traversant le joli marché de nuit de Laung Prabang où exposent les villageois de la région. Les couleurs sont très belles, beaucoup de broderies, de robes, de coussins, de bougies… Mais nous ne craquons pas (encore) !


Laos, jour 51, 21 août 2012

Levés à 8h, nous sommes à 9h dans les rues de Luang Prabang direction l’office du tourisme où nous comptons obtenir des informations sur comment rejoindre le Vietnam. Nous apprenons que les agences qui vendent en ville des tickets de bus pour Hanoi prennent une faible commission et nous décidons donc d’accepter l’offre faite par l’une d’entre elles la veille. Au passage nous obtenons des informations sur les principaux sites de la ville, notamment la Huang Sin Waterfall, cascades spectaculaires à 1h de tuk tuk. L’aller-retour étant très cher (20€ le tuk tuk), la conseillère nous suggère de partager les frais et d’y aller à plusieurs. Cela nous semble un peu compliqué, nous remettons donc l’escapade à plus tard.

Sur le chemin de l’agence de voyage pour aller acheter nos tickets de bus, Marion entend des touristes en train de négocier avec un tuk tuk. Par intuition, elle leur demande s’ils ne vont pas par hasard aux cascades et s’ils accepteraient que l’on partage la course. Un peu surpris mais finalement partants, ils acceptent. Ni une ni deux nous courront vers notre hôtel prendre nos maillots et nous sautons dans le tuk tuk. Surprise, les 4 touristes sont français et se sont super intéressants et agréables ! Nous avons passé une après midi géniale aux cascades à échanger sur nos voyages, et notamment la vie au Laos car Vivianne l’une d’entre eux vivait depuis 18 ans au Laos.

Les cascades sont vraiment magnifiques. Ce n’est pas tant la pression de l’eau qui s’écrase sur le sol qui est belle, mais surtout les différentes terrasses vert d’eau où le fort courant courbe les arbres qui ne fléchissent pas et s’agrippent au paysage. L’entrée dans l’eau est un peu dure, mais ensuite, la sensation est formidable. Etre en pleine nature dans un cadre aussi puissant d’énergie est euphorisant et nous sommes envahis pas un immense sentiment de liberté. /p>

Après nous être séchés au soleil nous redescendons vers notre tuk tuk qui nous attend. Sur le chemin Vivianne nous fait goûter des bananes fries et du pamplemousse assaisonné d’une drôle de façon. Ici tous les fruits vendus dans la rue sont accompagné de sel pimenté sensé paradoxalement relever le sucre du fruit. Plutôt bon, mais à petite dose, sinon le piment prend le dessus !

De retour à Luang Prabang où nous nous séparons avec regret, Hadrien et Marion se dirigent vers l’agence de voyage acheter leurs billets de bus. Pas de chance, nous apprenons qu’aucun bus ne part jeudi 23 contrairement à ce que nous avions prévu. Bon, comme nous voulons vraiment profiter de la baie d’Along, nous ne pouvons pas décaler notre « programme » d’un jour et décidons donc de partir… demain ! Les choses s’accélèrent donc et nous devrons profiter de nos derniers moments ici…

Après un autre barbecue thailandais nous rentrons à la guest house nous coucher tôt car demain nous nous levons à 5h pour assister à une cérémonie de Bonz dans la rue du marché !


Laos, jour 52, 22 août 2012

5h du matin donc, Marion passe la tête par la fenêtre pour s’apercevoir qu’il pleut et qu’il fait encore nuit. Après avoir enfilé un jean et un k-way nous nous faufilons dans les petites rues en direction du marché. Il fait nuit et malgré l’inexistence de lampadaires, les gens des villages alentours sont déjà en train d’installer leurs produits. Par contre dans la rue, il n’y a pas un chat… Nous essayons de nous renseigner auprès des locaux mais avons du mal à nous faire comprendre. La cérémonie commençait en fait à 6h et non à 5 ! Après 1h de promenade, les gens commencent à arriver, notamment des touristes débarquant par cars. Ils s’installent sur le bord du trottoir et achètent des offrandes pour les moines bouddhistes (du riz gluant dans des paniers en osier ou dans des feuilles de bananes, des fruits…). Voici quelques explications que nous ont données les locaux : les moines vivent dans l’austérité et ne mangent qu’une fois par jour à 11h du matin. Afin d’avoir de quoi manger, chaque matin ils passent en procession dans la rue principale et les villageois les attendent à genoux (être plus haut qu’un moine en hauteur est irrespectueux) et leur donnent à chacun une boulette de sticky rice, ou une banane, ou de l’eau… En échange, les moines prient pour les villageois tout au long de l’année. Au-delà des apparences même, c’est tout un système de solidarité qui est instauré. En effet, au bout de la file sont assis quelques enfants du village à qui les moines redonnent un peu de ce qu’on leur a offert en passant. C’est apparemment très symptomatique de la société lao dans laquelle tous ses membres sont liés dans une sorte de chaîne de solidarité. Selon Vivianne, la franco-vietnamienne que nous avons rencontrée hier, au Laos on ne sera jamais seul, même dans une grande ville. Cela est notamment du au karma de la religion bouddhiste selon lequel plus on donne, plus on recevra dans une autre vie. De plus, nous avons été surpris en apprenant que dans la religion bouddhiste, on peut être moine un jour, 2 semaines, ou toute une vie. Ce rôle est très respecté, c’est un honneur pour une famille d’avoir un membre qui porte l’habit. Un bouddhiste pratiquant devra au moins une fois dans sa vie avoir été moine.

