Pas à pas, pays par pays, le récit de nos aventures

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Népal, Jour 22, 23 juillet 2012

Premier réveil au Népal ! Contrairement à nos craintes, le temps n’est pas si mauvais pour une saison des pluies et nous descendons joyeusement prendre un petit déjeuner dans notre auberge népalaise. Après une colation copieuse : pommes de terre sautées, œuf, poivrons et fruits, nous nous asseyons avec Brihaspati pour organiser la suite de notre séjour. Nous avons très envie de faire un trek, ce que tous les randonneurs du monde viennent chercher à Katmandu. Pendant le petit-déjeuner, une française nous explique que les gens de l’hôtel sont très honnêtes, qu’ils ne prennent pas de commission sur les treks parce qu’ils fonctionnent différemment : s’ils vendent un certain nombre de treks, ils reçoivent des treks gratuits par les agences, qu’ils peuvent ainsi revendre et en faire les bénéfices. Nous ne sommes pas étonnés, Brihaspati nous semblait déjà très gentil et c’est dans cet état d’esprit que nous avons réservé la suite de notre voyage. Et nous n’allons pas chômer ! Voici notre programme : - Aujourd’hui : visite de Ktmd - Demain : survol de l’Everest en avion puis départ pour Sundarij, où nous commencerons un trek de 3 jours dans la vallée. Marche de Sundarije à Chisapani où nous dormirons - Mercredi : Marche de Chisapani à Nagarkot où nous dormirons - Jeudi : Réveil à 4h30 pour voir le lever du soleil puis marche et retour à Katmandu - Vendredi : Départ pour Pokhara, visite puis nuit à Pokhara - Samedi : Visite de Pokhara - Dimanche : Visite aux alentours de Pokhara et retour à Ktmd pour notre vol lundi 30/07 Nous commençons donc la journée super excités à l’idée de toutes ces perspectives. Mais en attendant, Katmandu nous attend !

Nous commençons par visiter Pashupati, un des plus grands temples hindouistes au monde consacré au dieu Shiva, le dieu de la destruction. C’est ici qu’ont lieu les crémations des défunts pendant lesquels leurs proches leurs rendent hommage au bord du fleuve de Bagmati. Nous n’avions pas vraiment compris où nous allions, nous pensions visiter un simple temple mais la réalité nous a rattrapés de pleins fouets. La route de terre-battue pour accéder au temple est assez longue et nous a offert une belle vue sur le temple et ce qui s’y déroulait. Dès l’entrée, 5 bûchers embrasés brulent le long du fleuve. Nous aurions du mal à décrire ce que nous avons ressenti… Nous ne nous y attendions tout simplement pas et il était difficile pour nous de croire ce que nous voyions. Nous avons avancé dans le temple, jusqu’à un pont donnant sur le fleuve Bagmati. La vue d’ensemble était tout simplement indescriptible pour nous qui étions arrivés à peine 12h plus tôt… Des femmes en sari multicolores sur toutes les marches du temple, des singes courant sur les toits et une foule immense réunie autour du fleuve. La foule regardait, à ce que nous croyions, des enfants faire des saltos et plonger dans le fleuve. Un petit garçon nous explique ensuite que c’est un rituel de purification. Mais nous nous apercevons en fait que ce que tout le monde regarde, c’est le corps d’une défunte, déposé sur les marches du fleuve et dont les pieds sont immergés dans l’eau. Toute sa famille tourne autour d’elle, la recouvre de fleurs, l’embrassent à tour de rôle. On nous explique que c’est le rituel qui précède la crémation, pendant lequel le corps est entièrement purifié par le fleuve. Les proches retirent ensuite les vêtements de la défunte sous un linceul jaune, car la défunte doit quitter le monde comme elle est arrivée, nue. Nous nous promenons dans les allées, à travers des petites « tours » en pierres dédiées aux dieux de la fécondité. Toujours des singes, un peu partout. Après une bonne heure de visite par un népalais voulant nous guider – parlant très bien français, connaissant Pierre Perret et les expressions françaises les plus incongrues sur le bout des doigts -, nous prenons le chemin de la sortie et repassons donc devant les bûchers de crémation. Nous reconnaissons la défunte vue 1h auparavant qui en est maintenant au dernier rituel. Autour du bûcher, un homme qui doit être son fils tourne 3 fois. Le feu est allumé près de la bouche, le bûcher s’embrase et le corps mettra 3 jours à brûler. Les cendres sont ensuite jetées dans le fleuve. Un moment vraiment émouvant.

