Pas à pas, pays par pays, le récit de nos aventures

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Australie - Pérou, Jour 113, 22 octobre 2012

Pour nous aujourd’hui, le monde tourne à l’envers ! Nous disons au revoir aux cousins de Marion qui nous déposent gentiment (décidément, ce fut un week end délicieux !) à l’aéroport et sautons dans notre avion qui décolle à 11h. Pour résumé le trajet :
22/10 : départ de Sydney à 11h
22/10 : arrivée à Santiago à 10 h (oui, nous nous arrivons avant d’être partis, c’est comme ça)
22/10 : départ de Santiago à 14h et arrivée à Lima à 17h
Bref, ne nous demandez pas combien d’heures d’avion, le décalage horaire etc… nous n’en savons rien, toujours est-il que nous sommes bien arrivés au Pérou sans trop de péripéties (à part Hadrien qui se réveille un peu gêné à l’aéroport de Santiago entourée de 200 personnes qui prenaient un vol en partance de la porte où il avait choisi d’occuper 4 sièges d’attente pour dormir…oups)

Nous arrivons à Lima, le temps est nuageux mais la température clémente. Nous prenons un taxi qui nous conduit jusqu’à notre chambre d'hôtes où l’on nous annonce que notre réservation n’a pas été prise en compte. C’est un établissement familial qui nous avait paru un peu étrange à la réservation, on comprend mieux pourquoi. Ils nous proposent de dormir sur le canapé au milieu de la pièce commune d’où on entend déjà de la musique…Euh en temps normal on aurait accepté sans problème mais après des dizaines d’heures d’avion, c’est gentil mais il faut vraiment qu’on dorme. L’endroit est de plus isolé du centre. Bref, nous regardons en pleine rue sur l’ordinateur notre version pdf du Lonely Planet et trouvons un hotel qui nous parait convenir.

Hadrien sort son plus beau Castillan pour demander à une péruvienne la direction, elle nous indique que c’est assez loin et nous accompagne pour arrêter un taxi. Super gentille ! Nous regrimpons dans le taxi qui demande sa route à un policier qui se trompe lui aussi…. Bref, la galère. Nous sortons à proximité de la place Saint Martin où l’hôtel doit se trouver, nous rendons à l’adresse exacte, il n’y a pas de plaque mais bien une réception.

Nous rentrons, demandons le prix des chambres. Quelle surprise… L’endroit, un palais colonial possède une atmosphère désuète d’un charme fou, les chambres sont disposés sur trois étages autour du lobby illuminé par un vitrail géant, le tout dans un style année cinquante qui est autant démodé que chaleureux. Pour la modique somme de 20 euros, nous aurons le privilège de dormir dans ce palace d’un autre temps, à mi-chemin entre le roman américain fifties et Autant en emporte le vent. Et que dire de la chambre, ou plutôt la suite de 40 m² avec 5 lits, des canapés en cuir et des tableaux de la Madone au mur. C’est défraichi, mais une petite fenêtre donne sur la magnifique place Saint Martin illuminée ! Difficile de trouver les mots pour décrire ce que l’on ressent devant ce cadre d’une autre époque…

Nous allons diner dans un petit restaurant péruvien typique où les murs sont entièrement recouverts de bouteilles de vin et le sol de tomettes usées. Pas un touriste en vue, seulement des couples et des amis qui se partagent d’énormes bouteilles d’alcool fort ! Nous mangeons pour trois fois rien un plateau de fromage, oignons, jambon et saucisse fumée et nous allons nous coucher car demain, à nous Lima !


Pérou, Jour 114, 23 octobre 2012

Nous nous remettons à peine du décalage horaire en ce début de journée. Nous ouvrons les yeux et les volets sur la coquette place San Martin. Cette place a le bon goût d’être parfaitement imparfaite, un regard global repère à coup sur une certaine harmonie, mais un œil averti voit sans difficultés ces impuretés qui font le charme de la place : un nombre de fenêtre différents de part et d’autre de la façade principale, une gargouille cracheuse d’eau en moins… Bref, l’endroit et charmant, et nous ne nous lassons pas de passer devant.

Nous avons du pain sur la planche aujourd’hui, nous devons trouver des billets de bus pour Huaraz et la cordillère blanche, deuxième plus haute chaine de montagnes après l’Himalaya. Grâce à notre guide, c’est chose faite finalement assez finalement. Nous voyagerons donc demain soir à 22h avec la compagnie Cruz del Sur.

Nous partons ensuite en direction de la Plaza Mayor (équivalent de la place de l’hôtel de ville dans toute bonne ville française qui se respecte) et son architecture tant particulière et typique du monde hispanique. Sauf que surprise, à cause d’un mouvement social, tous les accès à la place sont fermés et gardés par des policiers…Bon, nous rebroussons chemin et allons déjeuner dans l’une des nombreuses cantines de la ville, où, pour moins de 3 euros, vous avez un menu complet gargantuesque, à faire pâlir les estomacs les plus solides. Honnêtement, un menu pour deux aurait suffit, si nous avions su…< /p>

Nous décidons ensuite de nous mettre à l’heure péruvienne et de nous octroyer une sieste, sinon méritée, au moins salvatrice, car le décalage horaire nous tape encore sur le système. Nous ressortons vers 18 heures et constatons que le barrage policier est désormais levé. La Plaza Mayor nous ouvre donc ces larges arcades, son palais royal et sa cathédrale pour une contemplation nocturne. Marion a repéré une belle église dans le coin, nous décidons de nous y rendre. Sur le chemin, nous croisons une consœur à notre église, qui n’avait d’ailleurs rien à envier à son architecture. Il faut dire que le Pérou, comme la plupart des pays sud-américains certainement fait montre d’une ferveur religieuse que nous ne connaissons plus sur le vieux continent. Nous nous présentons donc devant l’église Saint Dominique d’un rouge pastel très agréable à la vue et apercevons que nous arrivons juste à l’heure pour la messe … quotidienne ! Pas sûr qu’il reste une église en France où une messe se tienne quotidiennement. L’Eglise n’est pas pleine, mais la fréquentation est respectable pour un jour de semaine. Nous assistons à l’office en espagnol pour partager ce moment de vie privée avec les péruviens. Court, mais intense. La religion fait visiblement parti de la vie quotidienne des péruviens.