La cérémonie et sa symbolique est très belle, mais elle a un goût amer. Les locaux nous ont en effet dit que les Bonz étaient assez énervés par l’afflux des touristes irrespectueux qui prennent des photos avec leurs flashs et qui ne respectent pas le caractère sacré du moment. Et cela se comprend, Marion était vraiment déprimée de voir tous ces touristes poser à 1m des moines comme s’ils étaient des bêtes de foire, mettre leur flash, bref, consommer le moment pour avoir quelques clichés à montrer en revenant. D’autant que l’on sent clairement que cela affecte les moines qui n’ont pas le sourire. Vraiment triste quand on pense que cette cérémonie est censée être joyeuse ; c’est là où les moines rencontrent les villageois, où ils reçoivent de quoi manger et où ils promettent de prier pour eux.

De retour à l’hôtel, nous procédons au check out et amenons nos sacs sous une pluie battante dans l’agence de voyage chez qui nous avons réservé le bus pour Hanoi et qui nous les gardera jusqu’au départ. Il est midi nous avons donc 5h pour nous promener dans Luang Prabang. Nous sommes un peu nostalgiques de quitter cette ville qui semble hors du temps, loin du tourisme de masse et avec ses habitants si gentils. Nous croisons un vieux monsieur sans âge à la démarche faible mais qui nous offre un merveilleux sourire édenté plein de vie. Au bout d’un mois de voyage, nous avons pris le parti malgré nous d’associer nos sentiments sur le pays à ses habitants, et ce monsieur semble porter en lui le Laos tout entier.

Plutôt que d’accumuler les derniers sites touristiques que nous n’avons pas fait nous choisissons de visiter un seul temple, le beau Vat Xieng Tong puis nous nous asseyons dans notre café/restaurant préféré pour boire un dernier jus de mangue en observant la vie sur les berges du Mékong. A 17h, nous rejoignons l’agence qui nous emmène à la gare routière où nous patientons pour notre bus de 24h pour Hanoi, qui partira avec 1h de retard.

Nous découvrons le principe des sleeping bus, où les sièges sont ici complètement allongés, il y a même un espace pour les pieds sous le siège de la personne de devant. Plutôt agréable, du moins pour les premières heures ! Le conducteur n’est par contre vraiment pas aimable et il nous hurle dessus pour nous dire de nous installer au fond. Alors que nous sommes 15 à voyager dans un bus de 50 places, nous voilà parqués comme des sardines, allongés dans la rangée du fond. La promiscuité est de mise, et mieux vaut avoir un bon voisin ! Hadrien est assis à côté de la fenêtre et Marion entre lui et Sherene, une londonienne super marrante qui lui racontera sa vie tout le trajet. Nous comprenons ensuite pourquoi le conducteur voulait nous parquer ainsi au fond : au fur à mesure du trajet ses copains nous rejoignent dans le bus après lui avoir glissé quelques billets…

Le reste du trajet avant minuit se passe plutôt bien, nous nous arrêtons dans un boui-boui pour manger, où nous attend de la viande exposée dans un garde-manger sous un néon blanc. On se demande à quelle fréquence ils la changent, parce que vu la couleur de la chair elle doit être là depuis longtemps et aucun touriste ne doit vouloir y goûter…. Très bien, pour nous ce sera donc Pringles et cookies, on a un peu honte mais ce n’est vraiment pas le moment d’être malades dans un bus de 24h qui s’arrête toutes les 5heures… Nous nous endormons rapidement dans le bus qui continue sa route toute la nuit.


Laos, jour 53, 23 août 2012

Nous nous réveillons alors que le bus est à l’arrêt, devant une immense ornière pleine d’eau boueuse qui nous empêche de passer. Nous sentons notre dernière heure arriver en nous rappelant les paroles d’un voyageur que nous avons croisé qui venait de faire le chemin dans l’autre sens et qui nous a dit que son bus avait mis 36h pour venir (au lieu de 24) à cause d’une grosse ornière dans lequel il s’étaient embourbés ! Mais nous avons du avoir de la chance, après quelques minutes nous arrivons à traverser l’ornière et nous nous rendormons. Le prochain réveil est à la frontière, où nous arrivons sous une pluie torrentielle 1/2h avant l’ouverture. Après quelques minutes de patience, un officier examine nos papiers, les tamponne et nous voilà à courir sous la pluie dans les 500m de no man’s land qui nous séparent du poste frontière vietnamien. Nous confions nos passeports à un officier qui les garde pendant 30min avec ceux des autres passagers. Pendant ce temps nous nous mordons les doigts d’avoir laissé nos affaires dans le bus vu les allers/retours d’inconnus à l'intérieur. Nos voisins en rajoutent une couche en nous racontant qu’ils se sont fait vider leurs sacs dans un bus en Thaïlande par un homme qui fouillait les sacs à la lampe torche dans la soute pendant leur voyage à Phuket ! Après une looongue demi-heure nous pouvons récupérer nos passeports et retrouver nos sacs. Ouf, il ne manque rien.

Le trajet continue et nous nous arrêtons à midi dans un boui-boui où nous nous régalons de riz, omelette et haricots verts. Le chauffeur de bus nous presse pour remonter, et nous reprenons la route. Les 12 dernières heures de trajet sont vraiment difficiles, car nous nous rendons compte grâce à l’iphone d’un des passagers que le chauffeur et ses amis on fait un énorme détour vers le sud pour déposer des meubles, en gros ils rajoutent 6 heures à notre trajet de 24h pour leur business pas très clair. Et quand on leur demande quand on arrive ils nous donnent une fausse heure ou nous disent de nous taire. Vraiment pas agréables… Nous avons entendu tellement d’arnaques au Vietnam que nous commençons à croire que nous en avons un avant-goût...

Après avoir trouvé notre hôtel nous nous écroulons afin de dormir quelques heures avant de visiter Hanoi.