Un peu sonnés, la tête ailleurs, nous nous dirigeons ensuite vers le temple tibétain Boudhanath stupa, haut lieu du bouddhisme à Ktmd notamment depuis la forte immigration tibétaine au Népal suite aux événements de 1950. La stupa a une forme circulaire, une sorte de coupole à même le sol, sur laquelle est assise une paire d’yeux qui nous fixent où que nous soyons dans la place. Les traditionnelles banderoles de prières tibétaines multicolores ornent la stupa. Mais nous sommes attirés par des bruits de percussions et de chants, montons à l’étage d’un bâtiment tibétain et tombons nez à nez sur une cérémonie. Des moines tibétains de tous âges chantent, très concentrés, devant une photo du Dalai Lama. Le moment est aussi très émouvant.

Avant dernière visite, Swayambunath stupa ou le Monkey Temple. Le temple est situé tout en haut d’une colline dominant Katmandu, ce qui nous offre une vue superbe sur toute la vallée et nous permet de prendre la mesure de la ville. Immense déjà, et surtout multicolore. Nous tournons autour de la stupa, comme le veut la tradition, dans le sens des aiguilles d’une montre. Je ne mets pas beaucoup de détail dans les descriptions de ce deux derniers temples car il tard, nous devons nous lever dans 5h et il reste les photos à mettre sur le site. Mais ces deux dernières visites nous laisseront des souvenirs marquants sur la spiritualité tibétaine.

De retour à l’auberge après un détour par Durbar Square, nous dinons seuls à seuls avec Brihaspati, avec qui nous avons bien sympathisé, dans le restaurant désert de l’hôtel. Il tenait à nous faire découvrir la nourriture de son pays, préparés par ses amis juste pour nous. Nous sommes très touchés et nous asseyons avec lui autour d’un riz blanc accompagné de la traditionnelle soupe de lentilles, de légumes épicés et de poulet au curry. Un délice ! Nous discutons beaucoup avec lui. Il a 26 ans, plein d’ambition mais nous explique les difficultés à évoluer au Népal et les freins des politiciens corrompus au développement du pays. Mais son ton est très optimiste, selon lui « when there’s a will, there’s a way » et son discours est plein d’espoir. Il est très courageux, il se bat pour que l’hôtel dans lequel il travaille réussisse et souhaite un jour ouvrir sa propre auberge dans le Parc national du Chitwan. Nous discuterons deux bonnes heures sur la société népalaise, le sens de la famille ici, l’avenir du pays… Une très belle soirée.

Demain, nous partons donc à 5h pour survoler l’Everest en avion ! Nous enchainons ensuite directement avec le trek donc nous ne pourrons donner de nouvelles avant quelques jours… Bises à tous !


Népal, Jour 23, 24 juillet 2012

Notre horloge biologique nous réveille à 5 heures du matin, tellement nous sommes impatients de survoler le toit du monde. Nous descendons retrouver le taxi qui doit nous conduire jusqu’à l’aéroport de Katmandu. Il est tôt, la circulation est donc exceptionnellement fluide et nous sommes en un quart d’heure à peine dans le terminal des vols domestiques de l’aéroport. Nous passons les contrôles de sécurité, et pénétrons dans la salle d’embarquement. Nous attendons, attendons, attendons…. et au bout d’une demie heure de retard, le micro annonce la suppression de tous les vols en direction de l’Everest pour cause de mauvais temps… C’est rageant mais la sécurité prime, nous reporterons donc le vol au lundi suivant, si le temps le permet !