Nous sortons et allons boire un verre au bar Cardeno derrière le palais royal. L’endroit a visiblement accueilli beaucoup de politiciens de renom. Pour nous, c’est un voyage 40 ans en arrière dans ce qui devait être le bistrot typique parisien des années 60. Un chanteur à la guitare sèche (qui a dit cliché ?) vient nous bercer de ses chants typiques pendant que nous sirotons bières et limonades. Nous mangerons dans un petit restaurant du centre ville avant de rentrer nous coucher.


Pérou, Jour 115, 24 octobre 2012

Nous pouvons garder la chambre d’hôtel jusqu’à midi, nous ne levons donc à 11h15 et devons nous dépêcher de faire nos sacs. Soulagement, nous sommes dans les temps ! Nous laissons les bagages à l’hôtel et allons déjeuner dans une nouvelle cantine. Nous sommes entourés de travailleurs péruviens qui viennent déjeuner ici. Bilan, toujours aussi bon, toujours aussi copieux, nous avions maigri en Australie, nous ne savons pas comment nous allons rentrer après le Pérou !

Après le repas, nous repassons par la Plaza Mayor direction le monastère Franciscain de Lima et ses catacombes. Sur le chemin, nous repérons un bar mansardé avec un balcon surplombant la rue qui a l’air sympathique. Nous repasserons après. Nous arrivons au monastère et commençons la visite guidé. On va être franc, Hadrien avait subi visité beaucoup de monastères avant celui-ci, il faut bien avouer que celui de Lima est particulièrement magnifique. Que ce soit la bibliothèque aux 25000 volumes ancestraux, le réfectoire chaleureux, la sacristie colorée ou le jardin luxuriant, tout ici est bien loin de l’austérité de la plupart de nos monastères. Il fait bon vivre, sauf peut être dans les catacombes, en même temps on s’y attendait ;).

Nous finissons la visite et allons nous détendre au parc de la muraille à 200 mètres du monastère. Nous avons une vue superbe sur les collines avoisinant Lima et les maisons suspendues sur ces dernières. Le soleil commence à tomber, et nous décidons de retourner au bar que nous avion repéré plus tôt.

Et là, c’est le début de l’aventure…

Du haut du balcon, un péruvien vociférant et tout sourire nous accoste et nous tire littéralement dans le bar. Il nous dit être musicien, nous présente un prospectus avec des dates de concert, et commande pour nous trois et un de ses amis 4 pichets d’un litre de Pisco Sour, auxquels viendront s’ajouter quatre gobelets de tequila. Autant dire énormément d’alcool par personne, il n’est que 17 heures. Tout se passe assez vite, les péruviens sont assez sympathiques, nous parlent de leur culture, de leur jeunesse hippie, tout ça, tout ça… Nous connaissons, depuis la Chine, l’arnaque du bar et des verres surtaxés, et malgré deux demandes, la serveuse refuse de nous dire le prix des verres et se montre évasive…Bon, nous informons nos interlocuteurs que nous n’avons pas beaucoup d’argent, très gentiment ils nous répondent qu’ils paieront leurs verres, pas de soucis… Enfin pas de soucis jusqu’à ce que l’addition arrive… 54 euros pour nos deux verres… Sachant qu’un repas complet à midi coute entre 3 et 5 euros. Clairement, ils nous prennent pour des jambons. Le petit excité du début (nous apprendrons plus tard qu’il était défoncé à la cocaïne) commence à hurler sur Hadrien et se permet même de lui prendre ses lunettes (le salaud, c’est moche de s’attaquer aux handicapés !). Hadrien se lève, et bizarrement, ses lunettes lui reviennent dans la main assez vite (eh ouais, ils sont petits les péruviens !). Nous subissons après la technique habituelle de l’étouffement, notre faux ami ayant choisi une table bien en coin, nous voyons la serveuse, le soi disant chef de la sécurité, un autre péruvien se presser vers nous pour que l’on paie. Nous expliquons gentiment aux gens du bar que nous connaissons l’arnaque, et que nous allons aller chercher la police ; ce à quoi nous nous voyons répondre qu’ici il s’agit également d’un coffee shop clandestin (ils vendent de la drogue quoi), et qu’appeler la police ne serait ni une bonne idée pour eux ni pour nous. Marion commençait à perdre sérieusement patience, et nous n’avions pas trente six options. La police ? Ils risquaient de nous faire passer pour des acheteurs de drogue et même d’en mettre dans nos poches, et 8 mois de prison au Pérou, nous nous en passerons. Manière forte ? A un contre quatre, ça semblait ardu, puis Hadrien aimerait bien profiter de la fin de son voyage sans jambes ou pieds dans le plâtre. Il ne restait plus qu’à s’asseoir sur notre fierté, et reconnaitre que l’arnaque a été bien menée. Pour 50 euros, ça ne sert à rien de compromettre la suite du voyage. Nous payons, sortons, et nous renseignons immédiatement sur l’autorité adéquate auprès de laquelle faire remonter l’arnaque.

Nous repassons l’hôtel prendre nos bagages et repensons à notre mésaventure dans le bar, ça nous apprendra à trop faire confiance, on le saura ! Nous rejoignons le terminal de bus, patientons deux heures et montons dans notre bus tout confort (plateau repas, boissons, un toilette par étage) direction Huaraz et la Cordillère Blanche pour un trek dans les Andes !


Pérou, Jour 116, 25 octobre 2012

Nous arrivons à Huaraz vers 6h du matin après une courte mais agréable nuit dans notre bus. Nous récupérons nos bagages et marchons en direction de notre hôtel. Il est encore tôt et la ville s’éveille à peine, mais le charme de cette petite ville de montagne perchée à 3100 mètres opère déjà. Le changement est radical par rapport au dynamisme de Lima. Ici, la vie semble suivre un court paisible : au seul rythme des baroudeurs venus trekker dans les montagnes. Mais cette petite ville ne semble pas avoir changé malgré ce potentiel touristique. Des péruviennes de tout âge en tenue traditionnelle discutent sur les trottoirs et nous saluent amicalement en passant. Elles sont belles avec leurs jupes trapèze colorées, leurs longues nattes et leurs chapeaux melon. Nous arrivons à notre hôtel qui nous offre très gentiment le petit déjeuner dans une salle commune chaleureuse où règne à cette heure matinale un silence de cathédrale. Nous montons dans notre chambre aux murs jaunes crépis et au parquet de chêne massif. Une vraie décoration de montagne et la douce atmosphère d’un chalet avec vue sur la Cordillère enneigée.

Nous prenons une douche et partons en ville pour organiser la suite du séjour. Nous nous rendons à l’agence conseillée par l’auberge et réservons un trek de 3 jours et deux nuits dans le parc national du Huascaran (le 2ème plus haut sommet du monde après l’Everest : 6 768m). Au programme, 50 km de marche et un col à 4750 mètres, rien que ça ! Nous repassons par l’agence de bus pour acheter nos billets jusqu’à Arequipa et partons découvrir la ville. Huaraz a décidément tout du charmant village de montagne, l’architecture et la vie péruvienne en plus. Nous nous asseyons sur la Plaza Mayor, au soleil, et nous croisons même un lama blanc au caractère aussi trempé que les crachats qu’il assène à un rythme effréné. Hadrien a eu une mauvaise expérience avec un lama lorsqu’il avait cinq ans, la blessure étant encore profonde, nous ne nous approcherons pas de la bête. Nous nous imprégnons de l’ambiance particulière de cette ville en flânant sur un banc pendant quelques heures. Le temps de rencontrer 5 étudiants de l’université de Huaraz qui souhaitent nous interviewer en anglais pour un travail en classe qu’ils doivent filmer. Ils sont amusants, ils nous posent tous les mêmes questions mais en lisant bien leurs notes car ils sont un peu intimidés. Mais Hadrien les fera rire en changeant de discours à chaque interview et en s’improvisant des personnalités différentes et incongrues. Vers midi nous quittons nos nouveaux amis et nous partons nous restaurer. Nous sommes maintenant habitués aux formules péruviennes du midi et dénichons un tout petit restaurant familial où pour 5 soles (2€) la grand-mère aura fait défiler sous nos yeux une entrée (la classique pomme de terre en sauce cacahuète), une soupe au pesto/pâtes/foie, et un délicieux poulet (toujours avec cette sauce jaune, on a mis une photo du repas, vous verrez de quoi on parle !). Un délice. Nous sommes tellement comblés que nous ne réclamerons pas le café qui est dans la formule, nous avons déjà l’impression d’en avoir eu plus que pour notre argent…

Nous retournons ensuite à l’hôtel et passons l’après midi à nous reposer en prévision des trois jours qui nous attendent. C’est la première fois que nous iront si haut en altitude (depuis les 3700m du Rinjani) dont nous sentons que nous devons mettre toutes les chances de notre côté pour être en bonne santé. Le soir nous nous offriront le petit luxe d’une pizza au feu de bois (met quand même local vu le goût très fort de la mozzarella qui devait sans aucun doute provenir du lait des buffles de la région !)


Pérou, Jour 117, 26 octobre 2012

Le réveil sonne à 5h20, le départ est prévu à 6h15. Nous terminons nos valises, prenons un café et notre transfert nous attend déjà. Nous rejoignons le reste du groupe devant l’agence. Nous serons 10, dont 5 français, 2 canadiens, 1 israélien, et deux suissesses. Une fois de plus, les bérets-baguettes sont bien représentés. Nous faisons connaissance avec tout le monde durant le trajet de deux heures qui nous conduit au début du trek. En parlant avec deux autres français, nous apprendrons qu’ils ont été victimes de la même arnaque, dans le même bar, au même prix que nous ! Comme quoi, c’est assez répandu à Lima.

Nous arrivons dans un petit village après avoir traversé une vallée sur une piste de terre jonchée de lacs bleus turquoises et de montagnes majestueuses… Le ton est donné. Nous déjeunons et le ciel commence à se déchainer. Il pleut des cordes lorsque nous commençons notre marche en direction du premier campement situé à une dizaine de kilomètres. Nous commençons par descendre le long de la montagne avant de remonter jusqu’au premier point de contrôle à l’entrée du parc national. Nous rencontrons encore deux couples français de notre âge qui font le trek par eux-mêmes en transportant tout le matériel nécessaire sur leur dos ! Nous sommes impressionnés, car nous nous sommes aidés par des mules ! Non seulement courageux, Marlène et Boris sont à coup sûr les français les plus sympas que nous ayons rencontrés durant notre voyage. Marlène vient de Roanne et Boris de habite place Fourneyron 42100 Saint Etienne, incroyable non ?! C’était un peu la maison au Pérou.