Retour à l’auberge où nous faisons la connaissance d’Uzzol, qui sera notre guide pendant notre trek. Première surprise, il est en une tenue plutôt décontractée (jeans basket) alors que nous nous sommes préparés comme si nous allions gravir les Annapurna : grosses chaussures de randonnée ultra renforcées, pantalons anti transpirants, tee shirts légers, k-ways ultra slim etc… Bref nous partions pour la guerre, lui pour une petite promenade !

Dans la voiture qui nous conduit jusqu'à Sundarij, point de départ du trek, nous apprenons à connaitre notre guide. 23 ans, tout comme nous, il a toujours vécu à Katmandu et adore « ses montagnes ». Guide depuis 5 ans, il a plusieurs fois parcouru l’Everest et les monts alentours. On a le même âge, mais clairement pas la même vie. Il a connu la guerre mais nous confie qu’il « ne peut pas en parler » ; il avoue être déçu par les politiques de son pays, mais est fier d’être népalais et veut prospérer dans son pays. Nous commençons donc le trek au gré de ces discussions mais devons vite garder notre souffle pour supporter l’effort. La pente est en effet très raide. Nous nous amusons d’ailleurs de voir que notre guide appelle les montagnes que nous parcourons des « collines » alors que nous marchons quand même à près de 3000 mètres d’altitude. Au Népal, les vraies montagnes commencent à 5000 mètres, soit plus haut que le Mont-Blanc. Nous marchons donc près de 5 heures en parcourant successivement les rizières, puis la véritable jungle où la végétation luxuriante mais surtout les sangsues nous attendent.

Nous nous sentons obligés de parler plus spécialement de ces fameuses sangsues. Ok, elles étaient grosses, ok, il y en avait vraiment beaucoup, ok ce n’est pas très ragoutant, mais au final, ce n’est pas très dangereux. Pour les non-initiés, une sangsue, c’est un espèce de ver de terre très résistant avec deux ventouses à chaque extrémité, et ça se nourrit principalement de sang. C’est assez gros, mais très pernicieux, ca ne se remarque pas et ça s’infiltre sous votre pantalon, dans vos chaussures… Bref, on retiendra le courage de Marion qui a affronté ces mollusques, redoublant d’ingéniosité pour éviter leur contact, scrutant à chaque pas ses chaussures pour le cas échéant, débouter ces assaillants invertébrés. D’ailleurs, le guide avec ses chaussures de sport n’en menait pas large…

En même temps nous étions au courant, Juillet est la pire saison au Népal, mais on ne choisit pas forcément lorsque l’on fait un tour du monde. Par ailleurs, nous avons adoré parcourir ces sentiers complètement seuls, dans la jungle humide et parfois sombre… On se sentait un peu comme des explorateurs, ouvrant une nouvelle voie à travers la montagne. Les seules personnes que nous avons croisées furent un équipage de sept népalais, dont quatre portaient une civière sur laquelle un jeune homme mordu par un serpent 3 jours auparavant se tenait. Pas de route, pas d’hélicoptère, ils devaient donc l’emmener à Katmandu à pied !

Vers 17 heures, et après avoir essuyé des pluies torrentielles pendant près d’une heure, nous arrivons dans le village de Chisapani et rejoignons notre lodge où un bon repas chaud et du black tea nous attendait. Nous découvrons notre chambre, au 4ème étage du lodge et apparemment plus sur terre ! En effet, les deux grandes fenêtres qui offrent normalement une vue sur les montagnes donnent aujourd’hui sur… un épais nuage blanc ! On ne voit strictement rien d’autre. A la tombée de la nuit, le nuage deviendra bleu clair puis plus sombre. C’est beau et on se sent vraiment hors du temps. Nos affaires étant trempées, nous les faisons sécher tant bien que mal (avec 95% d’humidité dans l’air selon Uzzol) un peu partout dans la chambre. La pluie ne cessera de s’abattre sur la montagne toute la nuit alors que nous profitons du sommeil des justes ; sachant qu’une journée de huit heures de marche nous attend le lendemain.


Népal, Jour 23, 25 juillet 2012

Le réveil sonne à 7h et il vient juste de s’arrêter de pleuvoir. Le petit déjeuner nous attend en bas mais avant, une étape difficile s’annonce : nous n’avons rien d’autre que les vêtements encore glacés de la veille à mettre… Sans parler des chaussures de marches alourdies par l’humidité et où logent encore peut-être des sangsues ! Cela étant fait, nous descendons pour prendre des forces autour d’une omelette et d’un black tea.

« Zoom zoom » comme disent les népalais –c’est reparti ! La pluie s’étant arrêtée, c’est dans la bonne humeur que nous écoutons Uzzol nous raconter toutes les histoires de la mythologie hindouiste, des 10 vies de Vishnu aux épopées de Ganesh. Au programme, 10km de jungle puis 8 de villages et de vallée. La première étape est donc la plus dure : la pluie étant tombée toute la nuit, les sentiers sont en mauvais état. Tous les 100m nous nous arrêtons devant une flaque d’eau énorme ne sachant pas vraiment comment la contourner. En gros dans ce cas il y a deux choix : soit on passe sur le côté et on frôle les arbres en ramassant quelques sangsues au passage, soit on sautille dans la marre en courant pour ne pas s’enfoncer trop. Hadrien ouvrant la marche, il a eu le mauvais rôle de nous montrer par où il ne fallait pas passer et s’est retrouvé plusieurs fois avec la chaussure immergée dans l’eau… Uzzol lui, a des trous dans ses chaussures dans lesquelles il est pied nus et découvre ses morsures de sangsues au fur et à mesure qu’elles se colorent de sang. Pas très marrant ! Mais au bout de 4h de marche, nous sortons de la jungle et tombons sur une belle vue sur la vallée de Katmandu. A partir de là, plus de soucis, nos chaussures sèchent et la randonnée devient très agréable. Nous traversons des petits villages népalais où les gens vivent comme ils l’ont toujours fait. Uzzol nous raconte que petit, sa mère lui disait en lui montrant les nuages qui recouvraient les sommets que là-bas se trouvait la « vraie vie » (celle des montagnards). Et nous y sommes !

A midi nous nous arrêtons dans un village et mangeons dans un petit restaurant tenu par un vieux népalais de 70 ans et sa femme. Uzzol nous explique qu’il vient là à chaque fois car cela lui fait plaisir d’aider ce vieux couple. Le vieil homme a les rides des gens qui ont beaucoup sourit dans leur vie. Il nous accueille très chaleureusement. Nous commandons des « fried mo-mo », des sortes de raviolis aux légumes croustillants. Les nôtres sont fourrés au chou. Simple, mais délicieux. En cette saison, les habitants n’ont pas vu de touristes depuis des mois. Il n’y a donc pas de stock de nourriture et on sent que le monsieur a pétri et cuisiné ces mo-mo lui-même à l’instant. Rassasiés, nous reprenons la route vers Nagarkot sur les sentiers. En passant dans les villages, tous les habitants assis sur leur pas de porte arrêtent leur activité et nous regardent. Les nombreux enfants sortant des écoles en uniforme bleu viennent nous saluer et nous demandent gentiment des chocolats. Malheureusement nous n’avons rien amené et nous le regrettons…