Nous repartons sous une pluie battante, la plupart de nos affaires sont trempées et de gros nuages noirs s’approchent à l’horizon. Avec un léger vent qui se lève, le froid aussi commence à se faire sentir. Bon comme on dit, ce n’était pas le Pérou (voila, comme ça c’est fait) mais presque ! Nous arrivons au camp en même temps que nos mules et aidons notre guide et nos deux cuisiniers à monter les tentes. Sous la pluie, l’exercice n’était pas des plus agréables, mais le lieu de campement en bord d’une rivière est magnifique. Nous nous enfonçons dans notre tente à la recherche d’un peu de chaleur lorsque l’on nous appelle pour le thé à la coca suivi du diner. Nous nous regroupons donc à dix dans notre tente salle à manger et nous réchauffons avec un bon thé et un repas succulent typiquement péruvien. Il est 20 heures, la fatigue de la journée et la mal de l’altitude se font sentir. Nous nous glissons dans nos duvets sous notre tente et nous endormons au chaud rapidement.


Pérou, Jour 118, 27 octobre 2012 : 23 ans, et le Mont Blanc !

Et oui, aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Marion. Et quoi de mieux pour fêter dignement l’entrée dans sa vingt-quatrième année que de s’attaquer à un col situé à 4750 mètres d’altitude, soit une cinquantaine de mètres de moins que le toit de l’Europe ! Tel est notre défi aujourd’hui.

Nous commençons la journée motivés, il faut le dire, par la vue magnifique qui s’offre à nous au réveil. Nous avons dormi au chaud (apparemment nous sommes les seuls du groupe), et en ouvrant la tente, le spectacle que le rideau de nuage cachait la veille s’offre à nous. De magnifiques montagnes couvertes de neiges nous entourent et commencent à peine à être éclairées par le soleil, comme si elles souhaitaient se dévoiler à nous lentement, histoire de nous laisser profiter de chaque centimètre carré de leur imposante masse. Après un petit déjeuner copieux, nous partons pour sept heures de marche.

Sept heures, c’est en effet le temps qu’il nous faudra pour atteindre le col à 4750 mètres et redescendre au second camp de base à 4250 mètres. Nous partons sous un grand ciel bleu. Le temps est avec nous, et c’est tant mieux. La montée commence, toujours entourée de merveilleuses montagnes, de cours d’eau vifs, de pierres plates, d’herbes verdoyantes, de chevaux et d’ânes. Nous croisons au détour de sentiers de grands lacs alimentées par les dernières pluies. La nature, dans toute sa beauté.

Puis le paysage se fait plus rocailleux, la pente plus raide, le bruit de nos pas plus moelleux sous l’effet de la neige qui se compresse sous nos chaussures. Nous arrivons près du col, nous le sentons. Un dernier regard en arrière, nous sommes déjà fiers du chemin parcouru. Les derniers mètres sont assez raides, surtout que le manque d’oxygène et le mal de l’altitude se font sentir : le cœur s’emballe rapidement et nous force à nous ménager. Sur le coup de midi, nous touchons au but. C’est déjà incroyable de se dire que nous sommes si haut, et que dire du paysage de l’autre côté du col ! A droite, un lac turquoise qui tutoie un massif d’un blanc pur, au centre, une vallée creusée par les avalanches successives, et à gauche un autre mont tout aussi majestueux. Pour la petite histoire, cette montagne est celle du logo de Paramount Picture que vous avez déjà surement aperçu au début d’un film.

Nous mettons une bonne demie heure à nous décider à partir tant le spectacle est beau. C’est incroyable mais le versant de la montagne que nous avons monté était enfoui dans les nuages et le nouveau versant que nous allons descendre est ensoleillé, comme si les nuages étaient restés bloqués de l’autre côté, parfaite allégorie de notre effort. Nous descendons finalement, le mal de l’altitude se faisant vraiment sentir pour la plupart des membres du groupe. Hadrien et Marion n’échappent pas à la règle, avec respectivement un bon mal de crâne et une bonne nausée. Nous nous arrêtons pour manger, Marion qui a l’appétit coupé par l’altitude en profite pour faire une sieste. Nous continuons notre descente dans la vallée jusqu’à notre deuxième camp de base. La descente est magique et la vue est digne d’un tableau illuminé par le soleil, comme pour nous féliciter d’avoir passé ce col difficile : « vous êtes arrivés au Paradis ». Devant nous s’étend une immense vallée plate entourée de montagnes enneigées dont les sources se rejoignent en une rivière translucide autour de laquelle nous apercevons nos tentes. Des chevaux sauvages paissent dans l’herbe verte, comme si notre présence ne les avait jamais perturbés. On a juste envie de s’asseoir et de contempler. Hadrien devra malheureusement dormir pour chasser son mal de tête pendant que Marion profitera de ce paysage toute l’après-midi. La nuit tombe, d’une clarté immaculée cette fois-ci. Il y a tellement d’étoiles que l’usage de la lampe électrique devient superflu. C’est immense et c’est superbe !

Nous dinons une dernière fois avec notre groupe qui finit le trek en deux jours quand nous le finirons en un. Nous devons nous lever à 4 heures du matin le lendemain, la nuit va être courte et la journée a été chargée. Nous ne faisons pas prier pour rejoindre nos duvets et passer une courte nuit au chaud.


Pérou, Jour 119, 28 octobre 2012

Le cuisinier vient nous réveiller à 4h50. Nous devons donc nous dépêcher de ranger nos affaires et déjeuner à toute vitesse pour partir à 5h15. Le programme de la journée est un peu compliqué. Un des deux cuisiniers nous accompagne jusqu’au camp où dormira le reste de notre groupe cette nuit, puis nous continuons seuls jusqu’à rejoindre le groupe de la même agence qui est parti un jour avant nous et qui en est donc à son jour 4. C’est clair non ?!