Après 4 heures de marche, nous arrivons à Nagarkot. Le lodge qui nous accueille est connu pour être le plus haut du village et pendant la haute saison, il offre la meilleure vue sur les montagnes aux neiges éternelles. Uzzol nous dit que malheureusement en cette saison nous ne les verrons pas, notre montagne étant enfouie dans un nuage. Il nous dit de quand même mettre notre réveil demain matin à 6h et si nous voyons que c’est couvert, nous recoucher parce que nous ne pourrons rien voir. Pendant le dîner, Uzzol nous raconte comment se passent les treks pour l’Everest. Il a beaucoup de photos. Lui ne l’a pas encore escaladé, mais a été guide pour de nombreuses ascensions au « base camp », la dernière étape avant de gravir l’Everest. A notre grande surprise, l’ascension de l’Everest est un vrai business minutieusement organisé. Pour un tel périple, chaque grimpeur doit passer 70 jours au base camp pour s’adapter à l’altitude ! Le base camp prend la forme d’une vingtaine de tentes, toutes avec une fonction précise : les sanitaires, les cuisines, la salle à manger, les chambres, les centres de recherche sur le réchauffement climatique etc. Et chaque jours, les grimpeurs doivent escalader un petit sommet aux alentours pour habituer leurs corps et éviter le mal de l’altitude (qui les forcera à arrêter leur ascension s’ils en sont victimes). Enfin, après 70 jours, ils graviront pendant 6 jours l’Everest jusqu’à son sommet. Et tout cela coûte… 45 000€ par personne ! En effet, outre le coût logistique, il faut payer des porteurs (les sherpas) pendant 76 jours. Les sherpas furent les premiers habitants du Népal et vivent maintenant dans les montagnes. Suite aux histoires que nous a raconté Uzzol à leur sujet, ils sont devenus à nos yeux de vrais héros. Dans tout ce que l’on entend sur les récits des premiers hommes à avoir gravit l’Everest, il y a en fait un revers de la médaille. On ne parle jamais des porteurs et du guide, népalais, qui sont en fait les vrais héros. Un sherpa porte environ 50 kg de charge sur son dos pendant l’ascension quand le randonneur ne peut même pas supporter le poids de sa chemise sous l’altitude. Ils connaissent par cœur les montagnes et ont une force indescriptible. Mais on ne parle jamais d’eux…

Nous nous couchons donc avec plein d’histoires en tête et avec l’espoir de voir les fameuses montagnes demain, même si en 5 ans d’exercice, Uzzol ne les a jamais vues en saison des pluies…


Népal, Jour 24, 26 juillet 2012

Nous avons mis le réveil à 6h mais Marion se réveille d’un coup à 5h du matin et se jette sur les rideaux. Et là… Incroyable… La chaîne de l’Himalaya apparaît sous nos yeux, à peine éclairée par le soleil qui commence son ascension……… Marion réveille Hadrien, attrape l’appareil photo et court dehors pour gravir les 2 étages supérieurs qui mènent au roof top. Arrivée en haut, l’émotion est grande. La chaîne est majestueuse et le moment, surnaturel. Devant nous, ces montagnes, qui se laissent si rarement admirer, sont là, parfaitement éclairées par le soleil. La vallée étant enfouie sous les nuages, rien d'autre ne nous sépare des sommets. Nous restons là une heure à regarder le soleil se lever. C’est indéniablement la plus belle chose que nous n’avons jamais vue. Et à partir de ce moment là nous nous faisons la promesse de revenir au Népal en haute saison, juste pour revoir ces montagnes.

Sur le roof top, un américain de 70 ans regarde la vue avec sa fille. Il nous explique qu’il est retraité et a rejoint sa fille institutrice à Bangkok pour un tour d’Asie. Il rêvait de voir l’Himalaya. Il discute avec des népalais et leur explique que pour lui, la vie vaut le coup d’être vécue juste pour voir cela. C’est sa définition du paradis. Mais ils ne comprennent pas : pour eux, vivre vieux c’est ennuyeux car la vie est le long passage à endurer avant le nirvana. Et là deux points de vue se rencontrent. Le vieil américain leur explique que tout dépend comment on vit sa vie, et que dans un corps de 70 ans, on peut avoir 25 ans. La discussion se poursuit sur le sens de la vie, avant et après la mort, au beau milieu des nuages et face à l’Himalaya. Moment surréaliste que nous n’oublierons jamais…

Difficile de se recoucher après un tel épisode. Mais nous regagnons notre chambre et nous endormons face aux montagnes qui disparaissent progressivement dans les nuages. Le paysage redevient ensuite ce que nous connaissions : un ciel blanc opaque. On en vient à se demander si nous n’avons pas rêvé…

Le réveil sonne vers 8h et après un petit déjeuner népalais - pommes de terre au curry, œufs et chapati (sorte de naan indien fris) – nous repartons (mais plus à pied) vers Bhaktapur, la « ville culturelle népalaise » où nous visitons Durbar Square, le quartier des temples et ancienne place du marché. Le soleil est au rendez-vous et la balade est très agréable. Nous regardons des artisans cuire leurs vases en terre cuite tout juste modelés en plein milieu de la place dans une odeur forte. Nous repartons ensuite vers Katmandu plein d’images dans les yeux.

De retour à notre hôtel nous retrouvons nos sacs et nous offrons le luxe d’une machine à laver au lieu du lavage à la main, notre linge étant encore mouillé du premier jour et les chaussures de marche, dans un sale état… Nous nous reposons ensuite avant le départ à 6h demain matin pour Pokhara.

PS : Toutes les photos arrivent !

Népal, Jour 26, 27 juillet 2012

Aujourd’hui, direction Pokhara en bus ! Levés à 6h pour avoir le temps de petit déjeuner, nous voila à 6h30 dans les rues de Katmandu pour rejoindre la « gare routière des bus touristiques ». Les guillemets ne sont pas usurpés, puisque la gare est en fait une partie de la rue où les bus se tiennent à la file indienne le long du trottoir sur environ deux cents mètres. Nous trouvons notre bus, et c’est parti pour une expérience assez hors du commun. On nous avait dit que la circulation est assez chaotique, au Népal, mais alors à ce point là… La route de montagne complètement défoncée qui relie Katmandu à Pokhara fait 199 kilomètres que nous parcourront en un temps record de…. 10 heures ! Outre l’état de la route, la longueur du trajet s’explique en grande partie par le fait que nous avons emprunté un bus touristique, comprenez en fait un bus qui ne risque pas la vie de ses occupants à chaque tournant, et qui va donc un peu moins vite. A noter qu’en plus des beaux paysages, nous avons pu déjeuner dans un restaurant au bord d’une rivière un excellent buffet Thakali (riz, soupe de lentilles, pommes de terres et pois chiches épicés, concombres frais, poulet au curry et pappad - galette au cumin), un régal !

Après dix heures de trajet donc, et quelques frayeurs (on a d’ailleurs croisé un bus dans le ravin, plutôt rassurant), nous arrivons à Pokhara. La gare routière est cette fois-ci un immense terrain vague. Nous nous dirigeons ensuite vers notre auberge et nous nous amusons de voir qu’ici, les hôtels poussent comme des fleurs, à coup de « Blue Sky lodge », « Heaven Lake lodge », « Happiness lodge », tous flambants neufs ! Le nôtre est aussi très récent et parfaitement situé entre l’animation du village et le lac. Après une bonne douche, nous décidons d’aller explorer le village et voir si nous pouvons diner dans un endroit sympa.

Pokhara est un village de taille modeste situé aux pieds des Annapurna et bordé par un lac d’eau de montagnes. Vraiment très plaisant. Nous trouvons un petit restaurant non loin du lac et rentrons nous coucher car le lendemain, le réveil est prévu pour 4 heures moins dix pour aller voir le soleil se lever sur les Annapurnas !


Népal, Jour 27, 28 juillet 2012

La nuit a été courte mais l’excitation est grande, tant le spectacle, si le temps est au rendez-vous, promet d’être exceptionnel. Mais en arrivant à Sangarkot, le sommet d’où on peut admirer les montagnes, nous sommes déçus. Le soleil s’est levé mais les nuages sont tellement épais que nous ne voyons rien. Mais nous ne voulons pas partir vaincus donc nous attendons encore un peu en espérant que cela se dégage. Marion part admirer les étalages des marchands du coin quand un des vendeurs lui dit « look, mountain ! ». Mais où ça ? On ne voit vraiment rien. Et puis Marion finit par voir ce dont il parle ; un trou minuscule dans le nuage d’où on aperçoit un petit morceau tacheté de noir et blanc ce qui s’apparenterait à un flanc de montagne. Et puis au fur et à mesure, le trou dans le nuage s’élargit et l’on voit apparaître Annapurna 1, la première de la chaîne, parfaitement éclairée du soleil déjà haut dans le ciel ! Et les autres suivent, une à unes, elles sortent des nuages sur un ciel bleu magnifique. On en revient pas d’avoir autant de chance, toutes les personnes que l’on croise nous disent que c’est très rare en cette saison !