Nous partons dans la lumière du jour naissante qui magnifie une fois de plus les montagnes et tout le paysage. Nous rejoignons le fond de la vallée en passant à côté des dégâts provoqués par une avalanche en février. C’est impressionnant, la terre est ravagée et creusée en profondeur, le paysage est profondément transformé, lunaire. Nous arrivons dans le fond de la vallée où le sol se transforme peu à peu en sable. Nous marchons au rythme de notre cuisinier, autant dire soutenu ! Nous contournons le lac logé au creux de la montagne en montant légèrement sur le flanc de cette dernière, croisons un lapin ENORME et arrivons finalement au camp. Nous prenons une petite pause, nous retournons une dernière fois pour admirer le paysage et la vallée, et surtout pour constater que de gros nuages noirs couvrent le camp où nous avons dormi, nous avons finalement bien fait de partir plus tôt !

Nous saluons et remercions notre cuisinier, et reprenons notre marche, seuls cette fois-ci. Nous longeons désormais une jolie rivière. Nous ne mettrons pas une demi-heure à rejoindre le groupe de devant. Chouette, encore des rencontres ! Hadrien parle du plat pays avec deux de ses compatriotes belges pendant que Marion prend des renseignements sur la suite du voyage et quoi faire auprès de deux israéliens. Nous rencontrons beaucoup de gens avec beaucoup de témoignages différents, il est donc difficile de se faire un avis et de maintenir nos plans initiaux… Mais c’est aussi ça le charme des voyages : l’imprévu. Nous continuons de suivre la rivière pendant de longues heures jusqu’à apercevoir la fin de la vallée. Les deux dernières heures ont été assez dures, le soleil tapait fort (on ne va pas s’en plaindre) et le dénivelé descendant de 1000 mètres commençait à se faire sentir dans les genoux. Nous ne serons pas loin de finir dessus d’ailleurs. Nous arrivons finalement sur les coups de midi dans le village de Cachapampa (après avoir croisé une énorme migale en chemin !), piqueniquons et reprenons le bus direction Huaraz. Une bonne occasion pour dormir.

Arrivée à Huaraz, nous repassons à l’hôtel où nous avions laissé nos affaires, prenons une douche et nous reposons. Nous entendons une très belle musique au dehors et Marion, curieuse, décide d’aller explorer le quartier et s’est retrouvée dans une messe de la Toussaint en plain air entourée de centaines de péruviens ! Cette fête prend ici un sens particulier la célébration est grandiose dans un pays si chrétien. A la fin, toutes les familles s’embrassent, se serrent dans les bras, se prennent en photo… Ici on ne semble pas célébrer nos morts, mais plutôt la joie d’être encore en vie… C’est beau.

Nous quittons l’hôtel et allons manger quelques « piqueos » avant de prendre notre bus de 22 heures direction Lima où nous attend une correspondance pour Arequipa !


Pérou, Jour 120, 29 octobre 2012

Nous arrivons à Lima comme prévu à 5h30 du matin pour une attente de 13h… A la base, nous avions prévu de visiter le quartier de Miraflores en bord de pacifique ; mais les informations télévisées montrant des scènes de révoltes animées dans tout Lima et le mauvais temps nous ont refroidi.

Nous avons donc passé la journée à la gare, à récupérer du trek de la veille et pour Marion à choisir ses cours pour l'EM. Wifi, boissons, de quoi passer une bonne journée et tuer l’attente. Nous montons à 18h30 dans notre bus pour Arequipa.


Pérou, Jour 121, 30 octobre 2012

Nous arrivons à Arequipa avec deux heures de retard, les conditions climatiques n’étant pas clémentes. Après 14h de bus et toujours les kilomètres de la cordillère blanche dans les jambes, nous ne débarquons pas très frais à Arequipa. Notre bus s’arrête donc au « port terrestre », nous récupérons nos bagages et sautons dans un taxi direction l’auberge de jeunesse.

Grâce à la magie d’internet, nous avons trouvé une charmante auberge à 100 mètres de la place principale, quasi invisible de l’extérieure, pas chère, joliment décorée, avec un personnel plus qu’attentif. Les chambres se disposent gracieusement autour d’un patio colonial dans des tons pastels typiques du Pérou. Nous prenons une douche et sortons déguster de délicieuses crêpes, tout prêt de l’alliance française d’Arequipa. Dieu que c’est bon, ça nous manque tellement la gastronomie française…

Nous repassons par la place, rentrons à l’hôtel pour réserver un trek de deux jours dans le canyon de Colca, grande attraction de la région. Les bus et les marches pèsent vraiment sur notre physique, nous décidons donc de partir le surlendemain en trek et passons la fin d’après midi à dormir. Nous aurons une grande journée demain pour visiter Arequipa !


Pérou, Jour 122, 31 octobre 2012

Nous nous levons vers 9 heures et profitons d’un petit déjeuner copieux avant d’entamer notre journée découverte d’Arequipa. Vers 10 heures, direction la Plaza de Armas et sa magnifique cathédrale. Une jeune guide péruvienne francophone nous accoste et nous propose une visite guidée. C’est parti pour une heure et demie entre la cathédrale et son orgue belge majestueux, sa chaire lilloise sculptée minutieusement et surtout sa collection impressionnante d’artéfacts religieux ornés de pierres précieuses, à en faire pâlir les plus belles parures de diamants de grands bijoutiers. Ces ostensoirs et autres couronnes d’épines sont encore utilisées pour les célébrations religieuses aujourd’hui ! Nous finissons la visite par un tour sur le toit de la cathédrale avec une vue dominant tout Arequipa et un aperçu du volcan Misti qui domine la ville. Ici, on ressent jusqu’à 9 tremblements de terre par jour ! Le dernier d’importance, en 2001, a détruit une tour de la cathédrale sans faire de blessés. Nous admirons également les imposantes cloches, toujours sonnées à la main.

Nous sortons de la cathédrale, apercevons une énième manifestation, et malgré l’heure bien avancée, nous n’avons pas faim. Nous visitons une autre église puis cap sur le marché local. Nous nous enfonçons dans les rues et allées typiques d’Arequipa avant d’arriver sur une place bondée. Sous une grande halle en métal, les échoppes rivalisent de couleurs, d’odeurs et de textures pour attirer le chaland. Fruits, légumes, viandes, poissons, vêtements, fleurs… Il y en a pour tous les goûts.

Tout ça nous a mis en appétit, nous partons en quête d’une cantine péruvienne classique et tombons sur un excellent compromis entrée plat dessert boisson à 2,5 €. Comme d’habitude les portions sont disproportionnées, mais on se régale. 15h30 approchent, et nous nous levons dans 11 heures pour partir trekker dans le canyon de Colc. Oui, nous, nous partons trekker à 2h30 du matin, on est comme ça ! Autant vous dire que l’on préfère bien préparer nos affaires et être en forme au maximum. Nous ressortons vers 19 heures manger en terrasse avec vue imprenable sur la cathédrale. En rentrant, nous constatons qu’Halloween est une fête énormément célébrée ici, en témoigne la foule déguisée sur la Plaza de Armas ! L'humeur est joyeuse et l'occasion est bonne pour les touristes de se mélanger aux péruviens, sous les masques plus de différence. Nous prenons quelques photos des meilleurs déguisements avant de nous endormir pour quelques maigres heures de sommeil…


Pérou, Jour 123, 1 Novembre 2012

Le réveil est plus que matinal puisque notre alarme nous tire de notre lit à 2h40 du matin. Nous nous levons un peu groggys, finissons de fermer nos sacs et descendons devant l’hôtel attendre notre bus. Un premier bus, s’arrête, ce n’était pas pour nous. 10 minutes plus tard, notre bus arrive. Nous passons 20 minutes à sillonner les rues pleines de Dracula éméchés pour récupérer les autres passagers puis nous nous mettons en route pour Chivay, premier arrêt au bord du Canyon de Colca.

Après trois heures de route, un petit mal de tête à 4900 mètres, un vomi de la dame devant nous, nous arrivons finalement à bon port. Un excellent et copieux petit déjeuner nous attend. Nous nous réveillons peu à peu, avalons notre café et remontons dans le bus direction la Cruz del Condor, haut point d’observation des rapaces survolant le canyon. Après une heure et demie de route, nous arrivons au lieu dit. Notre guide du moment, Juanito, nous explique avec le sourire que cette croix est aussi appelée « Gringos cross » en référence au nombre impressionnant de touristes qui s’agglutinent ici. En effet, nous n’avons pas été déçus (ou plutôt si, justement) par le nombre ahurissant de bus et par conséquent de gringos qui se rendent vers les 9 heures du matin ici. Il nous a fallu jouer des coudes pour apercevoir de loin quelques condors… bof bof.

Nous reprenons le bus pour rejoindre le point de départ du trek. Au beau milieu de nulle part, au bord de la route, Juanito nous annonce que nous sommes en fait seulement un groupe de quatre, nous et deux suisses, et qu’un autre guide devrait arriver d’ici peu… Bon, on attend 10 minutes, toujours pas de guide, on commence à se dire qu’on va faire le trek seuls lorsque l’on voit au loin, Walter, courir vers nous et s’excuser de sa panne de réveil !

Nous serons donc un groupe restreint de quatre personnes. Tant mieux, d’autant plus que les deux suisses qui nous accompagnent sont absolument charmants. La trentaine passée, avocate et financier, ils ont décidé de quitter leur travail, de partir 3 mois à l’aventure puis de reprendre les études un an en Australie sans vraiment savoir quand ils rentreront. Waouh, nous trouvons ça courageux, et en même temps, on ne peut s’empêcher de se dire, au fil des rencontres et des expériences, que nous avons certes la chance de pouvoir voyager à notre âge, et surtout que nous avons eu terriblement raison de la saisir maintenant. Tout quitter pour tout reconstruire ça force le respect autant que ça inspire la compassion. Nous ne pourrions (ou ne voudrions) surement pas nous dire que nos choix entre 20 et 30 ans n’ont pas été les bons, qu’il faut tout chambouler, et que pour le durable, on verra après !

Nous commençons notre marche par trois heures de pure descente au fond du canyon. Le soleil tape fort mais les paysages sont très beaux, le vert de la vallée se mêle au bleu de la rivière, aux tons marrons bruns des parois rocheuses et aux blancs des neiges éternelles. Bref, nous marchons dans un tableau. Nous arrivons en bas du canyon, nous offrons un coca bien mérité auprès d’une péruvienne attendant le gringo avec un seau de boissons rafraichissantes. Pour l’anecdote, la vendeuse de boissons a quasiment vilipendé Walter qui ne l’avait pas appelé pour dire combien de touristes l’accompagnaient aujourd’hui pour qu’elle puisse préparer son stock en conséquence. C’est un peu symptomatique de ce que l’on ressent au Pérou à vrai dire : un patrimoine culturel et naturel incroyable, mais une population locale pas toujours très accueillante et qui voit plus dans le touriste une tirelire qu’une véritable chance de faire partager sa culture et son histoire. C’est d’autant plus regrettable qu’ils n’ont généralement pas la délicatesse de se retenir devant les touristes, sauf que lorsqu’on comprend l’espagnol, on déchante un peu sur l’intention de la gentille-dame-avec-la-petite-fille-trop-mignonne-qui-vend-ses-boissons. Mais bon, selon Marion qui voit toujours le bien chez les gens, c’est à nous aussi d’agir au-delà qu’en simple touriste et aller à la rencontre des gens si on ne veut pas être traité comme tel. Bref, toute une réflexion de l’œuf ou la poule qui nous donne matière à discuter…