Nous repassons ensuite à l’hôtel prendre un petit déjeuner avant d’aller visiter Pokhara. Contrairement à Katmandu, Bhaktapur et les autres villes que nous avons visitées, Pokhara n’a pas de grands temples ou de place du marché typique. La ville est construite en pleine nature et a bâti tout son potentiel touristique là-dessus. Nous visitons donc une grotte, une cascade puis une source d’eau naturelle provenant directement de l’Himalaya et qui traverse la ville. Puis nous finissons par une promenade autour du lac où nous décidons de louer une barque pour la fin de la journée. Avec ou sans barreur ? Bon allez sans, c’est plus marrant ! Le lac est vraiment immense et nous choisissons donc la stratégie suivante : Marion devant à la rame et Hadrien à la barre pour donner la direction.

Que faire un samedi soir à Pokhara ? La ville est quand même vraiment axée sur les touristes et il y a un large choix de restaurants et de bars spécialement faits pour les occidentaux. Mais après un dîner au bord du lac nous partons à la recherche d’un bar un peu plus local, où vont les vrais népalais. Et nous sommes servis, au fond d’une allée nous tombons sur un bar sans un seul touriste, entourés de jeunes qui fument la chicha autour d’un groupe de musique local. L’ambiance est vraiment sympa et la bière népalaise, très bonne !


Népal, Jour 28, 29 juillet 2012

Nous quittons Pokhara à nouveau par le bus et un nouveau chauffeur, beaucoup plus aventurier qu’à l’aller ! Ou alors cela était du au fait que nous étions en sens inverse par rapport à l’aller et donc du mauvais côté de la route (côté ravin), ce qui rendait la chose beaucoup plus intéressante… En tout cas, le voyage nous aura permis de comprendre le code de la route népalais : si le véhicule devant vous est un tout petit peu plus lent que vous, vous le doublez. Que vous soyez dans un virage sans aucune visibilité, cela ne pose pas de problème. En effet, il y a un consensus entre les chauffeurs : quand deux véhicules se croisent (par exemple quand on double et que quelqu’un arrive en face), le véhicule le plus petit freine (voire s’arrête) pour laisser passer l’autre. Mais il faut aussi que le véhicule doublé soit d’accord pour ralentir aussi, sinon… Les 3 ne passeront pas… Bref cela donne quelque chose d’assez palpitant ! Et quand on voit un camion renversé sur le côté de la route et des barrières de ponts défoncées on en vient vite à se dire « hum pourquoi pas nous » !

Contents de toucher terre vers 16h, nous retournons à notre fameuse auberge où nos bagages nous attendaient. Une petite douche et nous partons dîner dans Thamel, le quartier animé de Katmandu accompagnés de Brihaspati, notre nouvel ami qui gère l’hôtel. Pour le dernier jour nous souhaitons l’inviter au restaurant pour le remercier pour son repas de l’autre jour. Il nous a emmenés dans un restaurant traditionnel et nous a fait goûter le « Dhilo set ». Par principe, chaque « set » est accompagné de petites bouchées : des légumes aux épices, des piments, de la soupe de lentille, de la pappad (fine galette frite) et du poulet épicé. Le « Thakali set » que nous avions déjà goûté est servi avec du riz. Mais le « Dhilo set » est plus rare car plus frugal ; il est servi avec une sorte de pâte froide faite de blé. C’est ce dont se nourrissent les paysans car c’est très consistant et cela donne des forces. On mange avec les mains et on trempe cette pâte dans les différents accompagnements. Plutôt bon !

Nous retournons à l’hôtel assez tôt car nous nous levons à 5h demain pour retenter le vol au dessus de l’Everest si le temps nous le permet. Et ensuite départ pour l’Inde ! Nous avons l’impression d’avoir passé 3 semaines ici et nous avons déjà envie d’y revenir…