Nous continuons sur l’autre flanc du canyon et après une bonne montée, arrivons au village dans lequel nous mangeons un ragoût d’alpaga sous une hutte en paille devant le magnifique paysage. On papote avec nos amis suisses, on reprend des forces, et c’est reparti pour quatre heures de marche. Quelques gouttes de pluie, rien de bien méchant, une grosse descente, et nous arrivons à 17 heures à l’oasis ou nous passerons la nuit. C’est totalement surprenant de voir dans un endroit assez aride cet ilot de verdure avec piscine d’eau naturelle, et petites huttes en bambous avec lits chauds et douillet. Hadrien se laisse tenter par un bain, puis nous dinons tous ensemble avant d’aller nous glisser rapidement sous notre couette. Demain lever 5 heures du matin pour 3 heures d’ascension jusqu’en haut du canyon !


Pérou, Jour 124, 2 Novembre 2012

N’ayant pas de réveil, nous avions chargé nos amis suisses de venir nous réveiller à 4h40. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne sont pas suisses pour rien, puisqu’à 4h40 précise, on vient frapper à notre porte. Réglés comme une horloge (suisse, ha ha !). Nous mangeons une barre de céréale et partons pour trois heures de lonnnnnnnnnnnnnnnnngue montée. La couleur du matin donnait encore un charme différent au canyon alors que nous suions sang et eau pour finir l’ascension avant que le soleil ne pointe le bout de ses rayons et ne rendent la montée plus pénible.

C’est finalement en un temps record de 2h45 minutes que nous avons terminé cette montée. Bon ok, nous sommes arrivés dans les derniers, il faut dire que nous sommes assez complémentaires : Marion, c’est plutôt la descente, Hadrien plutôt la montée, et l’un soutient l’autre. Et puis, l’important, c’est d’arriver au bout, non ? Nous rejoignons le village situé à proximité pour déguster une nouvelle fois un copieux petit déjeuner péruvien. Nous attendrons une demi-heure le bus du retour, au soleil sur la place principale du village. Avant le repas, nous nous arrêtons à quelques endroits touristico-touristiques sans grand intérêt, la palme de l’arnaque revenant sans doute aux spécieuses « sources d’eaux chaudes naturelles quand même chauffées artificiellement ». Sans problèmes, le panneau sources naturelles se dresse à côté d’énorme bassins avec des résistances métalliques au fond. Et le tout pour 5 euros l’entrée… Bien sur !

Nous passons notre chemin et retournons à Chivay où le bus nous dépose devant un hangar à touristes pour le déjeuner. Avec nos amis Suisses, nous trouvons un autre restaurant plus économique et plus local. Nous reprenons le bus, et nous arrêtons en haut du col à 4900 mètres où la vue est à couper le souffle sur les volcans environnants. Nous aurons également la chance d’apercevoir des lamas sauvages ! Les tâches beiges, ocres et blanches formées par le troupeau, magnifiaient le paysage rocheux des montagnes parfaitement détourées sur un ciel bleu profond. Joli tableau.

Nous arrivons en fin d’après-midi à Arequipa, juste le temps de récupérer les sacs et de prendre notre bus direction Cusco et le fameux Machu Picchu ! Au final, le trek nous a vraiment plu, mais on regrette un peu qu’il ne puisse être fait qu’en passant par tout ce circuit touristique…


Pérou, Jour 125, 3 Novembre 2012

Après une nuit de bus, nous arrivons vers 6 heures du matin à Cusco. Nous rejoignons notre auberge de jeunesse située en plein cœur de San Blas, le quartier des artistes. L’établissement est tenu par un jeune suisse et propose un concept original : le « Bed and Bakery ». Et en effet, nous nous voyons offrir un succulent petit déjeuner avec du pain frais avant de rejoindre notre chambre. Ici tout le monde est adorable, la décoration est chaleureuse, on se croirait à la maison. Les gens se sentent tellement bien ici qu’ils sortent de la salle de bain commune torse nus serviette de bain autour de la taille et passent la tête dans notre chambre pour nous saluer. Un peu surprenant au début ! On profite de la matinée pour se reposer et suivre en direct la victoire de Saint Etienne sur Paris.

Nous sommes donc dans d’excellentes dispositions pour partir à la découverte de la ville qui commencera par un déjeuner dans une boulangerie décorée sur le thème de la féerie, très jolie et très bon. Nous rejoignons la place principale pour organiser notre excursion au Machu Picchu. Pour y aller, il faut le vouloir ! L’option la plus simple est simplement hors de prix (le train est plus cher qu’un Paris Lyon en France…). Après deux heures d’attente, de tergiversations, de visites de plusieurs agences, nous arrivons à nous en sortir pour environ 100 euros par personne pour deux jours tout compris. Et ce n’est pas fini, il faut aller acheter les billets pour le Machu Picchu dans la succursale régionale du ministère de la culture à 20 minutes de marche de là. On demande quatre fois, mais on s’en sort.

Il est déjà tard, nous allons donc diner dans un restaurant en centre ville et filons nous coucher. Demain, journée visite/repos à Cusco avant le départ pour le Machu Picchu !


Pérou, Jour 126, 4 Novembre 2012

Levés vers 9 h, nous descendons profiter du meilleur petit déjeuner que nous avons dégusté et que nous ne dégusterons jamais durant ce tour du monde. (Presque) meilleur qu’à la maison, c’est dire. Lionel, le patron-boulanger suisse prépare chaque matin le pain pour les clients de l’hôtel. La boulangerie jouxte la salle du petit déjeuner, c’est dire à quel point c’est un plaisir pour tous les sens que de déjeuner ici ! Après deux bonnes heures à skyper nos familles, nous partons pour la découverte de Cusco.

Nous repassons par la place d’armes en déambulant dans ces rues pavés qui ne sont pas sans nous rappeler Dubrovnik. Nous nous enfonçons un peu plus dans la ville, passons par la place San Francisco et profitons d’un passage au marché couvert pour déguster un délicieux jus de fruit frais. Nous continuons à la recherche d’un restaurant, passons devant deux coiffeurs… Hadrien en aurait bien besoin, mais pour quelqu’un qui n’a qu’un seul et même coiffeur depuis environ 7 ans (il n’y est jamais allé ni à Paris, ni à Lyon, c’est dire…), le pas est trop dur à franchir pour aujourd’hui. Nous continuons et nous installons dans une petite cantine avec le désormais classique menu local du midi à 2 euros. Une fois de plus, on se régale !

Nous poursuivons notre visite et remontons en direction de la Plaza de Armas quand, vers 16 heures, le ciel nous tombe littéralement sur la tête. C’est le déluge ! Nous opérons donc un retour stratégique à l’hôtel en attendant la fin de la tempête, puis ressortons diner à 19h avant de nous coucher à 20 heures… Non, nous ne nous sommes pas transformés en poules au Pérou, mais le départ pour le Machu est simplement prévu à 2h30 du matin. Nous vous l’avons dit, le Machu, ça se mérite !


Pérou, Jour 127, 5 Novembre 2012

Le réveil sonne encore une fois très tôt aujourd’hui. Nous prenons notre taxi à 3h du matin qui nous conduit au terminal de bus. La particularité ici, c’est que les bus ne partent que lorsqu’ils sont pleins ! Nous attendons donc 20 bonnes minutes, et c’est parti pour Ollantaytambo, ville où nous devons prendre le train pour Aguas Calientes et le Machu Pichu.

Une heure et demie plus tard, nous arrivons à destination et sautons dans notre tain. Super moderne et confort, c’est l’un de seuls moyens d’accéder au site du Machu. Après une heure et demie de train et un peu de retard, nous arrivons à Aguas Calientes. Nous déposons nos sacs à l’hôtel (le moins cher de notre séjour au Pérou, mais super ben situé et fonctionnel), et filons commencer l’ascension jusqu’au site. 1716 marches sous la chaleur, ça fait les cuisses !

Les paysages sont de plus en plus beau au fur et à mesure que l’ascension se poursuit. Au fond de la vallée encaissée coule des rapides qui bercent notre montée. Nous croisons les bus qui montent et descendent inlassablement les flots de touristes jusqu’au site. Après une heure et demie d’efforts, nous arrivons enfin à l’entrée du site. Nous déjeunons sur des petites tables en bois, ravis d’être enfin arrivés au sommet. L’effort nous a creusés, au menu, chips/banane.

A 11 heures, nous pénétrons enfin dans le site. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça valait la peine ! La situation est simplement magnifique, entre les montagnes, surplombant toute la vallée… Quand on pense que les habitants des environs ont caché ce sanctuaire aux colonisateurs pendant 5 siècles pour le préserver… Les murs des maisons sont étonnamment bien conservés, on s’imagine bien la vie des gens de l’époque. Nous montons sur un superbe point d’observation et contemplons pendant une heure la cité, le soleil et les nuages donnant successivement une lumière différente aux pierres blanches. A nos côtés, des lamas sauvages qui semblent avoir été toujours là partagent la vue avec nous. Nous nous décidons ensuite à partir dans l’exploration de la cité. Ce qui est surprenant c’est que tous les endroits du village sont accessibles, ce qui nous permet de nous retrouver seuls dans une maison Inca ou un temple, pour mieux imaginer l’ambiance qui devait y régner. Nous continuons le tour, tendons l’oreille pour comprendre les mystères incas (notamment la fameuse pierre-boussole, qui donne précisément l’orientation des quatre points cardinaux !) et flânons dans les anciennes maisons Incas quand le ciel commence à gronder une qu’une grosse pluie s’abat sur nous.

Il est 15 heures passées, nous enfilons nos manteaux et entamons la descente qui s’avèrera moins difficile que la montée. Nous arrivons vers 16 heures et nous offrons une petite bière après cette journée entamée depuis 14 heures maintenant. Nous repassons à l’hôtel pour prendre une douche, et réalisons que nous devons une nouvelle fois nous lever à 4h30 du matin. Nous voulons donc faire une petite sieste, qui se déroulera en fait de 17h30 à … 4h30 le lendemain matin. Et oui, tellement fatigués que nous avons dormi d’une traite !


Pérou, Jour 128, 6 Novembre 2012

Nous sortons donc de notre sieste à 4h30 du matin, nous rhabillons et allons prendre notre train. Retour à Ollantaytambo, prise du bus collectif et arrivée à Cusco à 9h du matin. Nous nous baladons dans les rues, et cette fois-ci, Hadrien se laisse tenter par le coiffeur… Eh bien, pour 3 euros et trente minutes de coupe, le résultat n’est pas si mal. C’est un peu court, et surtout très dégagé derrière les oreilles et sur la nuque, mais ça fera l’affaire pour les deux mois restants. Il a un peu tremblé quand la coiffeuse a sorti une lame de rasoir géante pour les finitions mais tout s’est bien passé au final !

Nous nous reposons une bonne heure au soleil sur un banc de la place d’armes. Le temps de voir une autre manifestation qui à grand coups de pétards et de slogans a visiblement des réclamations sur le secteur de la santé à faire valoir… Nous déjeunons dans un petit restaurant tout mignon en centre ville et repassons en début d’après-midi à l’hôtel. Nous nous reposons, suivons les élections américaines sur internet et partons vers 20 heures à la gare routière prendre notre bus de nuit direction Copacabana et la Bolivie !

La suite de nos aventures sur la page Bolivie !